Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2409031
mercredi 24 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2409031 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 juillet 2024, Mme C A épouse B, représentée par Me Temin demande au tribunal, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de renouvellement de sa carte de séjour, l'autorisant à exercer une activité professionnelle, dans un délai de quarante-huit heures suivant l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle est mariée à un ressortissant français depuis le 4 mai 2019 et deux enfants sont nés de cette unions en 2021 et 2023 ; le 1er juillet 2019 elle a été mise en possession d'un visa jusqu'au 1er juillet 2019 et le 2 juillet 2020 puis elle a été mise en possession d'un titre de séjour pluriannuel en qualité de conjointe d'un ressortissant français, valable jusqu'au 1er juillet 2022, qui a été renouvelé jusqu'au 1er juillet 2024 ; le 16 avril 2024, elle en a sollicité le renouvellement via son compte ANEF ; une attestation de dépôt lui a été délivrée ; elle n'a pu obtenir d'autre document justifiant de la régularité de son séjour à compter du 1er juillet 2024, malgré les différentes démarches qu'elle a effectuées ;
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'elle se retrouve en situation irrégulière, qu'elle est agente contractuelle à l'Institut national des langues et civilisations orientales depuis 2020, que son contrat doit être renouvelé pour deux ans à compter du 1er septembre 2024, et qu'à défaut de justifier la régularité de son séjour, il sera suspendu, l'empêchant de subvenir aux besoins de ses enfants ;
- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale, au regard des articles L. 423-3 R. 431-5, R. 435-15-1du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à sa liberté fondamentale d'aller et venir.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 juillet 2024, la préfète du Val-de-Marne, représentée par Me Termeau, conclut au non-lieu à statuer, subsidiairement au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 22 octobre 2024 a été délivrée à Mme A, qui est actuellement dans l'attente de retour de complément de son niveau linguistique dans le cadre de sa demande de carte de résident ; la condition d'urgence ne peut donc être regardée comme étant remplie.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 24 juillet 2024 :
- le rapport de Mme Ledamoisel, juge des référés, qui informe les parties, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que l'ordonnance à intervenir est susceptible d'être fondée sur un moyen relevé d'office tiré de ce que les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte sont devenues sans objet eu égard à la délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction à Mme A en cours d'instance ;
- les observations de Me Altman, substituant Me Temin, représentant Mme A, qui maintient l'intégralité des conclusions et moyens de la requête et observe qu'en tout état de cause, c'est la saisine du tribunal qui a permis la délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction à Mme A ;
- les observations de Me Capuano, substituant Me Termeaux, représentant la préfète du Val-de-Marne, qui demande au tribunal de constater un non-lieu à statuer sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte, compte tenu de l'attestation de prolongation d'instruction délivrée en cours d'instance, et de rejeter les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures (.) ".
2. En cours d'instance, la préfète du Val-de-Marne a délivrée à Mme A l'attestation de prolongation d'instruction sollicitée, valable jusqu'au 22 octobre 2024 et maintenant les droits qui lui étaient ouverts par le titre de séjour dont elle a demandé le renouvellement. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées à ce titre par Mme A sont devenues sans objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.
3. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par Mme A.
Article 2 : L'Etat versera une somme de 1 500 euros à Mme A, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée pour information à la préfète du Val-de-Marne.
Fait à Melun, le 24 juillet 2024.
La présidente,
Signé : C. LEDAMOISEL
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,