Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2409045

mardi 23 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2409045
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 22 juillet 2024, M. A demande au tribunal, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au ministre de la justice, garde des sceaux de faire respecter et exécuter la décision ordonnant son transfert au centre de détention de Muret (31) ainsi que l'ensemble de ses droits fondamentaux, notamment en ce qui concerne son droit au travail ;

2°) de le faire auditionner par un juge anti-corruption dans un avenir proche, après son arrivée au centre de détention de Muret, en vue de sa dénonciation du système mafieux lucratif Espagne Andalousie (MALAGA) et de faire suivre cette requête au juge anticorruption, au juge de l'application des peines du centre de détention de Muret et à la DGSE.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. D'une part, il ressort des pièces jointes à la requête que, par une décision du 24 juin 2024 le garde des sceaux, ministre de la justice a ordonné le transfert de M. A au centre de détention de Muret (31). M. A n'apporte aucun élément postérieur à cette décision qui serait susceptible de laisser penser que l'exécution de cette décision, récente, pourrait ne pas être entreprise dans des délais raisonnables compatibles avec l'état de santé de sa mère, âgée, malade et résidant à Toulouse. Dans ces conditions, M. A ne peut être regardé comme justifiant d'une situation d'extrême urgence à laquelle est subordonnée la mise en œuvre des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.

3. D'autre part, M. A n'apporte à l'appui de sa requête aucun élément qui serait susceptible de laisser penser qu'il pourrait être porté atteinte à ses droits fondamentaux ou qu'il pourrait être victime de mauvais traitements, notamment psychologiques, en remettant en cause sa condamnation prononcée par les autorités judiciaires espagnoles, sur la base de l'opinion personnelle d'un membre de la formation de jugement, et en s'abstenant de toute précision sur les éléments qui démontreraient qu'il serait porté atteinte à son droit au travail en détention

4. Enfin, il n'appartient pas au juge administratif d'ordonner au juge judiciaire compétent en matière de lutte contre la corruption d'entendre un détenu ni de faire " suivre " une requête à cette autorité judiciaire ou au juge de l'application des peines ou encore à la DGSE.

5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête de M. A par application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administratif.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A.

Copie en sera adressée au garde des sceaux, ministre de la justice.

Fait à Melun, le 23 juillet 2023.

La présidente,

Signé : C. LEDAMOISEL

La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,