Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2409047

mardi 23 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2409047
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 22 juillet 2024, M. A B, représenté par Me Lefèbvre demande au tribunal, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative de suspendre les décisions de retrait de points consécutives aux infractions commises les 22 octobre 2021, 7 septembre 2021, 24 octobre 2022, 28 janvier 2023 à 10 h 16 et 28 janvier 2023 à 10 h 17 ainsi que la décision 48 SI du 15 mai 2023 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a invalidé son permis de conduire pour solde de points nul.

Il soutient que :

- les décisions contestées ne lui ont jamais été notifiées ;

- elles sont illégales dès lors qu'il n'a reçu aucune des informations réglementaires prévues aux articles L. 223-1, L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route et que la réalité des infractions n'est pas établie ;

- la condition d'urgence est remplie puisqu'il est chauffeur livreur et que l'utilisation d'un véhicule est indispensable à l'exercice de sa profession et que la suspension des décisions contestées n'apparaît pas inconciliable avec les exigences de la sécurité routière puisqu'il n'a pas commis de grand excès de vitesse et n'a pas conduit sous l'empire d'un état alcoolique.

Vu :

- la requête enregistrée le 24 août 2023 sous le n° 2308803 par laquelle M. B demande l'annulation des décisions contestées ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". 2. Par ailleurs, aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

3. Pour justifier de l'urgence qui s'attache selon lui à l'intervention des mesures sollicitées, M. B soutient qu'il est chauffeur livreur, que l'utilisation d'un véhicule est indispensable à l'exercice de sa profession et que la suspension des décisions contestées n'apparaît pas inconciliable avec les exigences de la sécurité routière puisqu'il n'a pas commis de grand excès de vitesse et n'a pas conduit sous l'empire d'un état alcoolique. Toutefois, il résulte des pièces jointes à la requête que M. B fait l'objet d'une procédure de licenciement en juin 2023 pour des motifs étrangers aux décisions contestées. Le requérant ne produit aucune pièce qui justifierait qu'il occuperait actuellement un emploi nécessitant l'utilisation d'un véhicule. Dans ces conditions, et quand bien même il estime que les infractions commises seraient d'un moindre gravité, M. B, qui ne se prévaut d'aucune autre circonstance, ne justifie pas que la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative serait remplie.

4. Par suite, il y a lieu de rejeter la requête de M. B par application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Melun, le 23 juillet 2024.

La présidente,

Signé : C. LEDAMOISEL

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,