Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2409093
mercredi 24 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2409093 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 juillet 2024, M. C A B, représenté par Me Feriani demande au tribunal, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne d'instruire sa demande de renouvellement de sa carte de résident sur le fondement de l'article L. 423-110 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il est marié depuis 2004 et a quatre enfants encore à charge ; il est entré en France le 4 juin 2001 et a été titulaires de plusieurs cartes de séjour pluriannuelles de dix ans dont la dernière a expiré le 15 mars 2024 ; il a déposé une demande de renouvellement de cette carte le 15 septembre 2023 et a sollicité le renouvellement de son récépissé le 16 février 2024 et le 14 mars 2024 sans obtenir de réponse ;
- la condition d'urgence est remplie dès lors que son contrat de travail a été suspendu par son employeur le 15 mars 2024 en raison de l'expiration de son titre de séjour et qu'il a reçu une lettre de licenciement ; il est ainsi sans emploi et sans ressources, alors qu'il a la charge de quatre enfants, dont trois sont mineurs, dont il ne peut plus subvenir à leurs besoins en raison de la carence de la préfecture ;
- il a droit au renouvellement de sa carte de séjour au regard des dispositions de l'article L. 423-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, puisqu'un de ses enfants âgé de 16 ans est de nationalité française et qu'il remplit toutes les autres conditions du texte ;
- le comportement de la préfecture porte atteinte à ses libertés fondamentales d'aller et venir, de mener une vie privée et familiale normale, de travailler et méconnaît également l'intérêt supérieur de ses enfants.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures (.) ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
2. Il ressort des pièces jointes à la requête que M. A B, ressortissant capverdien, est titulaire d'une carte de résident valable du 13 septembre 2013 au 12 septembre 2023. M. A B a pu en demander le renouvellement le 15 septembre 2023, ainsi qu'il résulte de l'attestation de dépôt d'une demande de titre de séjour versée au dossier. En vertu des dispositions combinées des articles R. 431-12, R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et à défaut de décision explicite prise dans ce délai, cette demande doit être regardée comme ayant été implicitement rejetée par la préfète du Val-de-Marne à l'issue d'un délai de quatre mois. Par suite, la préfète du Val-de-Marne ayant, contrairement à ce qui est soutenu, donné suite à la demande de renouvellement du titre de séjour de M. A B en la rejetant, l'absence de délivrance d'un récépissé depuis l'intervention de cette décision implicite de rejet n'est plus de nature à porter une atteinte illégale aux libertés fondamentales invoquées. Cette décision implicite de rejet a par ailleurs mis fin à l'instruction de la demande de renouvellement de titre de séjour de M. A B. Par suite, M. A B n'est plus fondé, à la date de la présente ordonnance, à demander qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de procéder à l'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ou un récépissé. Par suite, il y a lieu de rejeter les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par M. A B par application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
3. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions que M. A B présente sur leur fondement à l'encontre de l'Etat qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A B.
Fait à Melun, le 24 juillet 2024.
La présidente,
Signé : C. LEDAMOISEL
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,