Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2409125

mercredi 24 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2409125
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 23 juillet 2024, M. A B, représenté par Me Cote Zerbib demande au tribunal, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre les effets de l'arrêté du 25 mars 2024 par lequel le préfet de Seine-et-Marne a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office ;

2°) d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de renouveler son récépissé l'autorisant à séjourner et travailler en France jusqu'au jugement de sa requête au fond et au minimum pour une période de six mois ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 800 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il est entré en France le 27 novembre 2014 avec un visa Schengen ; il a été mis en possession d'un certificat de résidence algérien en qualité de conjoint de français valable du 6 août 2015 au 5 août 2016 ; il a divorcé et s'est remarié le 20 juin 2020 avec une autre ressortissante française ; un nouveau certificat de résidence algérien d'un an lui a été délivré le 20 août 2020 pour une durée d'un an ; il en a demandé le renouvellement et cette demande a été rejetée par l'arrêté attaqué ; postérieurement à cet arrêté un nouveau récépissé lui a été délivré pour la période du 4 avril au 8 juillet 2024 ;

- il existe des doutes sérieux sur la légalité de l'arrêté contesté, qui méconnaît les stipulations de l'article 6 alinéa 1 et de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, qui est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, qui a été suivi de la délivrance d'un récépissé ;

- la condition d'urgence est remplie puisqu'il justifie d'une activité professionnelle qu'il n'est plus en droit d'exercer depuis le 9 juillet 2024 et que la communauté de vie avec son épouse n'a pas cessé.

Vu :

- la requête enregistrée le 9 avril 2024 sous le n° 2404362 par laquelle M. B demande l'annulation de l'arrêté du 25 mars 2024 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". 2. Par ailleurs, aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

2. Contrairement à ce qui est annoncé, aucune des pièces jointes à la requête ne correspond à un récépissé qui aurait été délivré au requérant après la notification de l'arrêté contesté, de sorte qu'il n'apparaît pas que l'obligation de quitter le territoire français aurait été implicitement abrogée. Par ailleurs, les dispositions de l'article L. 722-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans leur rédaction antérieure au 15 juillet 2024 applicable en l'espèce, prévoient que le recours devant le juge administratif a un effet suspensif sur l'obligation de quitter le territoire français dont peut être assorti un refus de délivrance ou de renouvellement d'un titre de séjour. Ainsi, les conclusions aux fins de suspension de l'obligation faite à M. B de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ne sont pas recevables.

Sur le refus de séjour :

3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens soulevés ne créé de doutes sérieux sur la légalité du refus de séjour contesté.

4. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter les conclusions aux fins de suspension, d'injonction et d'astreinte présentées par M. B par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions que M. B présente sur leur fondement à l'encontre de l'Etat qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Melun, le 24 juillet 2024.

La présidente,

Signé : C. LEDAMOISEL

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,