Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2409136

mercredi 24 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2409136
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 23 juillet 2024, M. C A, représenté par

Me Lerein demande au tribunal, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre les effets de la décision par laquelle le préfet de Seine-et-Marne a implicitement rejeté la demande d'admission exceptionnelle au séjour qu'il a présentée du 23 janvier 2023 ;

2°) d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de réexaminer sa demande et dans l'attente de lui délivrer une autorisation de séjour l'autorisant à travailler, sous astreinte de 50 euros par jour de regard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il est entré en France le 16 octobre 2017 et y réside depuis lors ; sa demande d'asile a été rejetée ; il a fait la connaissance d'une compatriote et un enfant est né de cette relation en 2018 ; s'il est séparé de la mère de son enfant, il participe à l'entretien et à l'éducation de ce dernier, et a avec lui des relations stables et intenses ; il travaille depuis le 31 août 2021 dans la même société qui l'accompagne dans ses démarches de régularisation ;

- la condition d'urgence est remplie au regard de sa situation familiale et de son intégration professionnelle ; son employeur entend suspendre son contrat de travail si aucune suite n'est donnée à sa demande de titre de séjour ; la décision contestée porte ainsi atteinte à son droit de travailler et prolonge sa situation précaire ; il est exposé à un risque d'éloignement à tout moment ;

- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision litigieuse, dont les motifs n'ont pas été porté à sa connaissance en dépit d'une demande en ce sens et qui n'est par suite pas motivée, qui est entachée d'une erreur de droit et de fait au regard de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à défaut d'examen sérieux de sa situation, ainsi que de la durée de son séjour en France, de sa situation personnelle et familiale, qui méconnaît l'article /8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Vu :

- la requête enregistrée le 23 juillet 2024 sous le n° 2409129 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision implicite de rejet de sa demande d'admission exceptionnelle au séjour présentée le 23 janvier 2023 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". 2. Par ailleurs, aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Cette condition d'urgence est, en principe, constatée dans le cas d'un refus de renouvellement ou d'un retrait de titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.

3. Pour justifier de l'urgence qui s'attache selon lui à l'intervention des mesures sollicitées, M. A se prévaut de sa situation familiale, d'une activité professionnelle en contrat à durée indéterminée et fait valoir que, n'étant pas en mesure de justifier de la régularité de son séjour, son employeur entend suspendre son contrat de travail et il risque de faire l'objet à tout moment d'un éloignement du territoire français. Toutefois, M. A ne produit, parmi toutes les pièces jointes à sa requête, aucun document qui attesterait que son employeur envisage de suspendre ou d'interrompre son contrat de travail, conclu il y a presque trois ans. Par ailleurs, le risque d'éloignement, que le requérant encourt au demeurant depuis plusieurs années, est invoqué dans des termes très généraux ne permettant pas d'établir l'existence d'une situation de fait précisément identifiée en lien avec la décision contestée, alors au surplus qu'aucun élément n'est produit qui pourrait faire obstacle à ce que son enfant et la mère de ce dernier l'accompagne hors de France. Ainsi, M. B n'apporte aucun élément qui permettrait de regarder la condition d'urgence prévue par l'article L. 521-1 du code de justice administrative comme étant remplie dans les circonstances de l'espèce. Par suite il y a lieu de rejeter les conclusions aux fins de suspension, d'injonction et d'astreinte par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions que M. A présente sur leur fondement à l'encontre de l'Etat qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A.

Fait à Melun, le 24 juillet 2024.

La présidente,

Signé : C. LEDAMOISEL

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,