Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2409180
vendredi 26 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2409180 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 juillet 2024, M. A B, représenté par Me Lacour demande au tribunal, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre les effets de la décision par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a implicitement rejeté le recours gracieux qu'il a présenté le 24 mai 2024 pour contester la décision 48SI non reçue invalidant son permis de conduire pour solde de points nul ;
2°) d'ordonner la restitution transitoire de son permis de conduire compte-tenu de l'usurpation de son identité et la non réception d'une quelconque décision ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 400 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il est victime d'une usurpation d'identité depuis l'été 2022 et qu'il n'est pas l'auteur des infractions au code de la route qui lui sont reprochées ; il n'a plus d'emploi, pas de véhicule, pas de permis ;
- il existe des doutes sérieux sur la légalité de la décision contestée, dès lors qu'elle n'a pas été reçue et ne peut mettre en exergue la réception supposée des amendes forfaitaires/majorées reprise dans le relevé intégral d'information et que les décisions de retrait de point ne sont pas motivées.
Vu :
- la requête enregistrée le 24 juillet 2024 sous le n° 2409176 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision contestée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
2. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
3. Pour justifier d'une situation d'urgence qui s'attacherait à ce que le juge des référés fasse usage des pouvoirs qui lui sont conférés par l'article L. 521-1 du code de justice administrative, M. B fait valoir qu'il est assistant d'éducation, qu'il est en recherche active d'emploi, est victime d'une usurpation d'identité depuis 2022, qu'il n'est pas l'auteur des infractions au code de la route qui lui sont reprochées ; qu'il n'a plus d'emploi, pas de véhicule, pas de permis de conduire.
4. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que si M. B a porté plainte pour usurpation d'identité le 25 octobre 2022, à la suite de la perte de son permis de conduire déclarée le 1er septembre 2022 et qu'il a obtenu la réédition de son permis le 1er septembre 2022. Il ne ressort pas des pièces du dossier que, depuis cette date, alors qu'il soutient avoir reçu de multiples contraventions, il aurait réitéré sa plainte et au demeurant, le recours gracieux adressé le 24 mai 2024 au ministre de l'intérieur et des outre-mer ne fait aucunement état de cette allégation d'usurpation d'identité. Par ailleurs, si M. B fait valoir qu'il est en recherche d'emploi, ce qui implique qu'il puisse se déplacer, il indique qu'il n'a pas de véhicule et en tout état de cause, il ne justifie pas de la réalité de ces démarches de recherche d'emploi. Dans ces conditions, M. B ne peut être regardé comme justifiant d'une situation d'urgence au sens de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter les conclusions aux fins de suspension et d'injonction présentées par M. B, par application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions que M. B présente sur leur fondement à l'encontre de l'Etat qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Fait à Melun, le 26 juillet 2024.
La présidente,
Signé : C. LEDAMOISEL
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,