Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2409195

vendredi 26 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2409195
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 24 juillet 2024, Mme A B demande au tribunal, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un nouveau récépissé de titre de séjour ou de statuer sur sa demande de titre de séjour dans un délai de quarante-huit heures, afin de régulariser sa situation et de lui permettre d'exercer pleinement ses droits.

Elle soutient :

- qu'elle est entrée en France en septembre 2021 avec un visa de long séjour dans le cadre d'un regroupement familial ; elle a sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; un récépissé lui a été remis mais sa validité a expiré en mai 2024 ; en dépit de l'envoi de courriers recommandés, elle n'a reçu aucune nouvelle ; son époux dispose d'une carte de résident, sa fille est née en France et elle attend un second enfant ;

- il est gravement porté atteinte à son droit fondamental à la libre circulation et à son droit de mener une vie privée et familiale normale ; elle a prévu un voyage le 1er août afin d'assister au mariage de sa petite sœur dans son pays d'origine ; les billets d'avion ont été réservés dès le 2 avril 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures (.) ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. Il résulte des pièces jointes à la requête que Mme B a pu effectivement présenter sa demande de titre de séjour le 24 novembre 2023 date à laquelle lui a été remis un récépissé de demande d'un premier titre de séjour. En vertu des dispositions combinées des articles R. 431-12, R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et à défaut de décision explicite prise dans ce délai, cette demande doit être regardée comme ayant été implicitement rejetée par la préfète du Val-de-Marne à l'issue d'un délai de quatre mois. Cette décision implicite de rejet a mis fin à l'instruction de la demande de titre de séjour de Mme B, qui n'est pas suite plus fondée, à la date de la présente ordonnance, à demander qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne se statuer sur sa demande de renouvellement de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé. Il y a lieu a en conséquence lieu de rejeter la requête de Mme B par application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Fait à Melun, le 26 juillet 2024.

La présidente,

Signé : C. LEDAMOISEL

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,