Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2409224
vendredi 26 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2409224 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 juillet 2024, la société Voila, représenté par M. A B, demande au tribunal la suspension immédiate de l'arrêté du 22 juillet 2024 par lequel le maire de la commune de Sept-Sorts a ordonné la fermeture administrative de son établissement Me Bricolage situé 5 rue du Hainault à Sept-Sors et la mise en place d'un échéancier des travaux demandés par la mairie.
Elle soutient que :
- elle bataille pour trouver des solutions financières pour maintenir son activité ; elle doit faire des travaux cet été pour améliorer le magasin et elle en profitera pour réalisés les travaux demandés en fonction de ses moyens ; le maire n'a absolument pas proposé de dialoguer pour trouver une solution et se contente de venir au magasin pour dire que le point de vente va fermer ;
- l'arrêté attaqué porte atteinte à la liberté d'entreprendre
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1 . Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures (.) ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
2. L'arrêté contesté énonce que l'état des locaux de l'établissement de la société Voila compromet gravement la sécurité du public et fait obstacle au maintien de son exploitation, que ce constat a été confirmé par un avis défavorable de la commission d'arrondissement de Meaux pour la sécurité du 29 décembre 2022 relevant 40 prescriptions édictées dans le procès-verbal de visite du 5 décembre 2022 et par le rapport de vérification réglementaire après travaux relevant 30 observations. Il résulte des mentions de ce même arrêté que la mise en demeure adressée à la société requérante le 16 mai 2024 est restée sans résultat.
3. Si elle fait valoir que l'arrêté contesté porte atteinte à la liberté d'entreprendre, la société Voila ne conteste pas que l'état des locaux de son établissement compromet gravement la sécurité du public ni qu'elle n'a pas donné suite à la mise en demeure qui lui a été notifiée, mais se borne à faire valoir qu'elle connaît des difficultés financières, qu'elle prévoit de faire progressivement des travaux à hauteur de ses moyens et qu'elle regrette l'attitude du maire de la commune. Ce faisant, elle ne soulève aucun moyen de droit à l'encontre de l'arrêté contesté, de sorte qu'elle ne justifie ni qu'il existerait des doutes sérieux sur la légalité de cette décision, ni que l'atteinte portée à sa liberté d'entreprendre serait manifestement illégale.
4. Par suite, il y a lieu de rejeter la requête de la société Voila par application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la sociétés Voila est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Voila.
Fait à Melun, le 26 juillet 2024.
La présidente,
Signé : C. LEDAMOISEL
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,