Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2409252
vendredi 26 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2409252 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 juillet 2024, M. B A, représenté par Me Beaux demande au tribunal, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative de suspendre les effets de la décision du 14 mai 2024 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer lui a notifié l'ensemble des retraits de points de son permis de conduire, a invalidé son titre de conduite et lui a enjoint de le restituer.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que la décision contestée est susceptible de lui faire perdre son travail ; il est salarié dans le domaine de l'alarme intrusion, la vidéo-surveillance et le contrôle d'accès, travaille seul, fait de nombreux déplacements et a besoin d'un véhicule pour effectuer ses missions et transporter le matériel nécessaire ; en outre les infractions commises ne présentent pas un caractère grave et répété compte tenu du nombre de kilomètres qu'il parcourt chaque année ; enfin, par un jugement du 3 avril 2024, le tribunal administratif de Melun a annulé une précédente décision 48SI du 3 août 2021 portant invalidation de son permis de conduire ainsi que les décisions de retrait de points pour un total de 10 points ; ce jugement n'a pas été exécuté par l'administration ;
- la décision attaquée est illégale puisqu'il n'a reçu aucune notification régulière des retraits de point et que l'avertissement de l'article L. 223-3 du code de la route ne lui a pas été notifié lors des infractions correspondantes.
Vu :
- la requête enregistrée le 25 juillet 2024 sous le n° 2409256 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision du 14 mai 2024 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
2. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
3. Si M. A soutient qu'il est salarié dans le domaine de l'alarme intrusion, la vidéo-surveillance et le contrôle d'accès, travaille seul, fait de nombreux déplacements et a besoin d'un véhicule pour effectuer ses missions et transporter le matériel nécessaire et que la décision contestée est susceptible de lui faire perdre son emploi, il ne justifie ni de la réalité de son emploi salarié, ni du risque qu'il le perdre en se bornant une attestation qu'il a lui-même rédigée. En outre, contrairement à ce qu'il soutient, les infractions commises relevées par la décision attaquée, qui consistent notamment en un refus de priorité à piéton engagé dans la traversée de la chaussée et en un franchissement d'une ligne présente un caractère de gravité particulière qui n'est pas conciliable avec les exigences de protection et de sécurité routière. Enfin, si le requérant fait valoir que l'administration n'aurait pas encore exécuté le jugement du 3 avril 2024 par lequel le tribunal administratif de Melun a annulé une précédente décision 48SI du 3 août 2021 portant invalidation de son permis de conduire ainsi que les décisions de retrait de points pour un total de 10 points, il n'apporte aucun élément de nature à établir qu'il aurait pris contact avec l'administration pour obtenir l'exécution de ce jugement. Dans ces conditions, M. A ne justifie pas d'une situation d'urgence au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative. Il y a en conséquence lieu de rejeter sa requête par application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Fait à Melun, le 26 juillet 2024.
La présidente,
Signé : C. LEDAMOISEL
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,