Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2413772

mardi 1 septembre 2026

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2413772
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantTOMASI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance datée du 29 octobre 2024, le président du tribunal administratif de Paris a transmis pour compétence territoriale au greffe du tribunal administratif de Melun le dossier de la requête, enregistrée le 14 octobre 2024, par laquelle M. A... B... demande au tribunal :

1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle ;

2°) d’annuler l’arrêté en date du 1er octobre 2024 par lequel le préfet de police de Paris :
- l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;
- a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d’office.

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 novembre 2024, le préfet de police de Paris, représenté par Tomasi, conclut au rejet de la requête en faisant valoir que :
- à titre principal, elle est irrecevable car non assortie de moyens, en méconnaissance des dispositions de l’article R. 411-1 du code de justice administrative ;
- à titre subsidiaire, c’est à bon droit qu’il a pris à l’encontre de M. B... les décisions contenues dans l’arrêté querellé.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, les présidents de formation de jugement des tribunaux peuvent, par ordonnance : « (…) 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…) »

De plus, aux termes de l’article R. 411-1 du même code : « La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. / L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours. »

Il ressort des pièces du dossier que M. A... B..., ressortissant malien né le 1er avril 1986 à Kayes, a fait l’objet d’un arrêté du préfet de police de Paris en date du 1er octobre 2024 l’obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays à destination duquel il pourra être reconduit d’office. Par la requête susvisée, M. B... demande l’annulation de cet arrêté préfectoral.

Sur les conclusions tendant au bénéfice de l’aide juridictionnelle :

Il résulte de l’instruction que la demande d’aide juridictionnelle de M. B... déposée le 1er octobre 2024 a été rejetée pour caducité par décision du bureau d’aide juridictionnelle en date du 15 janvier 2024. Par suite, les conclusions relatives à l’aide juridictionnelle contenues dans la requête de M. B... sont devenues sans objet ; il n’y a donc plus lieu d’y statuer.

Sur les conclusions à fin d’annulation :

Il ressort des termes de la requête extrêmement sommaire de M. B... que celle-ci ne comporte que des conclusions à fin d’annulation et relatives à l’aide juridictionnelle, mais qu’aucun moyen n’est développé au soutien des conclusions à fin d’annulation. La demande d’aide juridictionnelle de l’intéressé ayant été rejetée pour caducité, aucun mémoire d’un avocat désigné au titre de l’aide juridictionnelle n’est donc attendu. Par suite, la requête de M. B... est irrecevable, en application des dispositions de l’article R. 411-1 précité du code de justice administrative. Cette irrecevabilité a été développée dans le mémoire en défense du préfet de police communiqué le 19 novembre 2024 à M. B... qui n’y a pas répondu depuis cette date, soit depuis 21 mois. En application des dispositions du 4° de l’article R. 222-1 du même code, les conclusions à fin d’annulation contenues dans la requête de M. B... peuvent donc être rejetées par ordonnance d’irrecevabilité.


O R D O N N E :


Article 1er : Il n’y a plus lieu de statuer sur la demande d’aide juridictionnelle formulée par M. B....



Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B... est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B... et au préfet de police de Paris.



Fait à Melun le 1er septembre 2026.


Le président



C. Freydefont



La République mande et ordonne au ministre de l’Intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.



Pour expédition conforme,

La greffière,