Sujet principal : Demande d'injonction pour délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction d'une demande de renouvellement de titre de séjour.
Juridiction : Tribunal Administratif de Versailles (juge des référés).
Solution retenue : Non-lieu à statuer sur la demande d'injonction (devenue sans objet) et rejet des autres conclusions, notamment la demande de condamnation aux dépens.
Textes appliqués : Article L. 521-3 du code de justice administrative (référé mesures utiles) et article R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (attestation de prolongation d'instruction). La demande a perdu son objet car l'administration a délivré l'attestation pendant l'instance.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 mars 2026, Mme A... B... représentée par Me Tall, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d’enjoindre au préfet des Yvelines de lui délivrer une attestation de prolongation d’instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour, dans un délai de huit jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard et d’instruire sa demande ;
2°) de mettre à la charge de l’État une somme de 1 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 mars 2026, le préfet des Yvelines conclut au non-lieu à statuer.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Maitre pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ». Saisi sur le fondement de ces dispositions d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l’urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l’administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.
Mme B..., ressortissante marocaine née en 1999 est titulaire d’une carte de séjour pluriannuelle valable jusqu’au 20 mars 2026, dont elle a sollicité le renouvellement sur l’administration numérique des étrangers en France (ANEF) le 15 décembre 2025. Par la présente requête, elle demande au juge des référés d’enjoindre au préfet des Yvelines de lui délivrer l’attestation de prolongation d’instruction prévue à l’article R. 431-15-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.
En cours d’instance, le préfet des Yvelines a délivré à Mme B... une attestation de prolongation d’instruction valable du 21 mars 2026 au 20 juin 2026. Par suite, les conclusions à fin d’injonction de la requête ont perdu leur objet et il n’y a plus lieu d’y statuer.
Dans les circonstances de l’espèce, il n’y a pas lieu de faire droit aux conclusions de Mme B... au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n’y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d’injonction de la requête de Mme B....
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet des Yvelines.
Fait à Versailles, le 26 mars 2026.
Le juge des référés,
B. Maitre
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.