Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2609554
mardi 1 septembre 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2609554 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | LELOUP |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 juillet 2026, et un mémoire complémentaire enregistré le 28 août 2026, M. A... B..., représenté par Me Leloup, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d’enjoindre à la préfète de l'Essonne de le convoquer pour le dépôt de sa demande de titre de séjour, dans un délai de 15 jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard et lui délivrer un document provisoire de séjour attestant du dépôt de sa demande de renouvellement et assurant la continuité de son droit au séjour à l’expiration de son titre actuel, dans un délai de 15 jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 800 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d’urgence est satisfaite dès lors qu’il est dans une situation de précarité administrative résultant de l’impossibilité de déposer sa demande de renouvellement de titre de séjour ;
- la mesure sollicitée est utile dès lors qu’elle lui permettra d’enregistrer sa demande de titre de séjour ;
- cette mesure ne fait obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative.
La requête a été communiquée à la préfète de l’Essonne qui n’a pas présenté d’observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative ;
La présidente du tribunal a désigné Mme Mathou pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. A... B..., ressortissant iranien né le 20 avril 1959, a déposé le 28 juillet 2023, une demande d’admission exceptionnelle au séjour sur le site « démarches-simplifiées.fr » de la préfecture de l’Essonne. Il demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre à la préfète de l'Essonne de le convoquer pour le dépôt de sa demande de titre de séjour, dans un délai de 15 jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard et lui délivrer un document provisoire de séjour attestant du dépôt de sa demande de renouvellement et assurant la continuité de son droit au séjour à l’expiration de son titre actuel, dans un délai de 15 jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
Sur les conclusions présentées au titre de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ». Saisi sur le fondement de ces dispositions d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l’urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l’administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.
3. Aux termes de l’article R. 431-15-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Le dépôt d'une demande présentée au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 431-2 donne lieu à la délivrance immédiate d'une attestation dématérialisée de dépôt en ligne. Ce document ne justifie pas de la régularité du séjour de son titulaire. / Lorsque l'instruction d'une demande complète et déposée dans le respect des délais mentionnés à l'article R. 431-5 se poursuit au-delà de la date de validité du document de séjour détenu, le préfet est tenu de mettre à la disposition du demandeur via le téléservice mentionné au premier alinéa une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande dont la durée de validité ne peut être supérieure à trois mois. (...) Lorsque l'instruction se prolonge, en raison de circonstances particulières, au-delà de la date d'expiration de l'attestation, celle-ci est renouvelée aussi longtemps que le préfet n'a pas statué sur la demande. (...) ». Aux termes de l’article R. 431-5 du même code : « Si l'étranger séjourne déjà en France, sa demande est présentée dans les délais suivants : / 1° L'étranger qui dispose d'un document de séjour mentionné aux 2° à 8° de l'article L. 411-1 présente sa demande de titre de séjour entre le cent-vingtième jour et le soixantième jour qui précède l'expiration de ce document de séjour lorsque sa demande porte sur un titre de séjour figurant dans la liste mentionnée à l'article R. 431-2. Lorsque sa demande porte sur un titre de séjour ne figurant pas dans cette liste, il présente sa demande dans le courant des deux mois précédant l'expiration du document dont il est titulaire (…) ».
4. Eu égard aux conséquences qu’a sur la situation d’un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l’enregistrement de sa demande et au droit qu’il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l’autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l’enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.
5. M. B..., qui a obtenu le statut de réfugié, a été titulaire de deux cartes de résident pluriannuelles, la dernière ayant été valable du 26 janvier 2008 au 25 janvier 2018. Il déclare s’être présenté, suite à une convocation en préfecture, pour le renouvellement de son titre en 2018, sans qu’aucune suite n’ai été donnée à sa demande de renouvellement. Par la suite, il déclare avoir réitéré sa demande de renouvellement sur le site de l’ANEF. La démarche n’a pas pu aboutir au regard d’un blocage de son compte ANEF, en conséquence du dépassement par le requérant du délai imparti pour renouveler son titre de séjour. Cependant, en raison de ce blocage, le requérant s’est retrouvé dépourvu d’alternative pour procéder au dépôt de son dossier, malgré plusieurs relances adressées à la préfecture. De plus, le requérant verse au dossier un courriel de son employeur en date du 9 juillet 2026 mettant fin à son contrat de travail en raison de l’irrégularité de la situation administrative du requérant. Compte tenu de cette situation de blocage, et de sa situation administrative, M. B..., qui ne peut se prévaloir de la présomption d’urgence qui s’attache aux demandes de renouvellement de titre de séjour, justifie de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d’obtenir rapidement un rendez-vous afin de déposer sa demande de titre de séjour. Les conditions d’urgence et d’utilité requises par les dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative sont remplies. Par ailleurs, la mesure sollicitée ne se heurte à aucune contestation sérieuse et ne fait pas obstacle à l’exécution d’une décision administrative.
6. Il résulte de ce qui précède qu’il y a lieu d’enjoindre à la préfète de l’Essonne de communiquer à M. B... une date de rendez-vous pour qu’il puisse enregistrer sa demande de titre de séjour, dans un délai d’un mois, à compter de la notification de la présente ordonnance, et de le munir, sous réserve du caractère complet de son dossier, un récépissé de demande l’autorisant à travailler. Il n’y a, en revanche, pas lieu, en l’état, d’assortir cette injonction d’une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
7. Dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l’Etat la somme de 800 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint à la préfète de l'Essonne de communiquer à M. B... une date de rendez-vous en préfecture afin qu’il puisse enregistrer sa demande de renouvellement de titre de séjour mention dans un délai d’un mois à compter de la notification de la présente ordonnance, et de le munir, sous réserve du caractère complet de son dossier, un récépissé de demande l’autorisant à travailler.
Article 2 : L’Etat versera à M. B... la somme de 800 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B..., à la préfète de l'Essonne et au ministre de l'intérieur.
Fait à Versailles, le 1er septembre 2026.
La juge des référés,
C. Mathou
La République mande et ordonne ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir l'exécution de la présente décision.
Par une requête, enregistrée le 17 juillet 2026, et un mémoire complémentaire enregistré le 28 août 2026, M. A... B..., représenté par Me Leloup, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d’enjoindre à la préfète de l'Essonne de le convoquer pour le dépôt de sa demande de titre de séjour, dans un délai de 15 jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard et lui délivrer un document provisoire de séjour attestant du dépôt de sa demande de renouvellement et assurant la continuité de son droit au séjour à l’expiration de son titre actuel, dans un délai de 15 jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 800 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d’urgence est satisfaite dès lors qu’il est dans une situation de précarité administrative résultant de l’impossibilité de déposer sa demande de renouvellement de titre de séjour ;
- la mesure sollicitée est utile dès lors qu’elle lui permettra d’enregistrer sa demande de titre de séjour ;
- cette mesure ne fait obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative.
La requête a été communiquée à la préfète de l’Essonne qui n’a pas présenté d’observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative ;
La présidente du tribunal a désigné Mme Mathou pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. A... B..., ressortissant iranien né le 20 avril 1959, a déposé le 28 juillet 2023, une demande d’admission exceptionnelle au séjour sur le site « démarches-simplifiées.fr » de la préfecture de l’Essonne. Il demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre à la préfète de l'Essonne de le convoquer pour le dépôt de sa demande de titre de séjour, dans un délai de 15 jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard et lui délivrer un document provisoire de séjour attestant du dépôt de sa demande de renouvellement et assurant la continuité de son droit au séjour à l’expiration de son titre actuel, dans un délai de 15 jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
Sur les conclusions présentées au titre de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ». Saisi sur le fondement de ces dispositions d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l’urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l’administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.
3. Aux termes de l’article R. 431-15-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Le dépôt d'une demande présentée au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 431-2 donne lieu à la délivrance immédiate d'une attestation dématérialisée de dépôt en ligne. Ce document ne justifie pas de la régularité du séjour de son titulaire. / Lorsque l'instruction d'une demande complète et déposée dans le respect des délais mentionnés à l'article R. 431-5 se poursuit au-delà de la date de validité du document de séjour détenu, le préfet est tenu de mettre à la disposition du demandeur via le téléservice mentionné au premier alinéa une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande dont la durée de validité ne peut être supérieure à trois mois. (...) Lorsque l'instruction se prolonge, en raison de circonstances particulières, au-delà de la date d'expiration de l'attestation, celle-ci est renouvelée aussi longtemps que le préfet n'a pas statué sur la demande. (...) ». Aux termes de l’article R. 431-5 du même code : « Si l'étranger séjourne déjà en France, sa demande est présentée dans les délais suivants : / 1° L'étranger qui dispose d'un document de séjour mentionné aux 2° à 8° de l'article L. 411-1 présente sa demande de titre de séjour entre le cent-vingtième jour et le soixantième jour qui précède l'expiration de ce document de séjour lorsque sa demande porte sur un titre de séjour figurant dans la liste mentionnée à l'article R. 431-2. Lorsque sa demande porte sur un titre de séjour ne figurant pas dans cette liste, il présente sa demande dans le courant des deux mois précédant l'expiration du document dont il est titulaire (…) ».
4. Eu égard aux conséquences qu’a sur la situation d’un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l’enregistrement de sa demande et au droit qu’il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l’autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l’enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.
5. M. B..., qui a obtenu le statut de réfugié, a été titulaire de deux cartes de résident pluriannuelles, la dernière ayant été valable du 26 janvier 2008 au 25 janvier 2018. Il déclare s’être présenté, suite à une convocation en préfecture, pour le renouvellement de son titre en 2018, sans qu’aucune suite n’ai été donnée à sa demande de renouvellement. Par la suite, il déclare avoir réitéré sa demande de renouvellement sur le site de l’ANEF. La démarche n’a pas pu aboutir au regard d’un blocage de son compte ANEF, en conséquence du dépassement par le requérant du délai imparti pour renouveler son titre de séjour. Cependant, en raison de ce blocage, le requérant s’est retrouvé dépourvu d’alternative pour procéder au dépôt de son dossier, malgré plusieurs relances adressées à la préfecture. De plus, le requérant verse au dossier un courriel de son employeur en date du 9 juillet 2026 mettant fin à son contrat de travail en raison de l’irrégularité de la situation administrative du requérant. Compte tenu de cette situation de blocage, et de sa situation administrative, M. B..., qui ne peut se prévaloir de la présomption d’urgence qui s’attache aux demandes de renouvellement de titre de séjour, justifie de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d’obtenir rapidement un rendez-vous afin de déposer sa demande de titre de séjour. Les conditions d’urgence et d’utilité requises par les dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative sont remplies. Par ailleurs, la mesure sollicitée ne se heurte à aucune contestation sérieuse et ne fait pas obstacle à l’exécution d’une décision administrative.
6. Il résulte de ce qui précède qu’il y a lieu d’enjoindre à la préfète de l’Essonne de communiquer à M. B... une date de rendez-vous pour qu’il puisse enregistrer sa demande de titre de séjour, dans un délai d’un mois, à compter de la notification de la présente ordonnance, et de le munir, sous réserve du caractère complet de son dossier, un récépissé de demande l’autorisant à travailler. Il n’y a, en revanche, pas lieu, en l’état, d’assortir cette injonction d’une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
7. Dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l’Etat la somme de 800 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint à la préfète de l'Essonne de communiquer à M. B... une date de rendez-vous en préfecture afin qu’il puisse enregistrer sa demande de renouvellement de titre de séjour mention dans un délai d’un mois à compter de la notification de la présente ordonnance, et de le munir, sous réserve du caractère complet de son dossier, un récépissé de demande l’autorisant à travailler.
Article 2 : L’Etat versera à M. B... la somme de 800 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B..., à la préfète de l'Essonne et au ministre de l'intérieur.
Fait à Versailles, le 1er septembre 2026.
La juge des référés,
C. Mathou
La République mande et ordonne ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir l'exécution de la présente décision.