Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2610286

mardi 1 septembre 2026

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2610286
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantMINKO MI NZE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 2 août 2026, Mme C..., représentée par Me Minko Mi Nze, demande à la juge des référés, statuant par application des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l’exécution de la décision implicite en date du 21 février 2026 du préfet des Yvelines portant refus de renouvellement de sa carte de séjour pluriannuelle portant la mention « salarié » et de délivrance de la carte de résident d’une durée de dix ans portant la mention « résident de longue durée-UE » jusqu’à ce qu’il soit statué sur la requête au fond ;

2°) d’enjoindre au préfet des Yvelines de lui délivrer, jusqu’à ce qu’il soit statué sur la requête au fond, un récépissé de demande de carte de séjour ou tout document attestant de la régularité de son séjour et l’autorisant à travailler, dans un délai de dix jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, et ce, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à a la charge de l’Etat une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Elle soutient que :
1/ l’urgence est avérée ;
2/ il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige dès lors que :
elle émane d’un auteur incompétent ;
elle est entachée d’erreur de droit ;
elle est entachée d’erreur manifeste d'appréciation.

Vu :
- la requête n°2610151par laquelle Mme B... demande l’annulation de la décision en litige ;
- les autres pièces du dossier ;

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Lepetit-Collin, vice-présidente, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience du 18 août 2026 à 10h00.

Ont été entendus au cours de l’audience publique, tenue en présence de
Mme Gilbert, greffière d’audience :
- le rapport de Mme Lepetit-Collin, juge des référés ;
- les parties n’étant ni présentes, ni représentées.

La clôture de l’instruction est intervenue à l’issue de l’audience publique.

Par un mémoire en défense enregistré le 18 août 2026, le préfet des Yvelines conclut au non-lieu à statuer.

Il fait valoir que la demande de carte de résident de la requérante a fait l’objet d’une décision favorable le 17 août 2026.

Par une ordonnance en date du 18 août 2026, la clôture de l’instruction a été reportée au 20 août 2026 à 12h00.

Par un mémoire complémentaire enregistré le 19 août 2026, Mme B... maintient ses conclusions présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.




Considérant ce qui suit :

1. Mme C..., ressortissante gabonaise née en 1990, était titulaire d’une carte de séjour pluriannuelle mention salarié valable du 02 décembre 2021 au 01 décembre 2025 dont elle a demandé le renouvellement le 21 octobre 2025. Par la présente requête, elle demande au juge des référés de suspendre l’exécution de la décision implicite en date du 21 février 2026 du préfet des Yvelines portant refus de renouvellement de sa carte de séjour pluriannuelle portant la mention « salarié » et de délivrance de la carte de résident d’une durée de dix ans portant la mention « résident de longue durée-UE » jusqu’à ce qu’il soit statué sur la requête au fond.


Sur les conclusions aux fins de suspension et d’injonction sous astreinte :

2. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. (…) ».

3. Il résulte de l’instruction que la demande de carte de résident de Mme B... a fait l’objet d’une décision explicite, le 17 août 2026. Par suite ses conclusions aux fins de suspension de l’exécution de la décision implicite en date du 21 février 2026 du préfet des Yvelines portant refus de renouvellement de sa carte de séjour pluriannuelle portant la mention « salarié » et de délivrance de la carte de résident d’une durée de dix ans sont désormais sans objet. Il en va de même de ses conclusions tendant à ce que le juge des référés enjoigne à l’Etat, sous astreinte, de remettre à l’intéressée une attestation de prolongation d'instruction le temps du réexamen de son dossier par les services de la préfecture.

Sur les frais liés au litige :

4. Dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l’Etat une somme de 800 euros à verser à L’Etat versera à Mme B... en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


O R D O N N E :


Article 1er : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins de suspension et d’injonction sous astreinte présentées par Mme B....

Article 2 : L’Etat versera à Mme B... une somme de 800 euros par application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C... et au préfet des Yvelines.

Fait à Versailles, le 1er septembre 2026.

La juge des référés,



H. Lepetit-Collin

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.