Tribunal Administratif de Toulon — Décision N° TA83-2604234

mardi 1 septembre 2026

JuridictionTribunal Administratif de Toulon
SectionTribunal Administratif de Toulon
N° DossierTA83-2604234
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantMOTHERE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 25 août 2026, M. A... B..., représenté par Me Mothere, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) de l’admettre provisoirement au bénéfice de l’aide juridictionnelle ;

2°) d’enjoindre au préfet du Var de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour renouvelable sans interruption jusqu’à l’intervention d’une décision sur sa demande de titre de séjour et ce, dans les 48 heures ;

3°) d’assortir cette injonction d’une astreinte de 50 euros par jour de retard à compter de l’expiration du délai ;

4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil sous réserve que ce dernier renonce à percevoir le bénéfice de l’aide juridictionnelle, en application des dispositions combinées des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.


Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative ;


Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ». Il résulte de ces dispositions que le juge des référés, saisi d’une demande sur le fondement de ces dispositions, peut prescrire toutes mesures ayant un caractère provisoire ou conservatoire, à condition que ces mesures soient utiles, justifiées par l’urgence, ne fassent obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.
2. En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.
3. M. B..., ressortissant turc, expose avoir déposé le 3 juin 2026 une demande de titre de séjour en qualité de conjoint de français auprès des services de la préfecture du Var. Par la présente requête, il demande au juge des référés d’enjoindre à l’administration de lui délivrer « une autorisation provisoire de séjour ».
4. Toutefois, M. B... n’indique aucunement sur quel fondement il entend bénéficier d’une « autorisation provisoire de séjour ». A cet égard, les dispositions du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ne prévoient que la délivrance, pendant l’instruction d’une demande de titre de séjour, selon les cas, d’un récépissé ou d’une attestation de prolongation d’instruction de la demande. Dans ces conditions, la demande se heurte à une contestation sérieuse.
5. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier que M. B... ne dispose d’aucun titre de séjour et a, au demeurant fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire en octobre 2023. Dans ces conditions, il ne peut, contrairement à ses allégations, bénéficier de la présomption d’urgence. Or, pour justifier d’une telle situation d’urgence, il se borne à faire état de son mariage avec une ressortissante française, qu’un enfant est né de cette union et que les revenus du ménage sont seulement constitués des ressources de son épouse dès lors qu’il ne peut travailler alors qu’il est titulaire d’une promesse d’embauche. De telles circonstances, à les supposer avérées, ne sont pas, par elles-mêmes, pas de nature à caractériser l’urgence au sens de l’article L. 521-3 du code de justice administrative.
6. Il résulte de ce qui précède, et sans qu’il soit besoin d’admettre l’intéressé au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire, que la requête de M. B... doit être rejetée selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative.



O R D O N N E :




Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.



Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....


Fait à Toulon, le 1er septembre 2026.


La présidente du Tribunal,
Juge des référés

signé


S. BADER-KOZA



La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Et par délégation,
La greffière.