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AccueilJurisprudence administrativeN° TA86-2600275

Tribunal Administratif de Poitiers — Décision N° TA86-2600275

mercredi 18 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Poitiers
SectionTribunal Administratif de Poitiers
N° DossierTA86-2600275
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Poitiers, statuant par ordonnance, rejette la requête de Mme A... visant à obtenir l'annulation d'une décision lui accordant seulement une remise partielle d'un indu de prime d'activité. La juridiction estime que la requête, même après une mise en demeure de régularisation, ne comporte que des moyens inopérants ou insuffisamment motivés, sans apporter d'éléments précis sur la situation financière de la requérante justifiant une remise totale. Le rejet est prononcé en application des articles R. 222-1 (7°) et R. 772-6 du code de justice administrative relatifs à l'irrecevabilité pour insuffisance de motivation.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 23 janvier 2026, Mme B... A... demande au tribunal d’annuler la décision du 2 décembre 2025 par laquelle la directrice de la caisse d’allocations familiales des Deux-Sèvres ne lui a accordé qu’une remise de dette partielle d’un indu de prime d’activité, laissant à sa charge un montant de 208,69 euros.

Par une lettre du 3 février 2026, Mme A... a été invitée à régulariser sa requête en complétant sa motivation, à l’aide notamment du formulaire pré-rempli prévu par l’article R. 772-7 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. (…) ».

2. Aux termes de l’article R. 772-6 du code de justice administrative : « Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l’article R. 222-1, qu’après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. / S’il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l’expiration du délai de recours. Il est informé qu’à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l’expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l’information prévue à l’article R. 611-7. ».

3. Lorsqu’il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse de l’indu de revenu de solidarité active, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu’à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d’examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l’une et l’autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise totale ou partielle.

4. En l’espèce, la requête présentée par Mme A... tend à l’annulation de la décision du 2 décembre 2025 par laquelle la directrice de la caisse d’allocations familiales des Deux-Sèvres ne lui a accordé qu’une remise de dette partielle de prime d’activité, laissant à sa charge un montant de 208,69 euros. Toutefois, si la requérante soutient qu'elle a fait ses déclarations en temps utiles, elle ne conteste pas que la somme qui lui est réclamée constitue un indu. Par ailleurs, si la requérante fait état de son incapacité à payer cette dette, elle n’apporte aucun élément précis sur sa situation, notamment financière. Par un courrier du 3 février 2026, la requérante a été invitée, dans un délai de quinze jours, à régulariser sa requête à l’aide du formulaire pré-rempli prévu à cet effet, par application de l’article R. 772-6 du code de justice administrative. Si Mme A... a renvoyé ce formulaire complété le 20 février 2026, elle n’a pas fait état d’éléments ni produits de pièces susceptible de compléter utilement la motivation de sa demande, que ce soit pour ce qui concerne le bienfondé de l’indu ou le refus de lui accorder une remise totale de sa dette. Par suite, sa requête, qui ne comporte que des moyens manifestement inopérants ou manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé, ne peut qu’être rejetée par application du 7° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.



O R D O N N E :




Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.


Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....

Fait à Poitiers, le 18 mars 2026.


La présidente,


Signé


I. LE BRIS



La République mande et ordonne au ministre du travail et des solidarités, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.


Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière

Signé

D. MADRANGE







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