Le Tribunal Administratif de Poitiers, statuant par ordonnance, a rejeté la requête de Mme B... sollicitant une remise gracieuse d'une dette liée à un trop-perçu de traitement. La juridiction a jugé la demande manifestement irrecevable, car elle ne contestait pas un refus préalable de l'administration et ne contenait pas de conclusions valables au sens de l'article R. 411-1 du code de justice administratif. Le rejet s'appuie sur l'article R. 222-1 du même code, tout en rappelant à la requérante qu'elle peut directement demander cette remise à son ancien employeur.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 février 2026, Mme A... B... doit être regardée comme demandant au tribunal de lui accorder une remise gracieuse de sa dette d’un montant de 2 751,40 euros résultant d’un trop-perçu de son traitement.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) / 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; (…) ».
2. Aux termes de l’article R. 411-1 du code de justice administrative : « La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l’exposé des faits et moyens, ainsi que l’énoncé des conclusions soumises au juge. (…) ». Aux termes de l’article R. 421-1 du même code : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. / (…) ».
3. Par la présente requête, Mme B... doit être regardée comme demandant au tribunal de lui accorder une remise gracieuse de sa dette résultant d’un trop-perçu de son traitement. En l’absence de conclusions tendant à l’annulation d’un refus de remise gracieuse qui aurait été opposé à la requérante par l’administration, il n’appartient pas au juge administratif d’accorder une remise gracieuse de dette. Par suite, la requête de Mme B... ne contient aucune conclusion dont la juridiction administrative puisse se considérer comme valablement saisie et ne satisfait pas aux conditions posées à l’article R. 411-1 du code de justice administrative. Pour cette raison, la requête de Mme B... est manifestement irrecevable et doit être rejetée par application des dispositions précitées du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
6. En dépit de la présente ordonnance, la requérante conserve la possibilité de solliciter une remise gracieuse de sa dette auprès de son ancien employeur.
O R D O N N E :
Article 1er :
La requête de Mme B... est rejetée.
Article 2 :
La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B....
Fait à Poitiers, le 18 mars 2026.
La présidente,
Signé
I. LE BRIS
La République mande et ordonne au préfet de la Vienne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
La greffière
Signé
D. MADRANGE