jeudi 17 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2001395 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | INTERBARREAUX RACINE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 2 octobre 2020 et le 4 juin 2021, M. B W I, Mme H M W I, Mme E W I agissant en leur nom propre et au nom de leurs enfants mineurs, C et J, M. R W I, agissant en son nom propre et au nom de ses enfants mineurs, K G et L, X Z W I, X O T, représentés par Me Des Champs De Verneix, demandent au tribunal:
1°) de condamner le centre hospitalier (CH) Esquirol à leur verser une somme globale de 101 700 euros en réparation des préjudices qu'ils ont subis à raison du décès de M. F I, leur fils, frère, petit-fils et oncle, au titre de la perte de chance occasionnée par les différentes fautes commises par cet établissement de santé ;
2°) de condamner le CH Esquirol aux entiers dépens, " en ce compris la somme de 2 500 euros correspondant aux frais d'expertise judiciaire " ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier d'Esquirol une somme de 4 500 euros au titre des frais répétibles et irrépétibles exposés lors de la procédure de référé et des opérations d'expertise judiciaire ;
4°) de mettre à la charge de cet établissement une somme de 3 000 euros au titre de la présente procédure en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
Ils soutiennent que :
- le centre hospitalier (CH) Esquirol a commis une faute consistant en un défaut de surveillance de M. F W I, lequel est à l'origine d'un retard de diagnostic ayant conduit à un retard de transfert vers une structure adaptée à son état et ayant entrainé son décès ;
- cette faute est à l'origine d'une perte de chance d'éviter son décès de 90% ;
- M. B W I, père de la victime décédée est fondé à solliciter une indemnisation à hauteur de 27 000 euros au titre de son préjudice d'affection ;
- Mme M W I, mère de F, est fondée à solliciter une indemnisation à hauteur de 27 000 euros au titre de son préjudice d'affection ;
- Mme E W I, sœur de F, est fondée à solliciter une indemnisation à hauteur de 12 600 euros au titre de son préjudice d'affection ;
- M R W I, frère de F, est fondé à solliciter une indemnisation à hauteur de 8 100 euros au titre de son préjudice d'affection ;
- Mme H Y W I, grand-mère de F est fondée à solliciter une indemnisation à hauteur de 12 600 euros au titre de son préjudice d'affection ;
- Mme O T, grand-mère de F est fondée à solliciter une indemnisation à hauteur de 9 000 euros au titre de son préjudice d'affection ;
- les nièces de F, D et J, sont fondées à solliciter une indemnisation à hauteur de 2 700 euros chacune au titre de leur préjudice d'affection ;
Par un mémoire enregistré le 30 novembre 2020, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de la Charente-Maritime demande au tribunal :
1°) de condamner le CH Esquirol à lui verser la somme de 4 976 euros correspondant aux débours qu'elle a exposés en raison de la prise en charge fautive de M. F W I, laquelle a justifié une hospitalisation du 29 novembre au 1er décembre 2018, puis du 1er décembre au 3 décembre 2018 ;
2°) de condamner cet établissement à lui verser l'indemnité forfaitaire de gestion au titre des dispositions de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 1er décembre 2020, le 9 février 2021 et le 15 juillet 2021, le CH Esquirol, représenté par Me Berland, conclut à titre principal au rejet de la requête dès lors que l'établissement n'a commis aucune faute dans la prise en charge de M. F W I, que le lien de causalité direct et certain entre son décès et les manquements qui lui sont reprochés n'est pas établi et à la mise à la charge des consorts W I d'une somme de 1 500 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative. A titre subsidiaire, il reconnait sa responsabilité au titre de la seule perte de chance de M. W I d'éviter la survenue du décès, laquelle perte de chance est limitée à 10% et devra être appliquée à l'ensemble des préjudices invoqués, demande au tribunal de débouter Mme E W I de ses demandes formulées au nom de ses deux filles, de rejeter les demandes de la CPAM et de réduire à de plus justes proportions les indemnités à allouer à Madame M W I ,à Monsieur B W I, à Madame E W I, à Monsieur R W I, à Madame H Y W I et à Madame O T. A titre infiniment subsidiaire, il demande de ramener à de plus justes proportions les indemnités à allouer à Madame E W I, Monsieur R W I, Madame H Y W I, Mesdames D et J I, et d'appliquer un taux de perte de chance de 10% aux demandes formulées par la caisse.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur le moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions présentées au nom de Mme O T en l'absence de demande préalable présentée au nom de celle-ci.
Par un courrier reçu le 28 octobre 2022 qui a été enregistré sans être communiqué, les consorts W I ont présenté leurs observations sur ce moyen relevé d'office.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- l'ordonnance du 6 janvier 2020, par laquelle le président du tribunal a liquidé et taxé les frais et honoraires d'expertise réalisée par le docteur U à la somme de 2 500 euros.
Vu :
- le code civil ;
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- l'arrêté du 14 décembre 2021 relatif aux montants de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. N,
- les conclusions de M. Houssais, rapporteur public,
- et les observations de Me Plas pour les consorts W I et de Me Bost pour le CH Esquirol.
Considérant ce qui suit :
1. Le 29 novembre 2018, autour de 18 heures, M. F W I, alors âgé de 30 ans, a été hospitalisé en soins psychiatriques à la demande d'un tiers en urgence, au sein du CH Esquirol, en état d'agitation extrême et d'opposition aux soins. A son admission, M. I a fait l'objet d'une mesure de contention des quatre membres et a reçu à 00H04 un neuroleptique, du Loxapac 50mg, sous forme d'injection. Le 30 novembre au matin, les prescriptions de traitements neuroleptiques ont été renouvelés. Ce même jour vers 19 heures, il a été décidé d'arrêter les neuroleptiques compte tenu du contexte d'hyperthermie et de maintenir une hydratation parentérale pour parer au risque vital lié au manque d'hydratation. Le 1er décembre vers 9h 30, une hyperthermie persistante, une tachycardie à 137, une tachypnée ainsi que la persistance d'une attitude d'opposition de M. W I ont fait évoquer le diagnostic de syndrome malin des neuroleptiques, lequel a conduit à une admission de l'intéressé aux urgences vers 11 heures. Le bilan biologique réalisé vers 11h30 ayant objectivé une insuffisance rénale, une hyperglycémie, une cytolyse, une rhabdomyolyse et une acidose métabolique, M. W I a été transféré en réanimation. Malgré une prise en charge par insuline, réhydratation, Dantrolène et une mise sous ventilation mécanique le 2 décembre au matin, l'état de M. I a continué de se détériorer, celui-ci ayant présenté un syndrome de détresse respiratoire aigüe, conduisant à un arrêt cardiaque et à son décès le 3 décembre à 17 heures.
2. A la suite d'une requête du 19 avril 2019, le juge des référés, par une ordonnance n° 19000695 du 4 juillet 2019, a ordonné une expertise médicale et a désigné le Dr A U afin de se prononcer sur la prise en charge et les circonstances du décès de M. W I. Le rapport d'expertise définitif a été établi par ce dernier avec le concours d'un sapiteur M. Q S, médecin psychiatre. Les consorts W I ont formé le 29 mai 2020 une demande indemnitaire préalable auprès du centre hospitalier d'Esquirol au titre des préjudices qu'ils ont subis à raison du décès de F, laquelle demande a été rejetée par une décision implicite.
3. Par la présente requête, ils demandent au tribunal de condamner le centre hospitalier Esquirol à leur verser la somme de 101 700 euros en réparation de leurs préjudices. La CPAM de la Charente Maritime demande quant à elle le remboursement des débours exposés pour le compte de M. F W I à hauteur de 4 976 euros.
Sur la responsabilité du centre hospitalier d'Esquirol :
4. Aux termes des dispositions du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé () tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute () ".
5. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise, que le traitement par neuroleptiques sédatifs et contention ainsi que le mode d'hospitalisation sous contrainte était parfaitement justifiés. En revanche, l'expert retient également, qu'alors qu'une évaluation somatique, incluant en particulier une mesure de la température et de la glycémie, doit être réalisée avant la mise en place des traitements, puis quand ceux-ci ont démarré, dès que possible, qu'elle n'a été réalisée qu'à " H+25 " alors même qu'en dépit de l'agitation du patient, elle aurait pu être réalisée par des techniques adaptées après la contention. L'expert reproche également au centre hospitalier de ne pas avoir réalisé un bilan sanguin " chez un patient diabétique qui semble être resté à jeun pendant 48 heures " alors que cet examen aurait notamment permis de diagnostiquer une rhabdomyolyse déjà présente avant la mise en place des soins psychiatriques chez un patient avec une obésité morbide, resté plus ou moins immobile pendant 48 heures. L'expert indique également que l'arrêt des neuroleptiques aurait dû intervenir de façon plus précoce devant un tableau de fièvre persistante et de déshydratation et que la réhydratation de M. W I, prescrite 24 heures après son admission, est intervenue trop tardivement. Enfin, le docteur U retient que le transfert vers les urgences du CHU a été décidé avec retard, dès lors qu'il n'est intervenu que le 1er décembre 2019 vers 11 heures " alors qu'il existait des signes de décompensation des fonctions vitales bien avant ", le médecin sapiteur précisant que ce retard est de " 11 heures à partir de la prise de température ". Au vu de ces éléments qui ne sont pas utilement contredits par le centre hospitalier d'Esquirol, il y a lieu de considérer que le centre hospitalier a commis " une faute de surveillance somatique ", à l'origine d'un retard de diagnostic et d'un retard de prise en charge dans un service adapté. Ces manquements sont constitutifs d'une faute de nature à engager la responsabilité de cet établissement au titre de son obligation de délivrer des soins consciencieux et diligents.
Sur la perte de chance :
6. Dans le cas où la faute commise lors de la prise en charge ou le traitement d'un patient dans un établissement public hospitalier a compromis ses chances d'obtenir une amélioration de son état de santé ou d'échapper à son aggravation, le préjudice résultant directement de la faute commise par l'établissement et qui doit être intégralement réparé n'est pas le dommage corporel constaté mais la perte de chance d'éviter que ce dommage soit advenu. La réparation qui incombe à l'hôpital doit alors être évaluée en fonction de l'ampleur de la chance perdue.
7. Si les examens cliniques et les différents bilans sanguins notamment effectués par le CHU de Limoges ont mis en évidence chez M. W I diverses lésions parmi lesquelles une décompensation délirante aiguë, une hyperthermie maligne, une rhabdomyolyse, une insuffisance rénale aiguë anurique, une décompensation diabétique grave d'un diabète non insulino-dépendant et un syndrome de détresse respiratoire aiguë, il résulte de l'instruction que M. F W I présentait un diabète non insulino-dépendant, une obésité morbide, une poly-toxicomanie, une hépatite, et qu'antérieurement à son admission au CH Esquirol était resté à jeun pendant une période de sommeil de 48 heures consécutives. S'il est probable que l'intéressé a été atteint d'un syndrome malin des neuroleptiques (SMN), à la suite de l'administration de neuroleptiques à compter du 30 novembre 2018, ce syndrôme est survenu sur un organisme déjà très affaibli alors qu'il résulte de l'instruction notamment des dires du docteur S que M. W I avait probablement de la fièvre dès son admission, et que l'existence, à cette date, d'un trouble somatique ou toxique était fortement probable. La prise de la température de l'intéressé à la 25ème heure seulement après son admission au CH Esquirol, l'absence de mesure plus rapide de la glycémie, la réhydratation de l'intéressé débutée trop tardivement, l'arrêt trop tardif des neuroleptiques, le délai de 11 heures écoulé entre la mesure de l'hyperthermie, l'évocation d'un SMN et le transfert aux urgences, ont fait perdre à la victime une chance d'être traité plus rapidement pour la pathologie dont il souffrait et d'échapper ainsi à l'aggravation rapide de son état et à son décès. Dans ces conditions, il y a lieu de retenir, eu égard à l'état du patient lors de son admission au centre hospitalier, des chances de survie en cas de SMN comprises entre 70 et 90% mais aussi de son obésité morbide et de ses facteurs de fragilité, un taux de perte de chance supérieur à ceux de 10 et 20% retenus respectivement par l'expert et le sapiteur, et de le fixer à 30%.
Sur les préjudices :
8. En premier lieu, il sera fait une juste appréciation du préjudice d'affection subi par M. B I et Mme M W I, chez lesquels vivait leur fils majeur décédé, en versant à chacun d'entre eux une somme de 5 000 euros après application du taux de perte de chance.
9. En deuxième lieu, il sera fait une juste appréciation du préjudice d'affection subi par Mme E W I, sœur majeure de la victime, laquelle ne justifie pas par les pièces qu'elle produit de sa résidence commune avec son frère au moment du décès de ce dernier, en lui allouant la somme de 1 500 euros, après application du taux de perte de chance.
10. En troisième lieu, il sera fait une juste appréciation du préjudice d'affection subi par M. R W I, frère majeur de la victime ne résidant pas avec celle-ci, une somme de 1 500 euros, après application du taux de perte de chance.
11.En quatrième lieu, il sera fait une juste appréciation du préjudice d'affection subi par Mme H Y W I et Mme O T, grand-mères de la victime dont il n'est pas justifié pour la première et pas allégué pour la seconde qu'elles vivaient avec leur petit- fils au moment du décès de celui-ci, une somme de 1 000 euros à chacune, après application du taux de perte de chance.
12. En cinquième lieu, aucun élément de l'instruction ne permet d'établir l'intensité des liens entre les nièces et la victime alors que comme dit au point 9, Mme E W I, sœur de la victime décédée et mère des petites C et J ne justifie pas qu'elle habitait avec son frère au moment du décès de ce dernier. Par suite, il y a lieu de refuser de faire doit à la demande d'indemnisation au titre du préjudice subi par les nièces de M. F W I.
13. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'allouer une somme de 5 000 euros chacun à M. B W I, et à Mme M W I, 1 500 euros chacun à Mme E et M. R W I, 1 000 euros chacune à mesdames Maria Y I et Mme O T.
Sur les conclusions de la caisse :
14. La CPAM la Charente-Maritime sollicite, en fournissant une attestation d'imputabilité de son médecin conseil datée du 20 novembre 2019, le remboursement, par le centre hospitalier de ses débours correspondant aux frais d'hospitalisation de M. F W I entre le 29 novembre et le 3 décembre 2018 au centre hospitalier d'Esquirol, puis au centre hospitalier universitaire de Limoges. Le lien direct et certains de ces frais avec le manquement commis par le CH Esquirol est suffisamment établi par l'attestation d'imputabilité susmentionnée et les données contenues dans le rapport d'expertise. Compte tenu du taux de perte de chance de 30%, le CH d'Esquirol est condamné à verser à cette caisse la somme de 1 493 euros en remboursement de ses débours, ainsi qu'une somme de 492, 60 euros, correspondant au tiers de cette somme, au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue par l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale et l'arrêté susvisé du 14 décembre 2021.
15. Même en l'absence de demande tendant à l'allocation d'intérêts, tout jugement prononçant une condamnation à une indemnité fait courir les intérêts au taux légal au jour de son prononcé jusqu'à son exécution. La demande de la CPAM tendant à ce que lui soient alloués, à compter de la date de ce jugement, ces intérêts sur la somme que le CH Esquirol est condamné à lui verser est donc dépourvue de tout objet et doit être rejetée.
Sur les dépens :
16. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. () ".
17. Les frais et honoraires de l'expertise médicale, liquidés et taxés à la somme totale de 2 500 euros par une ordonnance du 6 janvier 2020, doivent être mis à la charge définitive du centre hospitalier Esquirol. Si les requérants entendent par ailleurs demander le versement à leur profit d'une somme de 2 500 euros correspondant " aux frais d'expertise judiciaire ", aucun justificatif concernant des frais qui ne relèveraient pas des dépens prévus à l'article R. 761-1 du code de justice administrative n'est produit à l'instance de sorte que cette demande, à l'instar de celle de même nature formulée pour les opérations d'expertise judiciaire liées à l'instance de référé n° 1900695, ne peut qu'être rejetée.
Sur les frais non compris dans les dépens :
18. D'une part, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier Esquirol au titre des frais non compris dans les dépens exposés par les consorts W I dans la présente instance une somme de 1 500 euros. D'autre part, les conclusions présentées par les consorts W I aux fins d'obtenir le remboursement des frais d'avocat qu'ils ont été amenés à exposer pour la présentation de leur précédente requête formée en application de l'article R.532-1 du code de justice administrative doivent être rejetées dès lors qu'elles auraient dû être présentées devant le juge de l'expertise. Enfin, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que les consorts W I, qui ne sont pas la partie perdante, versent une quelconque somme au centre hospitalier Esquirol au titre des frais de justice.
D E C I D E :
Article 1er: Le centre hospitalier Esquirol est condamné à verser à M. B et Mme M W I une somme à chacun de 5 000 (cinq mille) euros, à M. R et Mme E W I une somme à chacun de 1 500 (mille cinq cents) euros, à Mmes H Y W I et Palmira T une somme à chacune de 1 000 (mille) euros.
Article 2:Le centre hospitalier Esquirol versera à la CPAM de la Charente Maritime une somme de 1 493 (mille quatre cent quatre-vingt-treize) euros au titre de ses débours et une somme de 492,60 (quatre cent quatre-vingt-douze euros et soixante centimes) euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.
Article 3:Les dépens, liquidés et taxés à la somme totale de 2 500 (deux mille cinq cents) euros par une ordonnance du 6 janvier 2020, sont mis à la charge définitive du centre hospitalier Esquirol.
Article 4:Le centre hospitalier Esquirol versera au consorts W I une somme globale de 1 500 (mille cinq cents) euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5:Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 6:Le présent jugement sera notifié à M. B et Mme M W I, à M. R et Mme E W I à Mmes H Y W I et Palmira T, au centre hospitalier Esquirol, à la CPAM de la Charente Maritime.
Délibéré après l'audience du 4 novembre 2022 où siégeaient :
- M. Gensac, président,
- M. Martha, premier conseiller,
- M. Boschet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 novembre 2022.
Le rapporteur,
F. N
Le président,
P. GENSAC
Le greffier,
G. JOURDAN-VIALLARD
La République mande et ordonne
au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef
Le Greffier
G. JOURDAN-VIALLARD
mf
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026