Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2100414

jeudi 28 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2100414
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationJUGE UNIQUE H SIQUIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces, enregistrées le 9 mars 2021 et le 26 mars 2021, M. E demande au tribunal d'annuler la décision du 28 janvier 2021 par laquelle la caisse d'allocations familiales (Caf) de l'Indre a suspendu le versement de l'aide personnalisée au logement (APL) à laquelle il ouvre droit.

Il soutient que :

- son impayé de loyers résulte des difficultés financières qu'il a rencontrées ;

- il a résorbé sa dette locative et est à jour de ses loyers.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 novembre 2021, la Caisse d'allocations familiales de l'Indre conclut au rejet de la requête comme non-fondée.

Par un courrier du 21 juin 2023, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur un moyen d'ordre public tiré du non-lieu à statuer sur la requête, les conclusions dirigées par la décision du 28 janvier 2021 par laquelle la caisse d'allocations familiales (Caf) de l'Indre a suspendu le versement à M. C de l'aide personnalisée au logement (APL) à laquelle il ouvre droit, ayant perdu leur objet.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Hélène Siquier, première conseillère, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de conclure dans cette affaire en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Mme B a présenté son rapport au cours de l'audience publique à laquelle aucune des parties n'était présente ou représentée et à l'issue de laquelle a été prononcée la clôture d'instruction.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 824-2 du code de la construction et de l'habitation : " Lorsque le bénéficiaire de l'aide personnelle ne règle pas la dépense de logement, l'organisme payeur : 1° Si le bénéficiaire est de bonne foi, maintient le versement de l'aide personnelle au logement ; 2° Dans les autres cas, décide du maintien ou non du versement. / Les modalités d'application du présent article sont fixées par voie réglementaire ". Aux termes de l'article R. 824-7 du même code : " Lorsque le bénéficiaire de l'aide est en situation d'impayé de dépense de logement, l'organisme payeur informe la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives et met en œuvre les mesures prévues au présent article. / Pour se prononcer sur le maintien de l'aide, l'organisme payeur choisit, en fonction de la situation du bénéficiaire, de recourir à l'une ou à l'autre des procédures définies au 1° et au 2°. / 1° L'organisme payeur peut choisir de renvoyer le dossier au bailleur afin que ce dernier établisse, dans un délai de six mois au plus, un plan d'apurement de la dette. Sous réserve de la reprise du paiement de la dépense courante de logement, du respect du plan d'apurement et de son approbation par l'organisme payeur, ce dernier maintient le versement de l'aide personnelle au logement. / A défaut de réception du plan d'apurement dans le délai mentionné au 1° et après mise en demeure du bailleur, l'organisme payeur saisit le fonds départemental de solidarité pour le logement mentionné à l'article 6 de loi n° 90-449 du 31 mai 1990 visant à la mise en œuvre du droit au logement, qui dispose d'un délai de trois mois pour établir un dispositif d'apurement. L'organisme payeur tient la commission de coordination des actions de prévention des expulsions locatives informée de l'évolution de la situation du bénéficiaire. / En cas de mauvaise exécution du plan ou du dispositif d'apurement ou de non-reprise du paiement de la dépense courante de logement, l'organisme payeur suspend le versement de l'aide personnelle au logement, sous réserve des dispositions de l'article R. 824-28. () ". Aux termes de cet article R. 824-28 : " L'organisme payeur peut décider du maintien du versement de l'aide personnelle au logement : 1° Si l'allocataire s'acquitte du paiement de la dépense courante de logement ; 2° S'il se trouve dans une situation sociale difficile et qu'il s'acquitte du paiement de la moitié au moins de la dépense courante de logement, déduction faite de l'aide ".

2. Il résulte de l'instruction que suite à des loyers non acquittés par M. C, une procédure d'impayé a été engagée. M. C qui n'avait pas justifié de la conclusion d'un plan d'apurement de sa dette, ses droits à l'APL ont été suspendus à compter du mois de février 2021. Suite à la confirmation par le bailleur du requérant de la bonne reprise du paiement de son loyer et de la résorption de sa dette locative, la CAF de l'Indre a rétabli le versement de l'APL en avril 2021 à laquelle ouvrait droit M. C et a procédé au paiement d'un rappel pour la période de février et mars 2021. Il s'ensuit que les conclusions aux fins d'annulation de la requête de M. C doivent être regardées comme ayant perdu leur objet. Il n'y a plus lieu d'y statuer.

D E C I D E :

Article 1er :Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation de la requête de M. C.

Article 2:Le présent jugement sera notifié à M. E et au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées.

Une copie en sera adressée pour information à la caisse d'allocations familiales de l'Indre.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2023.

Le magistrat désigné,

H. B

Le greffier,

M. A

La République mande et ordonne

au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

Pour Le Greffier en Chef

Le Greffier

M. A

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