Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2101253

mardi 17 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2101253
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation2ème chambre
Avocat requérantGERBET CHRISTOPHE

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Limoges a rejeté la requête de la SARL L'Etoile d'Auxerre contestant le refus de l'administration de lui octroyer les aides du fonds de solidarité pour les mois de décembre 2020 à mai 2021. La société soutenait que son activité, reprise en juillet 2020, devait être assimilée à une création d'entreprise, ce qui aurait permis de calculer son chiffre d'affaires de référence sur la période juillet-octobre 2020. Le tribunal a jugé que, la société ayant été créée en 2009 et ayant conservé le même numéro Siren, elle ne pouvait être considérée comme une entreprise créée après le 1er mars 2020. En conséquence, le chiffre d'affaires de référence devait être celui de l'année 2019, lequel était nul, justifiant le refus d'aide. La décision s'appuie sur les articles 3-18 à 3-27 du décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 modifié.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 27 juillet 2021 et le 12 octobre 2021, la société à responsabilité limitée (SARL) L'Etoile d'Auxerre, représentée par Me Gerbet, demande au tribunal d'annuler les décisions des 21 avril 2021, 29 avril 2021, 20 mai 2021, 25 mai 2021 et 16 juillet 2021 par lesquelles le directeur départemental des finances publiques de la Corrèze lui a refusé l'octroi, au titre des mois de décembre 2020 à mai 2021, d'une aide financière du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation.

Elle soutient qu'en refusant d'assimiler la reprise d'activité de la société à une création d'entreprise, le service des finances publiques a entaché ses décisions d'une erreur de droit dès lors qu'au regard de cet élément, son chiffre d'affaires de référence doit être apprécié au regard du chiffre d'affaires réalisé entre le 1er juillet et le 31 octobre 2020, et non du chiffre d'affaires réalisé au cours de l'année 2019.

Par un mémoire en défense enregistré le 28 septembre 2021, le directeur départemental des finances publiques de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- les conclusions dirigées contre les décisions de rejet concernant les aides des mois de décembre 2020, de janvier 2021, de mars 2021 et d'avril 2021 sont irrecevables ;

- les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 ;

- le décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 modifié ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Chambellant,

- les conclusions de Mme Siquier, rapporteure publique,

- et les observations de Me Feix, représentant la société L'Etoile d'Auxerre.

Considérant ce qui suit :

1. La SARL L'Etoile d'Auxerre exploite depuis le 1er juillet 2020 une activité de restauration située à Malemort. Ses demandes d'aide financière pour les mois de décembre 2020 à mai 2021 au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises fragilisées par le covid-19 ont été rejetées par cinq décisions du directeur départemental des finances publiques de la Corrèze en date des 21 avril 2021, 29 avril 2021, 20 mai 2021, 25 mai 2021 et 16 juillet 2021. Par sa requête, la SARL L'Etoile d'Auxerre demande au tribunal d'annuler ces décisions.

2. Il résulte des dispositions des articles 3-18, 3-19, 3-22, 3-24, 3-26 et 3-27 du décret du 30 mars 2020 modifié, respectivement applicables pour les demandes d'aide formulées au titre des mois de décembre 2020 à mai 2021, que les entreprises qui ont fait l'objet d'une interdiction d'accueil du public au cours des mois considérés peuvent bénéficier sous certaines conditions d'une aide, dans la limite de 10 000 euros, qui est fonction de leur perte de chiffre d'affaires au cours du mois considéré apprécié par rapport à leur chiffre d'affaires de référence défini comme le chiffre d'affaires réalisé durant le même mois en 2019, ou le chiffre d'affaires mensuel moyen de l'année 2019 si cette option est plus favorable à l'entreprise ou " pour les entreprises créées entre le 1er mars 2020 et le 30 septembre 2020, le chiffre d'affaires mensuel moyen réalisé entre le 1er juillet 2020, ou à défaut la date de création de l'entreprise, et le 31 octobre 2020 ".

3. Pour contester ces refus, la société requérante soutient qu'elle n'a débuté son activité de restauration rapide pour laquelle elle a sollicité les aides qu'à compter du 1er septembre 2020, que le chiffre d'affaires à prendre en compte est ainsi celui correspondant au chiffre d'affaires mensuel moyen réalisé entre la date de début de son activité et le 31 octobre 2020 et qu'elle n'a disposé pour son activité de restauration rapide d'une immobilisation qu'à la conclusion du bail commercial sur le local au 1er mars 2020, son local n'ayant ouvert que le 1er juillet 2020 date à laquelle les premiers salaires ont été versés et les premières recettes ont été réalisées au titre de sa nouvelle activité.

4. Toutefois, il résulte de l'instruction que la société a été créée le 9 février 2009, avec pour activité la restauration, ses locaux étant situés à Auxerre. Si la société requérante fait alors valoir qu'elle a transféré son établissement le 30 septembre 2013 à Bagnolet avant de céder son fonds de commerce le 2 juillet 2014 et d'ouvrir un nouvel établissement le 1er juillet 2020 à Malemort, il résulte de l'instruction que, comme l'expose l'administration, pendant toute cette période de 2014 à 2020, la société a continué d'exister juridiquement, le nouvel établissement portant le même numéro Siren. Dès lors, le directeur général des finances publiques n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées en considérant que l'entreprise exploitée par la société requérante avait été créée le 9 février 2009 et non après le 1er mars 2020 et que, par suite, le chiffre d'affaires de référence à prendre en compte pour le calcul de l'aide était celui de l'année 2019, et non comme le soutient la société requérante le chiffre d'affaires moyen réalisé entre le 1er juillet 2020 et le 31 octobre 2020. Or, il résulte de l'instruction que la SARL L'Etoile d'Auxerre n'a déclaré aucun chiffre d'affaires au titre de l'année 2019. Par suite, l'administration n'a pas fait une inexacte application des dispositions citées en refusant à la SARL L'Etoile d'Auxerre, par les décisions des 21 avril 2021, 29 avril 2021, 20 mai 2021, 25 mai 2021 et 16 juillet 2021, l'aide sollicitée.

5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir soulevée en défense, que les conclusions aux fins d'annulation présentées par la SARL L'Etoile d'Auxerre doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er: La requête de SARL L'Etoile d'Auxerre est rejetée.

Article 2: Le présent jugement sera notifié à SARL L'Etoile d'Auxerre et au directeur départemental des finances publiques de la Haute-Vienne.

Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024 où siégeaient :

- M. Revel, président,

- M. Boschet, premier conseiller,

- Mme Chambellant, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 septembre 2024.

La rapporteure,

J. CHAMBELLANT

Le président,

FJ. REVEL

La greffière,

M. A

La République mande et ordonne

au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

Pour la Greffière en Chef,

La Greffière

M. A

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