Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2101299
lundi 6 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2101299 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 août 2021, Mme C B demande au tribunal d'annuler la décision du 1er juillet 2021 par laquelle le directeur régional de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités a refusé de faire droit à sa demande d'autorisation d'apporter une aide à l'exposition, à l'hémostase et à l'aspiration au cours d'interventions chirurgicales.
Elle soutient que :
- la décision est entachée d'une erreur d'interprétation de l'article 2 du décret 2021-97 du 29 janvier 2021 ;
- elle réalise ces actes depuis 23 ans et que par conséquent sa compétence n'est plus à démontrer.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 octobre 2021, la préfète de la région Nouvelle-Aquitaine, préfète de la Gironde, conclut au rejet de la requête.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé ;
- le décret n° 2019-678 du 28 juin 2019 ;
- le décret n° 2021-97 du 29 janvier 2021 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Christophe,
- et les conclusions de M. Slimani, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, retraitée depuis le 1er juillet 2015 de la fonction publique hospitalière comme infirmière diplômée d'Etat, exerce depuis le 1er octobre 2015 à la clinique du Libournais à raison de 5 heures hebdomadaires, tous les vendredis matin. Le 8 mars 2021, elle a sollicité l'autorisation d'apporter, dans les mêmes conditions que celles qui sont applicables à un infirmier de bloc opératoire titulaire du diplôme d'Etat, une aide à l'exposition, à l'hémostase et à l'aspiration au cours d'interventions chirurgicales. Par une décision du 14 juin 2021, le directeur régional de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités a refusé de faire droit à cette demande. La requérante a formé un recours gracieux le 25 juin 2021, lequel a fait l'objet d'un refus par lettre du 1er juillet 2021. La requérante doit être regardée comme demandant l'annulation de ces deux décisions.
2. Aux termes de l'article 1er du décret du 28 juin 2019 relatif aux conditions de réalisation de certains actes professionnels en bloc opératoire par les infirmiers et portant report d'entrée en vigueur de dispositions transitoires sur les infirmiers de bloc opératoire : " Par dérogation aux dispositions du b du 1° de l'article R. 4311-11-1 du code de la santé publique, tout infirmier ou infirmière exerçant des fonctions d'infirmier de bloc opératoire peut apporter, dans les mêmes conditions que celles applicables à l'infirmier ou l'infirmière de bloc opératoire titulaire du diplôme d'Etat de bloc opératoire, une aide à l'exposition, à l'hémostase et à l'aspiration, sous réserve d'être titulaire d'une autorisation à apporter cette aide délivrée par une autorité désignée par arrêté du ministre chargé de la santé. / Cette autorisation est délivrée à titre temporaire dans les conditions de l'article 4 et à titre définitif dans les conditions de l'article 5 ". Selon l'article 2 de ce décret : " I. - Est éligible à la demande de l'autorisation mentionnée au premier alinéa de l'article 1, l'infirmier ou l'infirmière candidat remplissant les conditions suivantes : / 1° Avoir exercé une fonction d'infirmier de bloc opératoire à la date du 31 décembre 2019 depuis une durée d'au moins un an en équivalent temps plein ; / 2° Avoir apporté de manière régulière une aide à l'exposition, à l'hémostase et à l'aspiration au cours d'interventions chirurgicales réalisées pendant cette période ". Il résulte de ces dispositions qu'un infirmier diplômé d'Etat qui sollicite la délivrance d'une autorisation d'apporter, dans les mêmes conditions que celles qui sont applicables à un infirmier de bloc opératoire titulaire du diplôme d'Etat de bloc opératoire, une aide à l'exposition, à l'hémostase et à l'aspiration au cours d'interventions chirurgicales, doit avoir exercé les fonctions d'infirmier de bloc opératoire depuis une durée continue et immédiatement antérieure au 31 décembre 2019 d'au moins un an en équivalent temps plein.
3. Il ressort des pièces du dossier que si, au 31 décembre 2019, Mme B justifie exercer les fonctions d'infirmière de bloc opératoire depuis le 1er octobre 2015 au sein de la clinique du Libournais, sa quotité de travail y est seulement de 5 heures par semaine, les vendredis matin. Si l'intéressée se prévaut de ce qu'elle a exercé durant plus de six années, du 1er janvier 2008 au 30 juin 2015, ces mêmes fonctions au centre hospitalier de Libourne au sein d'un bloc ORL, l'article 2 cité au point précédent conditionne l'autorisation sollicitée à l'exercice durant au moins une année entière et à temps plein à la date du 31 décembre 2019, soit depuis le 31 décembre 2018, sans prise en compte à cette même date d'éventuelles années antérieures d'exercice à temps complet. Au demeurant, le temps de travail de Mme B au sein du centre hospitalier de Libourne était alors de 80 %. Dès lors, elle ne pouvait être regardée, à la date du 31 décembre 2019, comme ayant exercé ces fonctions depuis une durée d'au moins un an en équivalent temps plein. Dans ces conditions, c'est sans commettre d'erreur de droit ou d'erreur de fait que le directeur régional de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités a rejeté la demande de Mme B au motif qu'elle ne remplissait pas la condition prévue au 1° de l'article 2 du décret du 28 juin 2019.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la décision du 1er juillet 2021 doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de Mme B est rejetée.
Article 2:Le présent jugement sera notifié à Mme C B et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités. Une copie en sera adressée pour information au préfet de la Nouvelle-Aquitaine, préfet de la Gironde.
Délibéré après l'audience du 18 avril 2024 où siégeaient :
- M. Artus, président,
- M. Christophe, premier conseiller,
- Mme Chambellant, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 mai 2024.
Le rapporteur,
F. CHRISTOPHE
Le président,
D. ARTUS
La greffière d'audience,
M. A
La République mande et ordonne
à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
La Greffière en Chef
A. BLANCHON
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