Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2101403
jeudi 2 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2101403 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, respectivement enregistrées le 6 septembre 2021 et le 8 décembre 2021, M. C B demande au tribunal d'annuler la décision du 23 août 2021 par laquelle le garde des sceaux, ministre de la justice a décidé son maintien au sein de la maison centrale de Saint-Maur.
Il souhaite vouloir se rapprocher de sa sœur et de sa nièce et se prévaut de son incarcération depuis 27 ans et demi sans aucun jour de sanction de cellule disciplinaire et de 18 ans de travail en atelier.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 mars 2024, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable en raison de la nature de la décision attaquée ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience :
- le rapport de Mme Siquier,
- et les conclusions de Mme Benzaid, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Eu égard à leur nature et à leurs effets sur la situation des détenus, les décisions de changement d'affectation d'une maison centrale vers un autre lieu de détention constituent des mesures d'ordre intérieur insusceptibles de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir, sous réserve que ne soient pas en cause des libertés et des droits fondamentaux des détenus. Doivent être regardées comme mettant en cause des libertés et des droits fondamentaux des détenus les décisions qui portent à ces droits et libertés une atteinte qui excède les contraintes inhérentes à leur détention.
2. M. B, actuellement détenu à la maison centrale de Saint-Maur, a sollicité son changement d'affectation vers quatre établissements pénitentiaires situés dans le Sud Est de la France. Au soutien de ses conclusions à fin d'annulation de la décision du 23 août 2021 par laquelle le garde des sceaux, ministre de la justice, a rejeté cette demande, au motif, notamment, qu'elle n'était appuyée par aucun élément, hormis un justificatif de lien de parenté et une attestation sur l'honneur, le requérant expose qu'il souhaite se rapprocher de sa sœur et de sa nièce résidant dans cette région. Toutefois, le requérant ne prouve pas qu'il entretiendrait des liens avec celles-ci ou qu'il en serait empêché du fait de l'éloignement. Ainsi, par ces seules allégations, il n'établit pas que la décision litigieuse serait de nature à porter atteinte à ses libertés et droits fondamentaux excédant les contraintes inhérentes à sa détention. Dans ces conditions, eu égard à l'absence de mise en cause des libertés et droits fondamentaux du requérant, la décision par laquelle le ministre de la justice a prononcé son maintien à la maison centrale de Saint-Maur constitue une mesure d'ordre intérieur insusceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir.
3. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision du 18 août 2021 par laquelle le garde des sceaux, ministre de la justice a prononcé le maintien de M. B à la maison centrale de Saint-Maur sont irrecevables et doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de M. B est rejetée.
Article 2:Le présent jugement sera notifié à M. C B et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 4 avril 2024 où siégeaient :
- M. Normand, président,
- Mme Siquier, première conseillère,
- Mme Gaullier-Chatagner, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 mai 2024.
La rapporteure,
H. SIQUIER
Le président,
N. NORMAND
La greffière d'audience,
M. A
La République mande et ordonne
au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
La Greffière en Chef
A. BLANCHON
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