Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2200001

jeudi 30 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2200001
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème chambre
Avocat requérantMALABRE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête enregistrée sous le n° 2200001 le 2 janvier 2022, un mémoire enregistré le 21 janvier 2022 et des pièces complémentaires enregistrées respectivement le 7 janvier 2022 et le 22 avril 2024, M. G A D et Mme C G H E agissant en leur nom propre et es qualité de représentants et administrateurs légaux de leur fille B G A D, représentés par Me Malabre, demandent au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 14 septembre 2021 par laquelle la préfète de la Creuse a rejeté la demande d'admission au regroupement familial au bénéfice de Mme G H E et de leur fille, ensemble la décision du 23 novembre 2021 par laquelle la préfète de la Creuse a rejeté leur recours gracieux ;

2°) d'enjoindre à la préfète de la Creuse, à titre principal, d'admettre au regroupement familial Mme G H E et leur fille, à titre subsidiaire de procéder à un nouvel examen de leur demande dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 400 euros à verser à leur conseil, en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'il renonce à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

Ils soutiennent que :

- la décision méconnait les dispositions des articles L. 434-10 et R. 434-13 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en l'absence de toute justification des avis préalables motivés du directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;

- elle porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale protégée par le préambule de la Constitution de 1946, l'article 23 du pacte international relatif aux droits civils et politiques, et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- elle méconnait les dispositions des articles L. 434-7 et L. 434-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que M. A D justifie disposer à la date d'arrivée de son épouse et de sa fille d'un logement de taille suffisante pour les accueillir ;

- la préfète a méconnu l'étendue de ses compétences en l'absence de compétence liée.

Par des mémoires en défense enregistrés les 2 mars 2022, 12 décembre 2023, 22 avril 2024 et 7 mai 2024 non communiqué, la préfète de la Creuse conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

M. A D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 novembre 2021.

La clôture de l'instruction a été fixée au 7 mai 2024.

Les parties ont été informées le 15 avril 2024, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen d'ordre public relevé d'office, tiré d'un non-lieu à statuer sur la requête, laquelle a perdu son objet en cours d'instance en raison de l'admission le 23 mai 2022 de Mme C G H E et de B G A D au bénéfice du regroupement familial.

II. Par une requête enregistrée sous le n° 2200568 le 22 avril 2022 et un mémoire enregistré 23 avril 2024, M. G A D et Mme C G H E agissant en leur nom propre et es qualité de représentants et administrateurs légaux de leur fille B G A D, représentés par Me Malabre, demandent au tribunal :

1°) de condamner l'Etat à verser à M. A D la somme de 11 000 euros, à Mme G H E la somme de 10 000 euros et à leur fille mineure la somme de 5 000 euros en réparation des préjudices en réparation respectivement des troubles dans leurs conditions d'existence et du préjudice moral, et du préjudice matériel qu'ils ont subis du fait, d'une part, du refus de regroupement familial de la préfète de la Creuse en date du 14 septembre 2021, d'autre part, du refus réitéré du 23 novembre 2021 portant rejet de leur recours gracieux, enfin, du délai anormal d'admission au regroupement familial sur leur demande du 28 mars 2021 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 400 euros à verser à leur conseil, en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'il renonce à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

Ils soutiennent que :

- la préfète de la Creuse a commis une première faute en refusant illégalement l'admission au séjour dès lors que :

' la décision méconnait les dispositions des articles L. 434-10, R. 434-13 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en l'absence de toute justification des avis préalables motivés du directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;

' elle porte une atteinte disproportionnée à leur vie privée et familiale protégée par le préambule de la Constitution de 1946, l'article 23 du pacte international relatif aux droits civils et politiques, et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

' elle méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

' elle méconnait les dispositions des articles L. 434-7 et L. 434-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que M. A D justifie disposer à la date d'arrivée de son épouse et de sa fille d'un logement de taille suffisante pour les accueillir ;

' la préfète a méconnu l'étendue de ses compétences en l'absence de compétence liée ;

- la préfète de la Creuse a commis une seconde faute tenant au délai anormal de regroupement familial ;

- ils justifient d'un préjudice moral et d'un préjudice matériel dès lors qu'ils ont subi un trouble anormal dans leurs conditions d'existence, et, spécialement, dans la jouissance de leur droit à une vie privée et familiale normale, au droit au mariage et à vivre comme un couple, fonder une famille, au droit au regroupement familial, garantis notamment par les articles 8 et 12 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; M. A D, réfugié politique ne pouvait rejoindre sa femme et son enfant au Soudan et ne pouvait résider en Egypte où ces derniers demeuraient en l'absence de toute famille et sans pouvoir eux-mêmes retourner au Soudan en raison des hostilités et des violences qui venaient de reprendre ; ils ont vécu en Egypte en l'absence de toute ressources et de logement ; leur fille a été empêchée de grandir auprès de son père ce qui a nui à son développement psycho affectif ; elle n'a pas pu être socialisée en crèche puis scolarisée ;

- ils justifient aussi d'un préjudice matériel dès lors que M. A D était le seul à pouvoir subvenir aux besoins de sa famille et était contraint d'envoyer des fonds à son épouse et à leur enfant, avec le coût que cela suppose ;

- ils sont fondés à demander une indemnité, tous chefs confondus, d'un montant de 11 000 euros au bénéfice de M. A D, de 10 000 euros au bénéfice de Mme G H E et de 5 000 euros au bénéfice de leur enfant mineure.

Par des mémoires en défense enregistrés les 1er juillet 2022, 12 décembre 2023 et 7 mai 2024, non communiqué, la préfète de la Creuse conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

- le préjudice serait lié à un retard de délivrance de visa par le consulat de France au Caire qui relève de la Direction générale des étrangers en France (DGEF) du ministère de l'intérieur et des outre-mer (sous-direction des visas) ; il convient de lui adresser la requête ;

- les moyens dirigés contre l'examen du logement de l'intéressé relèvent de l'Office français de l'immigration et de l'intégration en vertu de l'article R.434-19 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; il convient de lui adresser la requête ;

- aucun des autres moyens de la requête n'est fondé.

La clôture de l'instruction a été fixée au 7 mai 2024 à 17h00.

M. A D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 18 janvier 2022.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Siquier a été entendu au cours de l'audience.

Considérant ce qui suit :

Sur la jonction :

1. Les requêtes n° 2200001 et n° 2200568 présentées par M. A D, Mme G H E agissant en leur nom propre et es qualité de représentants et administrateurs légaux de leur fille mineure sont relatives à la situation des mêmes requérants, présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre afin d'y statuer par un seul jugement.

Sur les conclusions aux fins d'annulation de la décision du 14 septembre 2021 :

2. Il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à l'enregistrement de la requête de M. A D et Mme G H E, la préfète de la Creuse a admis le 28 avril 2022, Mme G H E, épouse de M. A D, et leur fille mineure au bénéfice du regroupement familial. Par suite, les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision du 14 septembre 2021 refusant l'admission de ces dernières au bénéfice du regroupement familial et de la décision du 23 novembre 2023 rejetant leur recours gracieux, ainsi que leurs conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte, sont devenues sans objet. Il n'y a, dès lors, pas lieu d'y statuer.

Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne l'illégalité de la décision du 14 septembre 2021 :

3. M. A D, ressortissant soudanais né en 1994 à Gartara, est selon ses déclarations entré en France le 29 mai 2017 où il a obtenu l'asile le 28 février 2018. Une carte de résident en cette qualité lui a été délivrée le 30 mars 2018. Le 6 avril 2021, il a présenté à l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii) une demande de regroupement familial pour Mme C G H E, qu'il a épousée le 9 janvier 2020 en Egypte, et leur fille mineure, B G A D, née le 10 octobre 2020 à Khartoum, toutes deux de nationalité soudanaise. Les requérants demandent la condamnation de l'Etat à réparer les préjudices qu'ils ont subis du fait, d'une part, du refus de regroupement familial de la préfète de la Creuse en date du 14 septembre 2021, d'autre part, du refus réitéré du 23 novembre 2021 portant rejet de leur recours gracieux, enfin, du délai anormal d'admission au regroupement familial sur leur demande du 28 mars 2021.

4. Aux termes de l'article L. 434-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui en fait la demande est autorisé à être rejoint au titre du regroupement familial s'il remplit les conditions suivantes : / 1° Il justifie de ressources stables et suffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille ; / 2° Il dispose ou disposera à la date d'arrivée de sa famille en France d'un logement considéré comme normal pour une famille comparable vivant dans la même région géographique ; / 3° Il se conforme aux principes essentiels qui, conformément aux lois de la République, régissent la vie familiale en France, pays d'accueil. ".

5. M. A D se prévaut d'un bail locatif à compter du 1er juillet 2021 pour un logement que la maire de Faux la Montagne a estimé conforme aux critères requis pour le regroupement familial, après l'avoir visité le 21 mai 2021, et situé à l'étage immédiatement supérieur dans l'immeuble où il occupait lui-même un appartement, d'une surface insuffisante au regard de ces mêmes critères. Si la préfète fait valoir qu'il n'occupait pas effectivement ce deuxième logement dès lors qu'il avait permis aux anciens locataires d'y demeurer le temps de leur déménagement, il ressort des pièces du dossier, notamment des quittances de loyers produites par le requérant, ainsi que des courriers très circonstanciés de la société civile immobilière A notre guise daté du 4 octobre 2021, de la maire de la commune daté du 3 novembre 2021, et des anciens locataires, daté du 2 novembre 2021, tous adressés à la préfète de la Creuse que M. A D a effectivement loué le logement précité d'une surface de 66 mètres carrés lui permettant d'accueillir sa famille. Dans ces conditions, la préfète ne pouvait se fonder sur les dispositions de l'article L. 434-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour refuser le regroupement familial demandé par M. A D au bénéfice de son épouse et de leur enfant dès lors d'une part, qu'il disposait effectivement d'un logement de taille suffisante au sens des dispositions de cet article à la date d'arrivée en France des membres de sa famille pour lesquelles le regroupement familial est sollicité et, d'autre part, qu'aucune disposition du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'impose au demandeur du regroupement familial qu'il dispose effectivement d'un logement suffisant à la date de la demande.

6. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que la décision du 14 septembre 2021 par laquelle la préfète de la Creuse a rejeté la demande de M. A D d'admission au regroupement familial au bénéfice de Mme G H E et de leur fille, ainsi que la décision du 23 novembre 2021 par lequel la préfète de la Creuse a rejeté son recours sont entachées d'illégalité.

En ce qui concerne la responsabilité pour faute :

7. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 4 et 5 du présent jugement, que la préfète de la Creuse, en refusant à M. A D le 14 septembre 2021 le bénéfice du regroupement familial à son épouse Mme G H E et à leur fille, puis en confirmant ce refus le 23 novembre 2021, a commis une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat envers les intéressés, sans qu'y fasse obstacle la circonstance que la requérante et sa fille n'aient pas sollicité de visa auprès du consulat de France en Egypte dès lors qu'un tel visa ne pouvait être utilement exigé avant l'admission au regroupement familial et qu'un éventuel retard de délivrance d'un tel visa engageait aussi la responsabilité de l'Etat quelle que soit l'autorité en charge du traitement de la demande.

8. En second lieu, il n'est pas nécessaire de statuer sur la faute invoquée par les requérants tirée du délai anormal de traitement de la demande de regroupement familial, ce délai étant au demeurant pris en compte dans l'évaluation des préjudices indemnisables.

En ce qui concerne les préjudices :

9. La faute résultant de l'illégalité des décisions de refus de regroupement familial des 14 septembre 2021, confirmé le 23 novembre 2021, n'est de nature à ouvrir droit à réparation que des préjudices qui sont la conséquence directe de ces décisions illégales et qui sont établis.

10. Le rejet d'une demande de regroupement familial a pour conséquence directe l'impossibilité pour les personnes qu'il vise de venir vivre en France auprès du demandeur. Par suite, le préjudice moral créé par cette situation présente dans son principe un caractère certain.

11. Il ressort des pièces du dossier qu'il s'est écoulé un délai de neuf mois de séparation des époux entre le 1er juillet 2021, date à laquelle M. A D remplit l'entièreté des conditions pour bénéficier du regroupement familial et le 22 avril 2022, date à laquelle ont été admis son épouse et sa fille mineure au bénéfice du regroupement familial. Si les requérants font état des conditions de vie de Mme G H E et de sa fille en Egypte durant cette période, ils ne démontrent pas la précarité dans laquelle elles étaient placées. Dans ces conditions, compte de tenu de l'impossibilité pour la jeune B de pouvoir grandir auprès de ses deux parents alors qu'elle n'était âgée que d'un an, il sera fait une juste appréciation du préjudice moral et des troubles dans les conditions d'existence des requérants en allouant à M. A D la somme de 2 000 euros, à Mme G H E la somme de 1 000 euros et à leur fille mineure B G A D la somme de 1 000 euros.

12. Il résulte de tout ce qui précède que l'Etat doit être condamné à verser à M. A D la somme de 2 000 euros, à Mme G H E la somme de 1 000 euros et à leur fille mineure B G A D la somme de 1 000 euros.

Sur les frais liés à l'instance :

13. M. A D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par des décisions du 23 novembre 2021 et du 18 janvier 2022. Par suite, Me Malabre peut se prévaloir du bénéfice des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à Me Malabre qui renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.

D E C I D E :

Article 1er: Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête n° 2200001.

Article 2 :L'Etat est condamné à verser une somme de 2 000 (deux mille) euros à M. A D en réparation de ses préjudices.

Article 3 :L'Etat est condamné à verser une somme de 1 000 (mille) euros à Mme G H E en réparation de ses préjudices.

Article 4 :L'Etat est condamné à verser une somme de 1 000 (mille) euros à Mlle B G A D en réparation de ses préjudices.

Article 5:L'Etat versera à Me Malabre une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, ce dernier ayant renoncé à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.

Article 6:Le présent jugement sera notifié à M. G A D et Mme C G H E, à Me Malabre, à la préfète de la Creuse, au ministre de l'intérieur et des Outre-mer et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Délibéré après l'audience du 16 mai 2024 où siégeaient :

- M. Normand, président,

- Mme Siquier, première conseillère,

- Mme Gaullier-Chatagner, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mai 2024.

La rapporteure,

H. SIQUIER

Le président,

N. NORMAND

La greffière,

M. F

La République mande et ordonne

au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

Pour le Greffier en Chef

La Greffière

M. F

Nos 2200001,2200568

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