Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2200051
jeudi 12 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2200051 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JUGE UNIQUE A SLIMANI |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 janvier 2022, Mme C A demande au tribunal d'annuler la décision du 16 novembre 2021 par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Haute-Vienne lui a accordé une remise de dette partielle de 447,42 euros sur un indu de 1 789,69 euros au titre de l'aide personnalisée au logement.
Elle soutient que :
- elle n'est pas en mesure de rembourser cette dette ;
- son fils de 8 ans n'a pas été pris en compte dans le calcul de l'aide personnalisée au logement ;
- elle est en arrêt maladie pour dépression.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 août 2022, la caisse d'allocations familiales de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Ahmed Slimani, premier conseiller, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
M. B a présenté son rapport au cours de l'audience publique à laquelle aucune des parties n'était présente ou représentée et à l'issue de laquelle a été prononcée la clôture d'instruction.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A demande l'annulation de la décision du 16 novembre 2021 par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Haute-Vienne lui a accordé une remise de dette partielle de 447,42 euros sur un indu de 1 789,69 euros au titre de l'aide personnalisée au logement.
2. Aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " () Les aides personnelles au logement comprennent : 1° L'aide personnalisée au logement ; () ". Aux termes de l'article L. 823-9 du même code : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés. ". L'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale dispose que : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré, sous réserve que l'allocataire n'en conteste pas le caractère indu (). Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations ".
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire.
4. Il n'est pas contesté que Mme A et son compagnon ont déclaré à tort, au mois de juillet 2021, à la caisse d'allocations familiales (Caf) de la Haute-Vienne des frais réels au lieu de salaires sur leur déclaration de revenus, ce qui a entraîné une régularisation de ses droits laquelle a pris en compte son fils et engendré un indu d'allocation personnalisée au logement de 1 789,69 euros. Par ailleurs, l'intéressée, dont la bonne foi n'est pas contestée par la Caf, a indiqué, sur sa dernière déclaration trimestrielle datée du 2 février 2022, avoir perçu pour le mois de janvier 2022 un total de 1 120 euros de revenus. Son compagnon a déclaré avoir perçu 1 045 euros. Le couple a ainsi perçu 2 165 euros de revenus et a un quotient familial de 902,26 euros. Il résulte de l'instruction que les charges mensuelles du couple à cette date s'élèvent à 894,06 euros, ce qui laisse un revenu disponible de 1 270,94 euros. Par suite, malgré une mesure d'instruction qui lui a été adressée par le tribunal le 23 août 2023 lui demandant de produire tout élément de nature à justifier du montant de ses revenus et de ses charges, Mme A n'établit pas qu'elle serait, à la date du présent jugement, dans une situation de précarité telle qu'elle ne puisse pas faire face au remboursement de l'intégralité de la dette restant à sa charge, selon un échéancier à définir, le cas échéant, avec la caisse d'allocations familiales de la Haute-Vienne.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A soit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de Mme A est rejetée.
Article 2:Le présent jugement sera notifié à Mme C A et à la caisse d'allocations familiales de la Haute-Vienne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 octobre 2023.
Le magistrat désigné,
A. B
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne
à la ministre des solidarités et des familles en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour Le Greffier en Chef,
La Greffière
M. A
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