Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2200090

jeudi 13 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2200090
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème chambre
Avocat requérantMALABRE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés respectivement le 20 janvier 2022 et le 24 mai 2024, M. C A, représenté par Me Malabre, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 28 septembre 2021 en tant que le préfet de la Haute-Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour au titre de son droit au respect de la vie privée et familiale ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Vienne, à titre principal de lui délivrer un titre de séjour et de travail et à titre subsidiaire de procéder au réexamen de sa situation personnelle dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 920 euros au titre des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, à verser à son conseil, ce dernier renonçant à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure en l'absence de saisine de la commission du titre de séjour ;

- elle porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale protégée par le préambule de la Constitution de 1946, l'article 23 du pacte international relatif aux droits civils et politiques, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'erreur d'appréciation.

Par un mémoire en défense enregistré le 7 avril 2022, le préfet de la Haute-Vienne conclut à titre principal au non-lieu à statuer et subsidiairement au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'il a renouvelé la carte de séjour temporaire d'un an portant la mention " étudiant " et qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Par un courrier du 27 mai 2024, les parties ont été informées de ce que le tribunal est susceptible, dans l'affaire citée en référence, sur le fondement de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de relever d'office le moyen tiré d'un non-lieu à statuer sur la requête, laquelle a perdu son objet en cours d'instance en raison de la délivrance à M. A d'un titre de séjour au titre de sa vie privée et familiale.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 novembre 2021.

La clôture de l'instruction a été fixée au 2 mai 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Siquier a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions à fin d'annulation :

1. Il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à l'enregistrement de la requête de M. A, le préfet de la Haute-Vienne a délivré, le 9 mai 2023, à ce dernier un titre de séjour d'une durée de deux ans au titre de sa vie privée et familiale. Par suite, les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision du 28 septembre 2021 en tant que le préfet de la Haute-Vienne a refusé de lui délivrer un titre de séjour au titre de son droit au respect de la vie privée et familiale, ainsi que ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte, sont devenues sans objet. Il n'y a, dès lors, pas lieu d'y statuer.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

2. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme d'argent au titre des frais d'instance.

D E C I D E :

Article 1er: Il n'y a pas lieu de statuer sur la requête de M. A.

Article 2 : Le surplus des conclusions est rejeté.

Article 3:Le présent jugement sera notifié à M. C A, à Me Malabre et au préfet de la Haute-Vienne.

Délibéré après l'audience du 30 mai 2024 où siégeaient :

- M. Normand, président,

- Mme Siquier, première conseillère,

- Mme Gaullier-Chatagner, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juin 2024.

La rapporteure,

H. SIQUIER

Le président,

N. NORMAND

La greffière,

M. B

La République mande et ordonne

au préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

Pour la Greffière en Chef

La Greffière

M. B

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