Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2200156

mardi 13 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2200156
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
FormationJUGE UNIQUE JB BOSCHET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 4 février et 4 juillet 2022, Mme D C demande au tribunal de prononcer la décharge des cotisations de taxe d'habitation et de taxe d'habitation sur les logements vacants auxquelles a été assujettie au titre de l'année 2021 pour trois appartements dont elle est propriétaire situés aux 5 et 7 rue du Murier à Limoges.

Elle soutient que :

- au titre de l'année 2021, elle n'était redevable ni de la taxe d'habitation pour le logement situé au 2ème étage du 5 rue du Murier à Limoges, ni de la taxe d'habitation sur les logements vacants pour les appartements situés au 3ème étage de cette même adresse et au 4ème étage du 7 rue du Murier à Limoges ; elle n'habitait dans aucun de ces appartements, qui étaient uniquement destinés à la location ; le 2ème étage du 5 rue du Murier à Limoges ne pouvait être loué par sécurité compte tenu des travaux réalisés dans le logement du 3ème étage ; s'agissant de ce logement situé au 3ème étage, il a subi d'importants travaux caractérisés par une " reconstruction intégrale du mur mitoyen au niveau [de la] salle de bain " ; s'agissant du 4ème étage du 7 rue du Murier à Limoges, il a été loué à compter de juillet 2021 et, avant ça, a subi " un toilettage peinture par [ses] soins " ;

- il appartiendra à l'administration d'apporter les raisons expliquant que les logements des 2ème et 3ème étages du 5 rue du Murier à Limoges, qui disposent pourtant d'une même surface, se sont vu imposer différemment à hauteur de 525 euros et de 377 euros.

Par des mémoires en défense enregistrés les 10 juin et 26 juillet 2022, la directrice départementale des finances publiques de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête comme non-fondée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique à laquelle aucune des parties n'était présente ou représentée.

Considérant ce qui suit :

1. Domiciliée à Panazol, Mme C est propriétaire de trois appartements situés aux 2ème et 3ème étages du 5 rue du Murier à Limoges et au 4ème étage du 7 de cette même rue. Au titre de l'année 2021, elle a, s'agissant du logement situé au 2ème étage du 5 rue du Murier à Limoges, été assujettie, selon un avis d'impôt mentionnant ce logement comme une résidence secondaire (" nature S "), à une taxe d'habitation d'un montant de 525 euros. S'agissant des deux autres logements dont elle est propriétaire, elle a été assujettie à une taxe d'habitation sur les logements vacants pour des montants de 377 euros pour le 3ème étage du 5 rue du Murier à Limoges et de 360 euros pour le 4ème étage du 7 de la même rue. Par cette requête, Mme C, dont la réclamation contentieuse préalable du 22 novembre 2021 a été rejetée par une décision du 17 janvier 2022, demande au tribunal de prononcer la décharge de ces cotisations de taxe d'habitation et de taxe d'habitation sur les logements vacants.

Sur les cotisations de taxe d'habitation relatives à l'appartement situé au 2ème étage du 5 rue du Murier à Limoges :

2. Aux termes de l'article 1407 du code général des impôts, dans sa version applicable au litige : " I. - La taxe d'habitation est due : / 1° Pour tous les locaux meublés affectés à l'habitation ". Selon l'article 1408 de ce code : " I. - La taxe est établie au nom des personnes qui ont, à quelque titre que ce soit, la disposition ou la jouissance des locaux imposables ".

3. En se bornant à indiquer, au demeurant sans l'établir, qu'elle n'habitait pas dans cet appartement situé au 2ème étage du 5 rue du Murier à Limoges au 1er janvier 2021, que ce logement était " destiné à la location " et qu'il n'aurait selon elle pu être loué " par sécurité " compte tenu des travaux réalisés dans le logement situé au 3ème étage, Mme C ne soulève pas de moyen de nature à remettre en cause qu'elle était bien redevable de la taxe d'habitation au titre de l'année 2021, en particulier que ce logement constituait un local meublé affecté à l'habitation et qu'elle en avait la disposition et la jouissance. Dans ces conditions, en l'état des seuls arguments développés, et alors qu'elle n'établit ni même n'allègue qu'elle entrait dans une des hypothèses d'exonérations ou de dégrèvements d'office prévus aux articles 1413 bis et suivants du code général des impôts, Mme C n'est pas fondée à demander la décharge des cotisations de taxe d'habitation mises à sa charge au titre de l'année 2021 à raison de l'appartement situé au 2ème étage du 5 rue du Murier à Limoges.

Sur les cotisations de taxe d'habitation sur les logements vacants relatives aux deux autres appartements situés aux 5 et 7 rue du Murier à Limoges :

4. Aux termes de l'article 1407 bis du code général des impôts : " Les communes autres que celles visées à l'article 232 peuvent, par une délibération prise dans les conditions prévues à l'article 1639 A bis, assujettir à la taxe d'habitation, pour la part communale et celle revenant aux établissements publics de coopération intercommunale sans fiscalité propre, les logements vacants depuis plus de deux années au 1er janvier de l'année d'imposition. La vacance s'apprécie au sens des V et VI de l'article 232 ". Selon l'article 1408 de ce code : " () Toutefois, pour l'imposition mentionnée à l'article 1407 bis, la taxe est établie au nom du propriétaire, de l'usufruitier, du preneur du bail à construction ou à réhabilitation ou de l'emphytéote qui dispose du local depuis le début de la période de vacance ". Aux termes de l'article 232 du même code : " VI. - La taxe n'est pas due en cas de vacance indépendante de la volonté du contribuable ".

5. Il appartient au contribuable d'établir que la vacance de son logement a été indépendante de sa volonté, eu égard notamment à la nécessité de travaux pour rendre le logement habitable ou à l'impossibilité de le louer malgré des démarches engagées en ce sens.

6. Par les seuls éléments qu'elle produit, la requérante n'établit pas qu'au 1er janvier 2021, et au cours des deux années précédant cette date, les appartements situés au 3ème étage du 5 rue du Murier à Limoges et au 4ème étage du 7 de cette rue n'auraient, compte tenu notamment de travaux qui y auraient été effectués, pas été habitables. Par ailleurs, Mme C, qui pour justifier de démarches qu'elle aurait accomplies pour tenter de trouver des locataires pour le second de ces deux logements s'était bornée à transmettre au service un mandat de gestion non daté au profit de la société Orpi ne précisant aucunement les conditions auxquelles ce bien était offert à la location, ne peut être regardée comme ayant effectivement mené des démarches suffisamment sérieuses et concrètes, tels que la publication régulière d'annonces ou le recours au service de plusieurs agences immobilières, pour que ces deux appartements soient loués pendant les deux années précédant le 1er janvier 2021. Mme C n'apporte pas non plus d'élément de nature à démontrer que les conditions de location de ces logements, et en particulier le prix du loyer, auraient été conformes au marché. Dans ces conditions, la vacance de ces deux logements pendant au moins les deux années précédant le 1er janvier 2021 ne peut être regardée comme indépendante de la volonté du contribuable. Il s'ensuit que c'est à bon droit que l'administration fiscale a assujetti Mme C à la taxe d'habitation sur les logements vacants au titre de l'année 2021 à raison des appartements dont elle est propriétaire situés au 3ème étage du 5 rue du Murier à Limoges et au 4ème étage du 7 de la même rue.

7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de Mme C tendant à la décharge des cotisations de taxe d'habitation et de taxe d'habitation sur les logements vacants auxquelles a été assujettie au titre de l'année 2021 pour les trois appartements dont elle est propriétaire situés aux 5 et 7 rue du Murier à Limoges doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D C et à la directrice départementale des finances publiques de la Haute-Vienne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 février 2024.

Le magistrat désigné,

J.B. B

La greffière,

G. JOURDAN-VIALLARD

La République mande et ordonne

au ministre de l'économie, des finances et de la solidarité industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

Pour le Greffier en Chef

La greffière,

M. A

mf