mardi 2 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2200272 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | RACINE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 février 2022 sous le n° 2200272, la SAS ECOLIM, représentée par Me Ledoux demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du ministre de l'agriculture et de l'alimentation du 20 décembre 2021 portant retrait de la reconnaissance de la société en qualité d'organisation de producteurs dans le secteur des fruits et légumes ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La société soutient que :
- l'arrêté du 20 décembre 2021 est entaché d'un défaut de base légale dès lors qu'il repose sur l'article 115 du règlement (UE) n°543/2011 de la Commission européenne du 7 juin 2011 qui a été abrogé par l'article 79 du règlement délégué (UE) 2017/891 de la Commission du 13 mars 2017 ;
- cet arrêté ne pouvait retenir à bon droit un motif tiré d'une fraude établie ;
- elle n'a commis aucune fraude.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 février 2023, le ministre de l'agriculture, et de la souveraineté alimentaire conclut au rejet de la requête comme non fondée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le règlement (CE) n° 2200/96 du conseil du 28 octobre 1996 portant organisation commune des marchés dans le secteur des fruits et légumes ;
- le règlement (UE) n° 543/2011 de la commission du 7 juin 2011 ;
- le règlement d'exécution (UE) n° 404/2011 de la Commission du 8 avril 2011 portant modalités d'application du règlement (CE) n° 1224/2009 du Conseil instituant un régime communautaire de contrôle afin d'assurer le respect des règles de la politique commune de la pêche ;
- le règlement délégué (UE) 2017/891 de la Commission du 13 mars 2017 complétant le règlement (UE) n°1308/2013 du Parlement européen et du Conseil en ce qui concerne les secteurs des fruits et légumes et des produits transformés à base de fruits et légumes ainsi que le règlement (UE) n°1306/2013 du Parlement européen et du Conseil en ce qui concerne les sanctions à appliquer dans ces secteurs et modifiant le règlement d'exécution (UE) n° 543/2011 de la Commission ;
- le code rural et de la pêche maritime ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Martha,
- et les conclusions de M. Houssais, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La SAS ECOLIM, dont le siège est situé à Vignols (19130) a été reconnue par un arrêté du 6 septembre 2010 organisation de producteurs de fruits et de légumes au sens du droit de l'Union européenne. A la suite de la constatation par FranceAgriMer d'une fraude dans le cadre de la demande d'aide au titre du fonds opérationnel 2018, le ministre de l'agriculture et de l'alimentation a, par un arrêté du 20 décembre 2021, prononcé le retrait de cette reconnaissance en qualité d'organisation de producteurs. La SAS ECOLIM demande l'annulation de cet arrêté.
2. En premier lieu, il ne ressort pas des termes de l'arrêté en litige, lequel vise le règlement (UE) n° 543/2011 de la Commission du 7 juin 2011 portant modalités d'application du règlement (UE) n° 1308/2013 en ce qui concerne le secteur des fruits et légumes et des fruits et légumes transformés mais aussi le règlement délégué (UE) 2017/891 de la Commission du 13 mars 2017 complétant le règlement (UE) n° 1308/2013 ainsi que le règlement (UE) n° 1306/2013 du Parlement européen et du Conseil et modifiant le règlement d'exécution (UE) n° 543/2011 de la Commission, que le ministre se serait fondé à tort sur l'article 115 du règlement d'exécution (UE) n°543/2011, abrogé par l'article 79 du règlement délégué n° 2017/891. A cet égard, la seule circonstance que le courrier de notification de cet arrêté, rédigé le 14 janvier 2022, mentionne à tort l'article 115 susmentionné n'est pas de nature à établir que le ministre se serait fondé, à la date à laquelle il a pris son arrêté, sur cette disposition juridique inapplicable.
3. En deuxième lieu, le paragraphe 4 de l'article 154 du règlement (UE)1308/2013 dispose que : " 4. Les États membres : / ()/ b) effectuent, à des intervalles déterminés par eux, des contrôles pour s'assurer que les organisations de producteurs reconnues respectent les dispositions du présent chapitre;/ c) imposent à ces organisations et associations les sanctions applicables et déterminées par eux en cas de non-respect ou d'irrégularités dans l'application des mesures prévues par le présent chapitre et décident si nécessaire, du retrait de la reconnaissance ;/ () ". Le paragraphe 2 de l'article 60 du règlement délégué (UE) 2017/891 susvisé dispose que : " 2. Sans préjudice des autres sanctions applicables en vertu de la législation de l'Union et de la législation nationale, s'il est établi qu'une organisation de producteurs ou une association d'organisations de producteurs a commis une fraude en rapport avec l'aide couverte par le règlement (UE) n°1308/2013, les États membres : / a) retirent la reconnaissance de cette organisation ou association;/ () ".
4. D'une part, et tout d'abord, la société requérante ne peut utilement invoquer les dispositions de l'article 115 du règlement (UE) n° 543/2011 qui n'étaient plus applicables à la date de l'arrêté contesté. Ensuite, contrairement à ce qui est soutenu par cette société, le ministre tirait des dispositions du paragraphe 2 de l'article 60 du règlement délégué 2017/891 la faculté de retenir l'existence d'une fraude établie pour retirer sa reconnaissance en qualité d'organisation de producteurs.
5. D'autre part, le ministre s'est fondé, pour retenir l'existence d'une fraude, sur les constatations faites lors d'un contrôle effectué le 12 juillet 2019 sur cette société par FranceAgriMer ainsi que sur une décision de ce même organisme du 11 décembre 2019 ayant retenu l'existence d'une fraude, prononcé l'inéligibilité au titre de ce fonds des dépenses relatives aux mesures 1.2.9 et 3.4.8, décidé du non-paiement de l'aide au titre de 2018 et de l'exclusion de cette organisation de producteurs du soutien au titre du fonds opérationnel 2019. Pour les mêmes motifs que ceux retenus par le tribunal dans son jugement n° 200235 du 9 février 2023 devenu définitif, notamment dans son point 12, il y a lieu de tenir pour établie la fraude commise par la SAS requérante dans la demande d'aide qu'elle a formulée au titre du fonds opérationnel pour l'année 2018. Dans ces conditions, le ministre était fondé, eu égard aux dispositions citées au point 3, à retirer la reconnaissance en qualité d'organisation de producteurs à la SAS ECOLIM au motif qu'elle avait commis une fraude.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions en annulation présentées par la SAS ECOLIM à l'encontre de l'arrêté du 20 décembre 2021 du ministre de l'agriculture et de l'alimentation doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SAS ECOLIM est rejetée.
Article 2:Le présent jugement sera notifié à la SAS ECOLIM, et au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire.
Délibéré après l'audience du 19 mars 2024 à laquelle siégeaient :
- M. Artus, président,
- M. Crosnier, premier conseiller,
- M. Martha, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 avril 2024.
Le rapporteur,
F. MARTHA
Le président,
D. ARTUS
La greffière en chef,
A. BLANCHON
La République mande et ordonne
au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
La greffière en chef,
A. BLANCHON
2
mf
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026