Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2200509
mardi 4 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2200509 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | JUGE UNIQUE F MARTHA |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 11 avril 2022, 9 juin 2022 et 31 octobre 2022, M. et Mme C A demandent au tribunal de les décharger de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle ils ont été assujettis au titre de l'année 2021 à raison de deux biens qu'ils possèdent sise 80 et 80 bis rue de Babylone à Limoges. Ils demandent également la réduction ou la décharge de la cotisation de taxe foncière à laquelle ils ont été assujettis pour l'année 2022.
Ils soutiennent que :
- il n'y a pas deux maisons mais une seule ;
-la maison située 80 rue de Babylone et le bien situé 80 bis sont tous les deux vacants depuis octobre 2021 ;
- ils n'ont pas bénéficié pour la taxe foncière 2022 du dégrèvement dont ils avaient bénéficié pour leur cotisation au titre de l'année 2021.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 10 octobre 2022 et le 23 avril 2024, la directrice départementale des finances publiques de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête comme non fondée.
Un mémoire produit par la direction départementale des finances publiques a été produit le 5 janvier 2023 qui a été enregistré sans être communiqué.
Un mémoire produit par M. et Mme A a été enregistré le 13 mai 2024 sans être communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Martha, premier conseiller, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Martha, magistrat désigné a été entendu au cours de l'audience publique à laquelle aucune des parties n'était présente ou représentée.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme A sont propriétaires de deux biens sise 80 et 80 bis rue de Babylone à Limoges. Un avis de taxe foncière leur a été adressé au titre de l'année 2021 pour ces biens pour un montant de 2 662 euros, l'administration ayant considéré que deux maisons existaient sur la parcelle. Un dégrèvement d'un montant de 100 euros a été accordé le 17 novembre 2021, portant le montant de la taxe foncière à 2 552 euros. Par une réclamation du 7 février 2022, qui a été rejetée le 30 mars suivant, les intéressés ont sollicité le dégrèvement de cette taxe. M. et Mme A demandent au tribunal de les décharger de cette cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties. Ils demandent également, par leurs écritures du 26 octobre 2022, la décharge ou la réduction de la taxe foncière au titre de l'année 2022.
Sur l'imposition au titre de 2021 :
En ce qui concerne l'étendue du litige :
2. Il résulte de l'instruction que le 19 avril 2022 un dégrèvement a été accordé au bénéfice des requérants pour un montant de 201 euros. Il n'y ainsi plus lieu à statuer que sur la décharge demandée à hauteur d'une somme de 2 361 euros.
En ce qui concerne les conclusions aux fins de décharge :
3. En premier lieu, aux termes de l'article 1380 du code général des impôts : " La taxe foncière est établie annuellement sur les propriétés bâties sises en France à l'exception de celles qui en sont expressément exonérées par les dispositions du présent code. ".
4. Il résulte de l'instruction qu'au plan cadastral il existe bien deux bâtiments séparés, ce que corrobore le dépôt par les requérants, à la demande de l'administration, de deux déclarations H1. A cet égard, le rapport d'expertise produit par les requérants évoque la présence au 80 bis rue de Babylone d'une " maison individuelle " d'une surface de 121 m2, sans qu'il ne résulte de l'instruction que ce bien serait une " structure légère " comme l'allèguent les requérants. En outre, il résulte de cette même instruction que les requérants, qui reconnaissent que ce bien est pourvu d'eau et d'électricité, ont habité dans ce logement pendant plusieurs mois entre janvier 2020 et août 2021. Dans ces conditions, et alors que par les éléments qu'ils apportent les requérants ne justifient pas de ce que ce bien serait concerné par l'une des exceptions auquel renvoie l'article 1380 du code général des impôts cité au point 3, l'administration était fondée à assujettir le bien situé au 80 sise rue de Baylone à la taxe foncière pour l'année 2021, la circonstance que ce bien ait servi par le passé d'entrepôt et soit vétuste du fait de sa toiture et de son classement énergétique, étant à cet égard sans incidence.
5. En second lieu, aux termes de l'article 1415 du code général des impôts : " La taxe foncière sur les propriétés bâties, la taxe foncière sur les propriétés non bâties et la taxe d'habitation sont établies pour l'année entière d'après les faits existants au 1er janvier de l'année de l'imposition. " Aux termes l'article 1389 du même code : " I. Les contribuables peuvent obtenir le dégrèvement de la taxe foncière en cas de vacance d'une maison normalement destinée à la location ou d'inexploitation d'un immeuble utilisé par le contribuable lui-même à usage commercial ou industriel, à partir du premier jour du mois suivant celui du début de la vacance ou de l'inexploitation jusqu'au dernier jour du mois au cours duquel la vacance ou l'inexploitation a pris fin. Le dégrèvement est subordonné à la triple condition que la vacance ou l'inexploitation soit indépendante de la volonté du contribuable, qu'elle ait une durée de trois mois au moins et qu'elle affecte soit la totalité de l'immeuble, soit une partie susceptible de location ou d'inexploitation séparée. ".
6. Les dispositions précitées du code général des impôts subordonnent le dégrèvement de la taxe foncière sur les propriétés bâties à la condition, notamment, que la vacance de l'immeuble normalement destiné à la location ou l'inexploitation de l'immeuble utilisé par le contribuable lui-même à usage commercial ou industriel soit indépendante de la volonté du propriétaire. Le caractère involontaire de la vacance s'apprécie eu égard aux circonstances dans lesquelles cette vacance est intervenue et aux démarches accomplies par le propriétaire, selon les possibilités qui lui étaient offertes, en fait comme en droit, pour la prévenir ou y mettre fin.
7. Les requérants soutiennent que les deux biens en litige sont vacants depuis août 2021 pour le bien situé 80 bis et octobre 2021 pour le bien situé 80 rue de Babylone. Toutefois, par les éléments qu'ils produisent, les requérants, qui ne justifient que de visites postérieures à la fin de l'année 2021 et d'une expertise du 19 avril 2022 et alors qu'il n'est pas contesté que la propriété en cause n'a été mise en vente que le 2 février 2022, ne démontrent pas qu'ils auraient engagé des diligences suffisantes pour trouver un locataire ou un acheteur au cours de l'année 2021. Par suite, ils n'établissement pas que la vacance de leurs biens, pour la portion de l'année considérée, résulterait d'une circonstance indépendante de leur volonté. Ainsi, M. et Mme A, qui ne peuvent utilement se prévaloir de la modestie de leurs revenus ni de l'état du bien situé 80 bis rue de Babylone qui le rendrait impropre à la location, ne remplissent pas les conditions prévues au I de l'article 1389 du code général des impôts de sorte qu'ils ne sont pas fondés à solliciter la décharge de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle ils ont été assujettis pour l'année 2021.
Sur l'imposition au titre de la taxe foncière pour 2022 :
8. En se bornant aux termes de leurs écritures du 26 octobre 2022 à contester le montant de leur taxe foncière au titre de l'année 2022 au seul motif qu'ils n'ont pas bénéficié du dégrèvement obtenu en 2021, les demandeurs, qui ne justifient au demeurant pas avoir adressé une réclamation contentieuse à l'administration fiscale concernant cette année d'imposition, ne mettent pas le tribunal en mesure de statuer sur leurs prétentions.
9. Par suite, les conclusions aux fins de décharge présentées par M. et Mme A doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er: Il n'y a pas lieu à statuer sur la somme de 210 euros de taxe foncière au titre de l'année 2021 qui a fait l'objet d'un dégrèvement le 19 avril 2022.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme C A et à la directrice départementale des finances publiques de la Haute-Vienne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juin 2024.
Le magistrat désigné,
F. MARTHA
La greffière,
M. B
La République mande et ordonne
au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour Le Greffier en Chef
La greffière,
M. B
mf
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