Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2200510

mardi 7 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2200510
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
FormationJUGE UNIQUE JB BOSCHET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces enregistrées les 11 avril 2022 et 25 octobre 2022, M. A D demande au tribunal de prononcer la décharge des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles il a été assujetti au titre des années 2020 et 2021 en raison d'un local commercial dont il est propriétaire situé au 3 rue A Brac à Lussac-les-Eglises, pour un montant global de 2 167 euros.

Il soutient que :

- il remplissait les conditions pour bénéficier d'une exonération de taxe foncière sur les propriétés bâties en application du I de l'article 1389 du code général des impôts ;

- en vertu de la réponse ministérielle à M. B, sénateur, publiée au Journal Officiel du 22 mai 2003, il est fondé à demander le bénéfice de cette exonération dans la mesure où, à compter de l'année 2010, année à partir de laquelle le local commercial qu'il avait utilisé lui-même jusqu'en 2005 n'a plus été exploité par la société locataire, a été mis en location avec l'ensemble du matériel nécessaire à l'exploitation.

Par des mémoires en défense enregistrés les 3 octobre 2022 et 21 mars 2023, la directrice départementale des finances publiques de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête comme non-fondée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. D demande au tribunal de prononcer la décharge des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles il a été assujetti au titre des années 2020 et 2021 en raison d'un local commercial dont il est propriétaire situé au 3 rue A Brac à Lussac-les-Eglises, pour un montant global de 2 167 euros.

Sur l'application de la loi fiscale :

2. Aux termes de l'article 1389 du code général des impôts : " I. - Les contribuables peuvent obtenir le dégrèvement de la taxe foncière en cas de vacance d'une maison normalement destinée à la location ou d'inexploitation d'un immeuble utilisé par le contribuable lui-même à usage commercial ou industriel, à partir du premier jour du mois suivant celui du début de la vacance ou de l'inexploitation jusqu'au dernier jour du mois au cours duquel la vacance ou l'inexploitation a pris fin. / Le dégrèvement est subordonné à la triple condition que la vacance ou l'inexploitation soit indépendante de la volonté du contribuable, qu'elle ait une durée de trois mois au moins et qu'elle affecte soit la totalité de l'immeuble, soit une partie susceptible de location ou d'exploitation séparée ".

3. Le dégrèvement prévu par ces dispositions en cas d'inexploitation d'un immeuble à usage commercial ou industriel est expressément subordonné par cet article à la condition que ce bâtiment ait été utilisé par le propriétaire de l'immeuble dans le cadre de son activité industrielle ou commerciale. Un immeuble à usage industriel ou commercial donné en location par un contribuable, propriétaire de cet immeuble, ne saurait être regardé comme utilisé par le contribuable lui-même. Dans ces conditions, en dépit de la circonstance, à la supposer établie, que les locaux loués auraient été dotés du matériel nécessaire à l'exploitation, M. D ne peut prétendre, sur le fondement des dispositions du I de l'article 1389 du code général des impôts, au bénéfice de l'exonération qu'elles prévoient, dès lors qu'il résulte de l'instruction qu'il a donnés les locaux en litige en location à la société Boulangerie Bavay antérieurement à leur inexploitation consécutive à la liquidation et la fin d'activité de cette société, et ne les utilisaient donc pas lui-même.

Sur l'interprétation administrative de la loi fiscale :

4. Aux termes du second alinéa de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales : " Lorsque le redevable a appliqué un texte fiscal selon l'interprétation que l'administration avait fait connaître par ses instructions ou circulaires publiées et qu'elle n'avait pas rapportée à la date des opérations en cause, elle ne peut poursuivre aucun rehaussement en soutenant une interprétation différente () ".

5. Si M. D invoque la réponse ministérielle à M. B, sénateur, publiée au Journal Officiel du 22 mai 2003, selon laquelle le propriétaire d'un local commercial inexploité peut obtenir le dégrèvement de la taxe foncière sur les propriétés bâties dès lors qu'avant l'arrêt de l'exploitation, il utilisait lui-même l'immeuble ou donnait en location ces locaux munis du matériel nécessaire à leur exploitation, le refus de dégrèvement de la taxe foncière sur les propriétés bâties en cas de vacance ou d'inexploitation, dont tout contribuable peut demander à bénéficier en application des dispositions précitées du I de l'article 1389 du code général des impôts, ne constitue pas un rehaussement des impositions mises à sa charge. Dans ces conditions, le requérant ne peut utilement en invoquer le bénéfice sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales.

6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. D tendant à la décharge des cotisations de taxe foncières sur les propriétés bâties auxquelles il a été assujetti au titre des années 2020 et 2021 en raison d'un local commercial dont il est propriétaire situé au 3 rue A Brac à Lussac-les-Eglises doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et à la directrice départementale des finances publiques de la Haute-Vienne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mai 2024.

Le rapporteur, La greffière en chef

J.B. C A. BLANCHON

La greffière en chef,

A. BLANCHON

La République mande et ordonne

au ministre de l'économie, des finances et de la solidarité industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

La greffière en chef,

A. BLANCHON

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