mardi 7 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2200897 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SEBAN AUVERGNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 28 juin 2022 et le 26 septembre 2022, Mme F C, représentée par Me des Champs de Verneix, demande au tribunal :
1°) de condamner le centre hospitalier de Guéret à lui verser la somme de 23 070 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait des manquements commis par cet établissement dans le cadre de la prise en charge de son accouchement le 25 février 2018 ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Guéret la somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les dépens.
Elle soutient que la prise en charge de son accouchement par le centre hospitalier de Guéret est à l'origine de préjudices physiques et psychologiques dont il sera fait une juste réparation en l'indemnisant à hauteur de :
- 2 190 euros au titre de son déficit fonctionnel temporaire ;
- 15 000 euros au titre des souffrances endurées ;
- 5 880 euros au titre de son déficit fonctionnel permanent.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 juillet 2022, le centre hospitalier de Guéret, représenté par la Selas Seban Auvergne, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la prise en charge de Mme C s'est déroulée selon les règles de l'art ;
- les souffrances et le déficit fonctionnel permanent de Mme C sont dus à la nature même de l'accouchement et non à une carence fautive de sa part.
La procédure a été communiquée à la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de la Charente-Maritime, qui n'a pas produit de mémoire.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- l'ordonnance du 17 septembre 2021, par laquelle le président du tribunal a taxé les frais de l'expertise réalisée par le professeur E.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Crosnier,
- les conclusions de M. Houssais, rapporteur public,
- et les observations de Me des Champs de Verneix, représentant Mme C, et de Me Bardy, représentant le centre hospitalier de Guéret.
Considérant ce qui suit :
1. Mme F C, alors âgée de 27 ans, s'est présentée au terme de sa première grossesse au centre hospitalier de Guéret le 24 février 2018. La sage-femme qui l'a examinée a procédé à un décollement des membranes et Mme C a regagné son domicile. Le même jour, après avoir perdu les eaux, Mme C est retournée au centre hospitalier de Guéret à 23 heures 30 et a été prise en charge par le service de gynécologie obstétrique. Une anesthésie péridurale a été rapidement installée. A 5 heures 30, la présentation de l'enfant en situation postérieure était constatée et, à 7 heures, l'obstétricien de garde est intervenu pour une tentative d'extraction par ventouse, sans succès. Une césarienne a alors été engagée, malgré l'absence d'efficacité de la rachianesthésie réalisée à 8 heures 17 et l'enfant a été extrait sans séquelle à 8 heures 30. L'anesthésie générale de la patiente n'a été induite qu'après l'extraction de l'enfant. Lors de l'intervention, Mme C a subi une déchirure de l'isthme utérin réparée avec réalisation d'une suture en trois plans. Elle est sortie du centre hospitalier de Guéret avec son enfant le 4 mars 2018.
2. Estimant avoir beaucoup souffert lors de la césarienne, réalisée sans anesthésie efficace, ne pas avoir reçu d'information sur son déroulement ni sur les risques que la déchirure isthmique lui ferait courir en cas de nouvelle grossesse, elle a formé une demande indemnitaire auprès du centre hospitalier de Guéret le 17 décembre 2021. Face au silence de cet établissement, elle demande au tribunal de le condamner à lui verser la somme globale de 23 070 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis.
Sur la responsabilité du centre hospitalier de Guéret :
3. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute ".
4. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise du professeur E, que les soins prodigués par l'équipe obstétricale du centre hospitalier de Guéret ont été pertinents, la césarienne étant justifiée par l'absence de progression du mobile fœtal et l'échec de rotation par ventouse. Si Mme C soutient que l'anesthésie réalisée lors de la césarienne a été trop tardive, l'expert relève que l'incision n'ayant pas été perçue, la douleur s'est manifestée essentiellement lors de l'extraction fœtale dont la difficulté s'explique notamment par les caractéristiques de la patiente, la présentation postérieure fœtale, le poids de 4 000 grammes de l'enfant, et la durée du deuxième stade de travail, ne permettant pas de s'arrêter pour permettre à l'anesthésiste de réaliser une anesthésie générale. La déchirure isthmique due quant à elle à la manipulation de la tête fœtale lors de l'extraction et à la tentative de version par manœuvre interne a été correctement gérée par le docteur B, obstétricien de garde. Dans ces conditions, aucune faute médicale ne peut être retenue à l'encontre du centre hospitalier de Guéret lors de l'accouchement de Mme C le 25 février 2018.
5. Par ailleurs, Mme C reproche au docteur B de ne pas l'avoir tenue informée du déroulement de l'accouchement et des risques encourus en cas de deuxième grossesse. D'une part, dans le contexte d'urgence de l'accouchement décrit au point précédent et alors qu'elle avait été tenue informée de la décision d'enclencher une césarienne, aucun défaut d'information ne peut être retenu à l'encontre de l'obstétricien lié aux difficultés exceptionnelles nécessitant une intervention urgente au deuxième stade de l'accouchement, même si la requérante a pu percevoir une certaine agitation autour d'elle marquée par des propos parfois vifs et directs. D'autre part, si Mme C soutient que le défaut d'information sur les conséquences de la déchirure isthmique ne lui ont pas été communiquées par le docteur B, elle a été reçue un an après par son successeur, le docteur A, lequel l'a informée du compte rendu de la césarienne, de l'existence de la déchirure isthmique et des séquelles irréversibles de l'utérus rendant problématique une future grossesse et elle n'établit pas, en tout état de cause, de lien direct entre la réparation des préjudices qu'elle sollicite et la tardiveté de cette information.
6. Il résulte de ce qui précède qu'en l'absence de faute de nature à engager la responsabilité du centre hospitalier de Guéret, les conclusions indemnitaires de Mme C doivent être rejetées.
Sur les frais d'expertise :
7. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties ".
8. Les frais et honoraires de l'expertise judiciaire réalisée par le professeur E, taxés et liquidés à la somme de 1 450 euros par une ordonnance du 17 septembre 2021 du président du tribunal administratif de Limoges, sont mis à la charge définitive de Mme C, qui est la partie perdante dans la présente instance.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise, à ce titre, à la charge du centre hospitalier de Guéret, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er :La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Les frais et honoraires de l'expertise judiciaire réalisée par le Professeur E, taxés et liquidés à la somme de 1 450 (mille quatre cent cinquante euros) euros par une ordonnance du 17 septembre 2021 du président du tribunal administratif de Limoges, sont mis à la charge définitive de Mme C.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme F C, au centre hospitalier de Guéret et à la caisse primaire d'assurance maladie de la Charente-Maritime. Une copie en sera adressée pour information au professeur D E, expert.
Délibéré après l'audience du 16 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Artus, président,
M. Crosnier, premier conseiller,
M. Boschet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mai 2024
Le rapporteur,
Y. CROSNIER
Le président,
D. ARTUS La greffière en chef,
A. BLANCHON
La République mande et ordonne
au préfet de la Creuse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
La greffière en chef,
A. BLANCHON
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026