Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2201137

jeudi 8 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2201137
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationJUGE UNIQUE A SLIMANI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 8 août et le 29 août 2022, M. D C A demande au tribunal d'annuler la décision du 13 juin 2022 par laquelle le président du conseil départemental de la Corrèze a rejeté sa demande de remise de dette d'un montant de 1 491,03 euros au titre d'un trop-perçu de revenu de solidarité active.

Il soutient qu'il est dans une situation financière difficile qui ne lui permet pas de rembourser l'indu contesté.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 septembre 2023, le département de la Corrèze conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Ahmed Slimani, premier conseiller, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

M. E a présenté son rapport au cours de l'audience publique à laquelle aucune des parties n'était présente ou représentée et à l'issue de laquelle a été prononcée la clôture d'instruction.

Considérant ce qui suit :

1. M. D C A demande l'annulation de la décision du 13 juin 2022 par laquelle le président du conseil départemental de la Corrèze a rejeté sa demande de remise de dette d'un montant de 1 491,03 euros au titre d'un trop-perçu de revenu de solidarité active.

2. En vertu des dispositions combinées des articles L. 262-1, L. 262-13, L. 262-16, L. 262-25 et L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, le revenu de solidarité active, qui a pour objet d'assurer à ses bénéficiaires des moyens convenables d'existence, de lutter contre la pauvreté et de favoriser l'insertion sociale et professionnelle, est attribué par le président du conseil départemental ou, par délégation, par les caisses d'allocations familiales et par les caisses de mutualité sociale agricole, lesquelles en assurent également le service et le contrôle dans des conditions fixées par voie de convention.

3. Aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. () ". En outre, selon les dispositions de l'article R. 262-5 du même code : " Pour l'application de l'article L. 262-2, est considérée comme résidant en France la personne qui y réside de façon permanente ou qui accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois. Les séjours hors de France qui résultent des contrats mentionnés aux articles L. 262-34 ou L. 262-35 ou du projet personnalisé d'accès à l'emploi mentionné à l'article L. 5411-6-1 du code du travail ne sont pas pris en compte dans le calcul de cette durée. En cas de séjour hors de France de plus de trois mois, l'allocation n'est versée que pour les seuls mois civils complets de présence sur le territoire ". Enfin, l'article R. 262-37 du même code dispose que : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ".

4. Lorsque l'un des organismes mentionnés au point 2 décide de récupérer un paiement indu de revenu de solidarité active et que le bénéficiaire concerné, sans contester le principe ou la quotité de l'indu mis à sa charge, présente une demande de remise gracieuse de sa dette, le président du conseil départemental peut décider d'accorder une remise totale ou de réduire le montant de la créance qu'il détient dans le cas où le débiteur est de bonne foi et que la précarité de sa situation le justifie. Lorsque l'allocataire a fait de fausses déclarations, lesquelles doivent s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives, ou s'est livré à des manœuvres frauduleuses, aucune remise de dette ne peut en revanche lui être accordée.

5. Il résulte de l'instruction que M. C A, dont la bonne foi n'est pas en débat, a emménagé au Portugal le 2 septembre 2020. Toutefois, il n'a informé la caisse d'allocations familiales de son départ de France que le 5 octobre 2021, ce qui a entraîné l'actualisation de ses droits et engendré un trop perçu, non contesté, de 1 491,03 euros au titre du revenu de solidarité active. Alors qu'il a été invité, le 5 janvier 2024, par le tribunal à produire tout document justifiant à la date du présent jugement de sa situation de famille, des ressources de son foyer et de ses charges essentielles, le requérant n'établit pas être dans l'incapacité de continuer à rembourser l'indu mis à sa charge. Par ailleurs, il lui appartient, s'il s'y croit fondé, de solliciter un échéancier de paiement de sa dette auprès du département de la Corrèze. Par suite, M. C A n'est pas fondé à demander une remise totale de sa dette et, par suite, l'annulation de la décision du 13 juin 2022 attaquée par laquelle sa demande de remise de dette totale a été rejetée.

6. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que la requête de M. C A doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er: La requête de M. C A est rejetée.

Article 2:Le présent jugement sera notifié à M. D C A et au département de la Corrèze.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 février 2024.

Le magistrat désigné,

A. E

La greffière,

M. B

La République mande et ordonne

à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

Pour Le Greffier en Chef,

La Greffière

M. B

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