Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2201208
jeudi 20 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2201208 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère chambre |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 août 2022, M. A C demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 23 juin 2022 par laquelle la directrice régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités Centre-Val de Loire a rejeté sa demande de régulariser en astreinte de sécurité les astreintes de direction qu'il a accomplies de janvier 2019 à mars 2021 ;
2°) d'enjoindre à la directrice régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités Centre-Val de Loire de lui verser la somme de 599,40 euros correspondant à la somme qui lui est due au titre de cette régularisation ;
Il soutient que la décision par laquelle sa demande a été rejetée :
- est insuffisamment motivée ;
- est entachée d'une erreur de fait en ce qu'il a été indemnisé au cours de la période litigieuse au titre de l'astreinte de direction, alors qu'il n'en remplissait pas les fonctions, et qu'au surplus, l'administration a reconnu et corrigé son erreur à compter du mois de juillet 2021 en l'indemnisant depuis lors au titre de l'astreinte de sécurité ;
- méconnaît les dispositions des articles L. 711-1 et L.712-1 du code de la fonction publique en refusant de lui payer l'intégralité des astreintes qu'il a effectuées.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 janvier 2023, la directrice régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités Centre-Val de Loire conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la fonction publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Crosnier,
- et les conclusions de M. Houssais, rapporteur public,
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, inspecteur de l'action sanitaire et sociale titulaire depuis le 1er avril 2018 est affecté depuis cette date en tant que chargé de mission puis chef de l'unité solidarité du service inclusion sociale au sein de la direction départementale de l'emploi, du travail, des solidarités et de la protection des populations (DDETSPP) de l'Indre où il réalise des astreintes de direction depuis le 1er avril 2019. Considérant que ses fonctions ne l'astreignaient pas à exercer des astreintes de direction, et après avoir bénéficié du versement de l'indemnité correspondant à l'astreinte de sécurité pour la semaine du 17 au 24 mai 2021, il a sollicité le 21 mai 2022 la régularisation rétroactive des astreintes réalisées antérieurement en astreintes de sécurité. Par un courriel du 23 juin 2022, la directrice régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (DREETS) a rejeté sa demande. M. C demande au tribunal d'annuler cette décision et de condamner la DREETS à lui verser la somme de 599,40 euros correspondant au montant de la régularisation des astreintes qu'il revendique.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". L'arrêté du 27 mai 2011 relatif aux cas de recours aux astreintes dans les directions départementales interministérielles, précise dans son article 1er que l'astreinte de direction vise à " assurer la continuité des fonctions de direction, et notamment la coordination des interventions " tandis que l'astreinte de sécurité tend à " - assurer la prévention, la coordination ou l'intervention en cas d'alerte, de crise, de menace, d'incident ou à la demande des autorités pour effectuer toute opération relevant de la défense, de la sécurité civile ou de la sécurité sanitaire ; / - accomplir au nom de l'Etat des actes juridiques urgents ; / - assurer en permanence le recueil et la régulation des alertes ; / - participer à la préparation et la gestion d'actions humanitaires ; / - assurer toute opération logistique ou de maintenance des bâtiments ; / - assurer le fonctionnement des systèmes informatiques et des systèmes d'information ".
3. Il ressort notamment des organigrammes versés au dossier, que M. C, agent de catégorie A, était responsable de l'unité solidarité du service inclusion sociale au sein de la DDETSPP de l'Indre et qu'il encadrait deux agents de catégorie C. Il pouvait ainsi, au regard des fonctions exercées prétendre assurer des astreintes de direction ou de sécurité. La décision du 23 juin 2022, constituée par un courriel du gestionnaire RH de proximité de la DREETS mentionne que les astreintes en litige sont des astreintes de direction car validées comme telles par l'autorité hiérarchique du requérant. De telles mentions ne suffisent toutefois pas à en éclairer le motif. Dans ces conditions, M. C est fondé à soutenir que la décision attaquée, qui lui refuse un avantage, est insuffisamment motivée au regard des exigences de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, cette décision doit être annulée.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
4. Au regard du motif d'annulation retenu, il y a seulement lieu d'enjoindre à la directrice régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités Centre-Val de Loire de procéder à un nouvel examen de la demande de M. C.
D E C I D E :
Article 1er : La décision de la directrice régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités Centre-Val de Loire du 23 juin 2022 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la directrice régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités Centre-Val de Loire de procéder à un nouvel examen de la demande de M. C.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à la directrice régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités Centre-Val de Loire.
Copie en sera transmise pour information à M. le préfet de l'Indre.
Délibéré après l'audience du 4 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Artus, président,
M. Crosnier, premier conseiller,
M. Boschet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2024.
Le rapporteur,
Y. CROSNIER
Le président,
D. ARTUS La greffière,
M. B
La République mande et ordonne
au préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour Le Greffier en Chef
La greffière,
M. B
mf
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