Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2201421
jeudi 18 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2201421 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JUGE UNIQUE A SLIMANI |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 octobre 2022, M. D B et Mme A B demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 20 septembre 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales (Caf) de la Haute-Vienne a rejeté leur demande de remise de dette pour un montant de 1 109,92 euros au titre d'un trop-perçu de prime d'activité ;
2°) d'annuler la décision du 20 septembre 2022 par laquelle la Caf de la Haute-Vienne leur a seulement accordé une remise de dette de 546,59 euros sur un montant de 728,79 euros au titre d'un trop-perçu de revenu de solidarité active ;
3°) d'annuler la décision du 20 septembre 2022 par laquelle la Caf de la Haute-Vienne a rejeté leur demande de remise de dette pour un montant de 798 euros au titre d'un trop-perçu d'aide personnalisée au logement.
Ils soutiennent qu'ils n'ont pas les moyens financiers pour rembourser ces indus.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 août 2023, la caisse d'allocations familiales de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que le moyen soulevé par la requête n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Ahmed Slimani, premier conseiller, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
M. C a présenté son rapport au cours de l'audience publique à laquelle aucune des parties n'était présente ou représentée et à l'issue de laquelle a été prononcée la clôture d'instruction.
Considérant ce qui suit :
1. Les époux B demandent d'annuler la décision du 20 septembre 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales (Caf) de la Haute-Vienne a rejeté leur demande de remise de dette pour un montant de 1 109,92 euros au titre d'un trop-perçu de prime d'activité, la décision du 20 septembre 2022 par laquelle la Caf leur a seulement accordé une remise de dette de 546,59 euros sur un montant de 728,79 euros au titre d'un trop-perçu de revenu de solidarité active et d'annuler la décision du 20 septembre 2022 par laquelle la Caf a rejeté leur demande de remise de dette pour un montant de 798 euros au titre d'un trop-perçu d'aide personnalisée au logement.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. () / La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. () ".
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 825-3 du code de la construction et de l'habitation : " Le directeur de l'organisme payeur statue, dans des conditions fixées par voie réglementaire, sur : / () / 2° Les demandes de remise de dettes présentées à titre gracieux par les bénéficiaires des aides personnelles au logement. ". Enfin aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale, rendu applicable par l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation aux créances d'aides personnelles au logement : " () par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations () ".
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale, qui concerne les indus de prime d'activité : " () La créance peut être remise ou réduite par l'organisme () en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".
5. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou complémentaire est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient qu'il soit fait droit à sa demande.
6. En l'espèce, à l'occasion d'un contrôle de situation et d'une enquête diligentée sur le dossier des époux B, il est apparu que ces derniers n'avaient pas déclaré l'intégralité de leurs ressources aux services fiscaux et à la Caf, ce qui a engendré les indus cités au point 1. Les requérants qui ne contestent pas le bien-fondé des indus en cause, et dont la bonne foi n'est pas en débat, soutiennent qu'ils n'ont pas la capacité financière pour rembourser les trop-perçus en litige. A la date de leurs demandes de remise de dette, les intéressés avaient un quotient familial de 727 euros pour les indus de la prime d'activité d'un montant de 1 109,92 euros et l'aide personnalisée au logement d'un montant de 798 euros. Par ailleurs, ils avaient un quotient familial de 441,60 euros pour l'indu de revenu de solidarité active d'un montant de 728,79 euros qui a fait l'objet d'une remise gracieuse de 546,59 euros, soit un reste à charge de 182,20 euros. Les intéressés ne produisent aucun justificatif concernant la nature et l'importance de leurs charges et de leurs ressources qui feraient obstacle à ce qu'ils puissent rembourser ces indus d'un montant total de 2 090,12 euros et ce en dépit de la mesure d'instruction diligentée par le tribunal le 26 mars 2024, les invitant à justifier de leurs ressources et de leurs charges actuelles. Dans ces conditions, aucune remise de dette ne peut leur être accordée. Il est par ailleurs possible pour les requérants, s'ils le jugent utile, de solliciter auprès de la Caf la mise en place d'un échéancier adapté à leur situation financière. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation des trois décisions du 20 septembre 2022 attaquées.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. et Mme B doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 2:Le présent jugement sera notifié à M. D B, à Mme A B, à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, au département de la Haute-Vienne et à la caisse d'allocations familiales de la Haute-Vienne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2024.
Le magistrat désigné,
A. C
La greffière en chef,
A. BLANCHON
La République mande et ordonne
à la ministre du travail, de la santé et des solidarités et au ministre délégué auprès du ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé du logement, en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
La Greffière en Chef
A. BLANCHON
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