Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2201465
jeudi 18 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2201465 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | JUGE UNIQUE A SLIMANI |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 octobre 2022, M. C B demande au tribunal d'annuler la décision du 26 septembre 2022 par laquelle la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) de la Haute-Vienne a rejeté sa demande relative à une orientation professionnelle en centre de rééducation professionnelle (CRP), en centre de pré-orientation (CPO) ou en unité d'évaluation, de réentrainement et d'orientation sociale et socioprofessionnelle pour personnes cérébro-lésées (UEROS).
Il soutient que :
- il refuse de travailler en établissement et service d'aide par le travail (ESAT) ;
- il a toutes les capacités intellectuelles et physiologiques pour intégrer un CRP, un CPO ou en UEROS ;
- il souhaite entamer une formation en infographie.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 janvier 2023, la maison départementale des personnes handicapées de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par l'intéressé ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Ahmed Slimani, premier conseiller, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
M. A a présenté son rapport au cours de l'audience publique à laquelle aucune des parties n'était présente ou représentée et à l'issue de laquelle a été prononcée la clôture d'instruction.
Considérant ce qui suit :
1. D'une part, aux termes des dispositions de l'article L. 5213-1 du code du travail : " Est considérée comme travailleur handicapé toute personne dont les possibilités d'obtenir ou de conserver un emploi sont effectivement réduites par suite de l'altération d'une ou plusieurs fonctions physique, sensorielle, mentale ou psychique ".
2. D'autre part, en vertu des 1° et 2° du I de l'article L. 241-6 et du deuxième alinéa de l'article L. 241-9 du code de l'action sociale et des familles, la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées est notamment compétente pour prendre les décisions à l'égard d'un adulte handicapé dans le domaine de la rééducation professionnelle, du travail adapté ou protégé et, en particulier, pour se prononcer sur son orientation et les mesures propres à assurer son insertion professionnelle et sociale et pour désigner les établissements, les services ou les dispositifs concourant à sa rééducation, à son reclassement et à son accueil.
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre l'une des décisions mentionnées au point 1, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux de l'aide et de l'action sociale, non pas de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais de se prononcer lui-même sur l'orientation de l'adulte handicapé et les mesures propres à assurer son insertion professionnelle et sociale et, le cas échéant, de désigner lui-même les établissements, les services ou les dispositifs concourant à sa rééducation, à son reclassement et à son accueil en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il revient ainsi au juge, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision attaquée en fixant alors lui-même tout ou partie des droits de l'intéressé et en le renvoyant, au besoin, devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement.
4. Le 8 juin 2022, M. B a adressé à la MDPH de la Haute-Vienne un recours administratif tendant à être professionnellement orienté soit en centre de rééducation professionnelle (CRP), soit en centre de pré-orientation (CPO), soit en unité d'évaluation, de réentrainement et d'orientation sociale et socioprofessionnelle pour personnes cérébro-lésées (UEROS). Le 26 septembre 2022, la MDPH de la Haute-Vienne a rejeté sa demande et a proposé à l'intéressé, après l'avoir reconnu comme travailleur handicapé au mois de mai 2022, de l'orienter vers un établissement et service d'aide par le travail (ESAT). Cependant, M. B souhaite entamer une formation en infographie. Si la profonde motivation de l'intéressé n'est pas en cause, en l'absence de toute pièce de nature à confirmer la capacité du requérant à suivre cette formation, celui-ci n'apportant aucun élément de nature à infirmer l'évaluation de l'équipe pluridisciplinaire de la MDPH de la Haute-Vienne, il résulte de l'instruction que l'orientation en ESAT proposée à l'intéressé est, à la date du présent jugement, la plus adaptée pour lui permettre d'obtenir et de conserver un emploi. Dès lors, aucun élément de l'instruction ne permet d'établir qu'en prenant la décision attaquée, la MDPH de la Haute-Vienne aurait inexactement apprécié les capacités de M. B au regard de son orientation professionnelle.
5. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 26 septembre 2022 attaquée lui refusant l'orientation soit en centre de rééducation professionnelle (CRP), soit en centre de pré-orientation (CPO), soit en unité d'évaluation, de réentrainement et d'orientation sociale et socioprofessionnelle pour personnes cérébro-lésées (UEROS).
D E C I D E :
Article 1er: La requête de M. B est rejetée.
Article 2:Le présent jugement sera notifié à M. C B et au département de la Haute-Vienne. Une copie en sera adressée pour information à la maison départementale des personnes handicapées de la Haute-Vienne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2024.
Le magistrat désigné,
A. A
La greffière en chef,
A. BLANCHON
La République mande et ordonne
au préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
La Greffière en Chef
A. BLANCHON
if