Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2201478
jeudi 18 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2201478 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | JUGE UNIQUE A SLIMANI |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 octobre 2022, Mme C A demande au tribunal d'annuler la décision du 5 octobre 2022 par laquelle le président du conseil départemental de la Corrèze lui a infligé une amende administrative d'un montant de 1 609 euros au titre du revenu de solidarité active.
Elle soutient que :
- elle a commis des erreurs involontaires dans ses différentes déclarations de ressources ;
- elle n'a pas fraudé ;
- ayant des problèmes de santé, elle n'a simplement pas vu la case à cocher " autres ressources " sur le site de la caisse d'allocations familiales ;
- elle est dans une situation financière difficile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 octobre 2023, le département de la Corrèze conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- à titre principal, la requête est irrecevable dès lors que l'intéressée n'a pas formé de recours administratif préalable ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Ahmed Slimani, premier conseiller, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
M. B a présenté son rapport au cours de l'audience publique à laquelle aucune des parties n'était présente ou représentée et à l'issue de laquelle a été prononcée la clôture d'instruction.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 5 octobre 2022, le président du conseil départemental de la Corrèze a infligé à Mme A une amende administrative d'un montant de 1 609 euros au titre du revenu de solidarité active. L'intéressée en demande l'annulation.
2. Aux termes de l'article L. 262-52 du code de l'action sociale et des familles : " La fausse déclaration ou l'omission délibérée de déclaration ayant abouti au versement indu du revenu de solidarité active est passible d'une amende administrative prononcée et recouvrée dans les conditions et les limites définies, en matière de prestations familiales, aux sixième, septième, neuvième et dixième alinéas du I, à la seconde phrase du onzième alinéa du I et au II de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale. La décision est prise par le président du conseil départemental après avis de l'équipe pluridisciplinaire mentionnée à l'article
L. 262-39 du présent code. La juridiction compétente pour connaître des recours à l'encontre des contraintes délivrées par le président du conseil départemental est la juridiction administrative ".
3. Il résulte des dispositions de l'article L. 262-52 précité du code de l'action sociale et des familles qu'une amende administrative peut être infligée à l'allocataire qui a perçu indument le revenu de solidarité active à la suite de fausses déclarations ou d'omissions délibérées. La fausse déclaration ou l'omission délibérée doit s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation de l'allocataire caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives.
4. Il résulte de l'instruction que le président du conseil départemental de la Corrèze a prononcé, le 5 octobre 2022, à l'encontre de Mme A une amende administrative de 1 609 euros en se fondant sur la dissimulation d'une partie de ses ressources et l'établissement de fausses déclarations. Si l'intéressée soutient que les ressources non déclarées ne sont pas de nature à révéler une fraude, il résulte toutefois de l'instruction et en particulier du rapport d'enquête réalisé par un agent assermenté de la caisse d'allocations familiales (Caf) de la Corrèze, qui fait foi jusqu'à preuve du contraire, que Mme A n'a pas déclaré, depuis le mois de septembre 2019, la perception d'une pension alimentaire de son ex conjoint et d'une pension d'invalidité. L'intéressée ne pouvant sérieusement ignorer son obligation de déclarer ces ressources, ne peut affirmer de bonne foi ne pas avoir pas vu sur le site de la Caf de la Corrèze la case à cocher intitulée " autres ressources " renvoyant à la case " pension d'invalidité ". Par suite, et alors que l'invocation de son état de santé et de sa situation financière est dépourvue d'incidence sur le bien-fondé de l'amende en litige, c'est à bon droit que le président du conseil départemental de la Corrèze a infligé à Mme A une amende administrative pour fausses déclarations et dissimulation d'une partie de ses ressources.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que la requête de Mme A doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de Mme A est rejetée.
Article 2:Le présent jugement sera notifié à Mme C A et au département de la Corrèze.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2024.
Le magistrat désigné,
A. B
La greffière en chef,
A. BLANCHON
La République mande et ordonne
au préfet de la Corrèze en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
La Greffière en Chef
A. BLANCHON
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