Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2201610

jeudi 21 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2201610
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJUGE UNIQUE A SLIMANI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 9 novembre 2022 et 20 novembre 2023, Mme A D demande au tribunal d'annuler la décision du 16 septembre 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Creuse a rejeté sa demande de remise de dette d'un trop-perçu de prime d'activité d'un montant de 1 312,35 euros pour la période de juillet 2020 à décembre 2021.

Elle soutient que :

- elle est de bonne foi ;

- elle n'a pas fraudé ;

- elle est dans une situation financière difficile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 janvier 2023, la caisse d'allocations familiales de la Creuse conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Ahmed Slimani, premier conseiller, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

M. C a présenté son rapport au cours de l'audience publique à laquelle aucune des parties n'était présente ou représentée et à l'issue de laquelle a été prononcée la clôture d'instruction.

Considérant ce qui suit :

1. Le 20 janvier 2022, la caisse d'allocations familiales (Caf) de la Creuse a notifié à Mme D un trop-perçu de prime d'activité d'un montant de 1 709,43 euros établi à la suite d'une régularisation de ses droits, ramené à 1 312,35 euros par la suite. Le 24 juin 2022, l'intéressée a demandé une remise gracieuse de cette dette. Par une décision du 16 septembre 2022, la Caf a rejeté cette demande. L'intéressée demande l'annulation de cette décision.

2. Aux termes de l'article R. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. (). La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de revenu de prime d'activité, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre partie à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise.

4. Il résulte de l'instruction que l'intéressée a fait une demande de prime d'activité en 2019 qui lui a été accordée. Il n'est pas contesté que les déclarations trimestrielles de ressources de Mme D étaient erronées ce qui a engendré un trop-perçu de 1 312,35 euros pour la période de juillet 2020 à décembre 2021. Si Mme D a certes manqué à ses obligations déclaratives, il ne résulte cependant pas de l'instruction que cette omission est constitutive d'une volonté manifeste de dissimulation. Il s'ensuit que la condition de bonne foi doit être regardée, compte tenu des circonstances de fait dont il est justifié par les parties à la date de la présente décision, comme satisfaite.

5. Par ailleurs, la requérante soutient que sa situation financière ne lui permet pas de rembourser l'indu mis à sa charge. Il résulte de l'instruction que le quotient familial de Mme D est de 99 euros. Aussi, à la date du présent jugement, la requérante est dans une situation de précarité financière telle qu'elle n'est pas en mesure de s'acquitter totalement de sa dette de prime d'activité, sans compromettre durablement l'équilibre de son budget ou menacer la satisfaction des besoins élémentaires de son foyer. Aussi, ces éléments font apparaître une situation financière précaire qui justifie que la décision attaquée soit annulée.

6. Il résulte de ce qui précède que Mme D est fondée à demander l'annulation de la décision du 16 septembre 2022 de la caisse d'allocations familiales de la Creuse.

D E C I D E :

Article 1er: La décision de la caisse d'allocations familiales de la Creuse du 16 septembre 2022 est annulée.

Article 2:Mme D est déchargée de l'obligation de payer la somme de

1 312,35 euros (mille trois cent douze euros et trente-cinq centimes) au titre de l'indu de prime d'activité.

Article 3:Le présent jugement sera notifié à Mme A D et à la ministre des solidarités et des familles. Une copie en sera adressée pour information à la caisse d'allocations familiales de la Creuse.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 décembre 2023.

Le magistrat désigné,

A. C

La greffière,

M. B

La République mande et ordonne

à la ministre des solidarités et des familles en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

Pour Le Greffier en Chef,

La Greffière

M. B

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