Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2201619
mardi 2 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2201619 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | JUGE UNIQUE H SIQUIER |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrés le 14 novembre 2022, Mme D A conteste la décision du 18 août 2022, dont elle a accusé réception le 10 septembre 2022, par laquelle la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales de l'Indre a rejeté sa demande tendant à l'attribution de la prime d'activité à compter du 1er janvier 2019 et demande qu'il soit procédé au réexamen de sa situation personnelle.
Elle soutient que :
- la prime d'activité a été élargie au 1er janvier 2019 ;
- le calcul estimé de ses droits a été effectué en agence, à l'aide d'un conseiller, l'a incitée à ne pas effectuer de demande d'attribution de cette prime ;
- le remboursement de l'aide à la complémentaire de santé versée par son employeur depuis le janvier 2022 est pris en compte à tort ;
- elle est en droit d'invoquer la loi n° 2028/727 du 10 aout 2018 " Pour un Etat au service d'une société de confiance " et de faire valoir son droit à l'erreur.
Par un mémoire en défense, enregistrés le 27 octobre 2023, la caisse d'allocations familiales de l'Indre conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- à titre principal, la requête est tardive ;
- à titre subsidiaire, si la recevabilité de la requête est retenue, la décision n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- les autres moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure civile ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Hélène Siquier, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate désignée a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Mme C a présenté son rapport au cours de l'audience publique à laquelle aucune des parties n'était présente ou représentée et à l'issue de laquelle a été prononcée la clôture d'instruction.
Considérant ce qui suit :
1. Le 20 janvier 2022, Mme A demande la révision de l'attribution de sa prime d'activité à compter du 1er janvier 2019. Le 17 février 2022, la caisse d'allocations familiales (Caf) de l'Indre a rejeté la demande. Par une requête enregistrée le 14 novembre 2022, Mme A conteste la décision du 18 août 2022 par laquelle la Caf a rejeté sa demande d'attribution de la prime d'activité à compter du 1er janvier 2019.
2. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne en matière d'aide ou d'action sociale, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision, en fixant alors lui-même tout ou partie des droits de l'intéressé et en le renvoyant, au besoin, devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement.
3. En premier lieu, aux termes de l'article L843-2 du code de la sécurité sociale : " La prime d'activité est attribuée, servie et contrôlée, pour le compte de l'Etat, par les caisses d'allocations familiales et par les caisses de mutualité sociale agricole pour leurs ressortissants ". L'article L843-3 du même code dispose : " Sous réserve du respect des conditions fixées au présent titre, le droit à la prime d'activité est ouvert à compter de la date de dépôt de la demande ".
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article R846-2 du code de la sécurité sociale : " L'allocation est due à compter du premier jour du mois civil au cours duquel la demande a été déposée conformément à l'article R. 846-1 ".
5. Il résulte des dispositions du code de la sécurité sociale citées au point 6 et 7 susvisés que le droit à la prime d'activité " est due à compter du premier jour du mois civil au cours duquel la demande a été déposée ".
6. Mme A soutient qu'elle doit bénéficier de la prime d'activité à compter du 1er janvier 2019. Malgré la décision de rejet opposée par la Caf de l'Indre au motif que la demande de versement de prime d'activité date du 09 juin 2021, Mme A n'a produit au soutien de sa requête aucun justificatif démontrant le dépôt d'une demande de versement de la prime d'activité au cours du mois de janvier 2019. La requérante se borne à faire état d'une simulation réalisée avec l'aide d'un personnel de la Caf de l'Indre sans produire de pièce aux débats. Dans ces conditions, Mme A qui n'établit pas avoir déposé une demande au cours du mois de janvier 2019 ni même avoir effectué des démarches en ce sens, n'est pas fondée à solliciter le versement de cette prime à compter du 1er janvier 2019.
7. En troisième lieu, si Mme A fait valoir qu'il serait tenu compte au titre de son salaire du versement de l'aide à la complémentaire de santé d'un montant de 15 euros versée par son employeur depuis le 1er janvier 2022, elle n'apporte aucun élément de nature à l'établir.
8. Il résulte de toute ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions à fin d'annulation et de réexamen de sa situation personnelle présentées par Mme A doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A et à la caisse d'allocations familiales de l'Indre.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 juillet 2024.
La magistrate désignée,
H. CLa greffière,
M. B
La République mande et ordonne
au ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour la greffière en chef,
La greffière,
M. B
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