Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2201623

jeudi 25 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2201623
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJUGE UNIQUE A SLIMANI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 15 novembre 2022, M. A C demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 12 septembre 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Corrèze à mis à sa charge la somme de 1 666,62 euros au titre d'un trop-perçu de revenu de solidarité active pour la période de juin 2020 à août 2021 et la somme totale de 2 199,96 euros au titre d'indus de prime d'activité pour la période de septembre 2020 à février 2022 ;

2°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales de la Corrèze de lui verser la somme de 2 106,57 euros qu'il a déjà versée ;

3°) d'enjoindre à la caisse de produire les déclarations de revenus trimestrielles pour le mois de septembre 2019 et de produire son mode de calcul ;

4°) de mettre à la charge de la caisse la somme de 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il a contesté sa dette devant le conseil départemental en mars 2022 ;

- il n'a commis aucune fraude ;

- les dispositions de l'article L. 311-3-1 du code des relations entre le public et l'administration ont été méconnues ;

- la caisse d'allocations familiales ne produit aucun document permettant d'établir la supposée fraude ni le mode de calcul de ses prestations.

Par un mémoire en défense, enregistré le 26 juillet 2023, la caisse d'allocations familiales de la Corrèze conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- à titre principal, l'intéressé n'a pas saisi préalablement la commission de recours amiable ;

- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par la requête ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 février 2024, le département de la Corrèze conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- à titre principal, la requête est irrecevable faute, d'une part, d'avoir été précédée d'un recours devant le président du conseil départemental et, d'autre part, d'avoir été enregistrée au greffe du tribunal dans les délais requis ;

- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Ahmed Slimani, premier conseiller, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

M. B a présenté son rapport au cours de l'audience publique à laquelle aucune des parties n'était présente ou représentée et à l'issue de laquelle a été prononcée la clôture d'instruction.

Considérant ce qui suit :

1. M. A C demande d'annuler la décision du 12 septembre 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales (Caf) de la Corrèze à mis à sa charge la somme de 1 666,62 euros au titre d'un trop-perçu de revenu de solidarité active (RSA) pour la période de juin 2020 à août 2021 et la somme totale de 2 199,96 euros au titre d'indus de prime d'activité pour la période de septembre 2020 à février 2022.

Sur la fin de non-recevoir opposée par la Caf au titre de la prime d'activité :

2. Aux termes de l'article L. 845-2 du code de la sécurité sociale : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative à la prime d'activité prise par l'un des organismes mentionnés à l'article L. 843-1 fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours auprès de la commission de recours amiable ".

3. En l'espèce, le requérant n'établit pas qu'il aurait, en application des dispositions citées au point précédent, introduit à l'encontre de la décision du 12 septembre 2022 par laquelle la Caf de la Corrèze lui a notifié les indus de prime d'activité en cause, préalablement à l'enregistrement de sa requête par le tribunal, un recours auprès de la commission de recours amiable de cet organisme. Par suite, M. C n'est pas recevable à contester le bien-fondé de ces indus. La fin de non-recevoir opposée en défense doit dès lors être accueillie.

Sur la fin de non-recevoir opposée par le département au titre du RSA :

4. Aux termes de l'article L. 262-47 du code l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. Ce recours est, dans les conditions et limites prévues par la convention mentionnée à l'article L. 262-25, soumis pour avis à la commission de recours amiable qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale. () ". Aux termes de l'article R. 262-88 du même code : " Le recours administratif préalable mentionné à l'article L. 262-47 est adressé par le bénéficiaire au président du conseil départemental dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision contestée. () ". En vertu de ces dispositions, la personne qui entend contester une décision relative au revenu de solidarité active doit former un recours administratif préalable devant le président du conseil départemental dans le délai de deux mois à compter de la décision contestée. A défaut de recours administratif préalable, la contestation portée directement devant le juge administratif est irrecevable.

5. En l'espèce, le département de la Corrèze soulève la fin de non-recevoir tirée de l'irrecevabilité des conclusions dirigées directement contre la décision du 12 septembre 2022 attaquée en tant qu'elle porte sur l'indu de revenu de solidarité, faute pour le requérant d'avoir adressé au président du conseil départemental de la Corrèze, dans le délai requis, le recours administratif préalable obligatoire prévu à l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles précité. Il ne résulte pas de l'instruction que M. C aurait adressé un tel recours pour contester la décision en cause. Par suite, la fin de non-recevoir doit être accueillie et les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision du 12 septembre 2022 de la caisse d'allocations familiales de la Corrèze, en tant qu'elle porte sur le revenu de solidarité active, sont rejetées en tant qu'elles sont irrecevables.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C, en toutes ses conclusions, doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er: La requête de M. C est rejetée.

Article 2:Le présent jugement sera notifié à M. A C, à la ministre du travail, de la santé et des solidarités et au département de la Corrèze. Une copie en sera adressée pour information à la caisse d'allocations familiales de la Corrèze.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 avril 2024.

Le magistrat désigné,

A. B

La greffière en chef,

A. BLANCHON

La République mande et ordonne

à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

La Greffière en Chef

A. BLANCHON

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