Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2201744

jeudi 22 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2201744
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJUGE UNIQUE A SLIMANI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 7 décembre 2022, Mme A D demande au tribunal d'annuler la décision du 15 novembre 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Corrèze ne lui a accordé qu'une remise partielle de 30,75 euros sur un trop-perçu d'aide personnalisée au logement d'un montant de 123 euros.

Elle soutient que :

- elle n'a commis aucune erreur dans ses déclarations ;

- elle conteste le montant du quotient familial calculé par la caisse ;

- elle n'a pas la capacité financière de rembourser l'indu en litige.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 juillet 2023, la caisse d'allocations familiales de la Corrèze conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par l'intéressée ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Ahmed Slimani, premier conseiller, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

M. C a présenté son rapport au cours de l'audience publique à laquelle aucune des parties n'était présente ou représentée et à l'issue de laquelle a été prononcée la clôture d'instruction.

Considérant ce qui suit :

1. A la suite d'une régularisation des droits de Mme D, la caisse d'allocations familiales de la Corrèze a notifié, le 2 août 2022, à l'intéressée un trop-perçu d'aide personnalisée au logement d'un montant de 123 euros pour la période de mars à juillet 2022. La requérante a, le 18 août 2022, sollicité une remise de cette dette. Par la décision du 15 novembre 2022 attaquée, la caisse ne lui a accordé qu'une remise partielle de 30,75 euros. Mme D en demande l'annulation.

2. Aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " () Les aides personnelles au logement comprennent : 1° L'aide personnalisée au logement ; () ". Aux termes de l'article L. 823-9 du même code : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés ". L'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale dispose que : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré, sous réserve que l'allocataire n'en conteste pas le caractère indu (). Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations ".

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, ou ne faisant que partiellement droit à cette demande, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre partie à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise.

4. Il résulte de l'instruction que le trop-perçu au titre de l'aide personnalisée au logement, d'un montant de 123 euros, mise à la charge de Mme D par la caisse d'allocations familiales de la Corrèze et dont l'intéressée sollicite la remise gracieuse totale, provient de la régularisation de ses droits au titre de sa garde d'enfants pour la période de mars à juillet 2022. A supposer que l'indu en litige résulte d'une erreur de la caisse d'allocations familiales, cette circonstance est sans incidence sur le bien-fondé de l'indu mis à la charge de la requérante dès lors que cette dernière est tenue de rembourser une somme qu'elle a indument perçue.

5. Par ailleurs, la caisse ne remet pas en cause sa bonne foi. L'intéressée peut donc prétendre à une remise gracieuse totale ou partielle en fonction de sa situation de précarité. Si elle conteste le quotient familial de 753 euros retenu par la caisse, elle n'apporte pas d'élément de nature à remettre en cause celui-ci. Enfin, la requérante ne démontre pas, par les pièces produites au dossier, être dans une situation de précarité l'empêchant de rembourser l'indu en question qui a d'ailleurs été ramené à 92,25 euros par la décision attaquée. Mme D ne produit aucun justificatif concernant la nature et l'importance de ses charges et de ses ressources qui feraient obstacle à ce qu'elle puisse rembourser cet indu et ce en dépit de la mesure d'instruction diligentée par le tribunal le 11 janvier 2024, l'invitant à justifier de ses ressources et de ses charges actuelles. En conséquence, ses revenus actuels lui permettent de rembourser sa dette d'aide personnalisée au logement. N'étant pas en situation de précarité, l'intéressée n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 15 novembre 2022 de la caisse d'allocations familiales de la Corrèze.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme D ne peut être que rejetée.

D E C I D E :

Article 1er: La requête de Mme D est rejetée.

Article 2:Le présent jugement sera notifié à Mme A D et à la caisse d'allocations familiales de la Corrèze.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 février 2024.

Le magistrat désigné,

A. C

La greffière,

M. B

La République mande et ordonne

au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

Pour Le Greffier en Chef,

La Greffière

M. B

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