LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA87-2300495

Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2300495

mardi 28 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2300495
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantRIQUIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, des mémoires et des pièces enregistrés les 29 mars 2023, 31 juillet 2023, 6 octobre 2023, 22 janvier 2024 et 14 février 2024, M. E, représenté par Me Pradier, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 13 mars 2023 par laquelle le directeur du centre hospitalier de Haute-Corrèze a prononcé sa radiation des cadres pour abandon de poste à compter du 14 mars 2023 ;

2°) d'enjoindre au centre hospitalier de le réintégrer avec régularisation du règlement des arriérés de salaires depuis le 14 mars 2023 ;

3°) de mettre à la charge de cet établissement de santé une somme de 2 000 euros à verser à son conseil sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sa requête est recevable ;

-au vu du certificat médical du 1er janvier 2023 qu'il a produit, il ne pouvait être regardé comme ayant entendu rompre le lien avec le service, de sorte que le centre hospitalier a commis une erreur d'appréciation et une erreur de droit.

Par un mémoire en défense enregistré le 10 novembre 2023, le centre hospitalier de Haute-Corrèze, représenté par Me Riquier, conclut au rejet de la requête et demande qu'il soit mis à la charge de M. E une somme de 1 500 euros à lui verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir, d'une part, que la requête est irrecevable dès lors qu'elle ne satisfait pas aux conditions de motivation posées par l'article R. 411-1 du code de justice administrative, d'autre part, qu'elle n'est pas fondée.

Un mémoire a été présenté par le centre hospitalier défendeur le 7 janvier 2025 qui a été enregistré sans être communiqué.

M. E a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 12 octobre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Martha

- les conclusions de M. Houssais, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. E a été recruté en qualité d'ouvrier titulaire au sein du centre hospitalier de Haute-Corrèze à compter de 2005. En raison d'une compression du nerf médian au niveau du canal carpien gauche, il a sollicité la reconnaissance de sa pathologie en tant que maladie professionnelle. Par une décision de février 2022, cette pathologie a été reconnue imputable au service à compter du 28 octobre 2021 de sorte que M. E a été placé en congé pour invalidité temporaire imputable au service (Citis). L'intéressé a transmis au centre hospitalier un certificat médical de son médecin traitant en date du 1er janvier 2023. Après avoir adressé à l'intéressé deux mises en demeure de reprendre son poste restées vaines, le directeur du centre hospitalier a prononcé, par une décision du 13 mars 2023, la radiation des cadres de M. E pour abandon de poste. L'intéressé demande l'annulation de cette décision.

Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :

2. Aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. /L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours. ".

3. Contrairement à ce qui est soutenu en défense, la requête introductive de M. E, qui est assortie de la décision attaquée et fait état de l'illégalité de cette décision de licenciement du 13 mars 2023 doit être regardée comme comportant à titre principal des conclusions en excès de pouvoir tendant à l'annulation de cette décision. Par ailleurs, dès lors que l'intéressé fait état de sa maladie professionnelle, de son impossibilité à reprendre ses fonctions, de ce que la seule circonstance que l'arrêt de travail rédigé par son médecin ne soit pas conforme, fait qui n'est pas de sa responsabilité, ne peut justifier un licenciement, de ce que le directeur a commis un " abus de pouvoir de sa fonction ", sa requête a été assortie de moyens avant l'expiration du délai de recours contentieux. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense tirée de la méconnaissance des dispositions citées au point 2 doit être écartée.

Sur la légalité de la décision du 14 mars 2023 :

4. Une mesure de radiation de cadres pour abandon de poste ne peut être régulièrement prononcée que si l'agent concerné a, préalablement à cette décision, été mis en demeure de rejoindre son poste ou de reprendre son service dans un délai approprié qu'il appartient à l'administration de fixer. Une telle mise en demeure doit prendre la forme d'un document écrit, notifié à l'intéressé, l'informant du risque qu'il court d'une radiation de cadres sans procédure disciplinaire préalable. Lorsque l'agent ne s'est ni présenté ni n'a fait connaître à l'administration aucune intention avant l'expiration du délai fixé par la mise en demeure, et en l'absence de toute justification d'ordre matériel ou médical, présentée par l'agent, de nature à expliquer le retard qu'il aurait eu à manifester un lien avec le service, cette administration est en droit d'estimer que le lien avec le service a été rompu du fait de l'intéressé.

5. L'agent qui se trouve en position de congé de maladie est regardé comme n'ayant pas cessé d'exercer ses fonctions. Par suite, il ne peut en principe faire l'objet d'une mise en demeure de rejoindre son poste ou de reprendre son service à la suite de laquelle l'autorité administrative serait susceptible de prononcer, dans les conditions définies au point 2 ci-dessus, son licenciement pour abandon de poste. Il en va toutefois différemment lorsque l'agent, reconnu apte à reprendre ses fonctions par le comité médical départemental, se borne, pour justifier sa non présentation ou l'absence de reprise de son service, à produire un certificat médical prescrivant un nouvel arrêt de travail sans apporter, sur l'état de santé de l'intéressé, d'éléments nouveaux par rapport aux constatations sur la base desquelles a été rendu l'avis du comité médical.

6. Il ressort des pièces du dossier que M. E a été placé en Citis pour maladie professionnelle par une décision de mars 2022 en raison d'une compression du nerf médian au niveau du canal carpien gauche, à compter du 28 octobre 2021. Il ressort de ces mêmes pièces qu'au cours de l'année 2022, il a bénéficié de façon ininterrompue de certificats médicaux de prolongation valant arrêts de travail de la part de son médecin traitant, le docteur D, en raison de cette même lésion, pour des durées d'un mois ou de trois mois, le dernier certificat en date du 30 septembre 2022 prévoyant une prolongation jusqu'au 31 décembre 2022. Il ressort de la mention même de ces certificats médicaux que les arrêts prescrits sont en lien avec la maladie professionnelle de M. E telle qu'elle a été objectivée par le docteur A dans son rapport d'expertise du 13 janvier 2022.

7. S'il est vrai que le certificat médical du 1er janvier 2023 rédigé par le médecin traitant de l'intéressé ne comporte ni la durée ni le principe même d'un arrêt, ce certificat indique qu'il est rendu en matière de maladie professionnelle et fait état du motif médical justifiant sa délivrance, à savoir " canal carpien bilatéral opéré ". Il ressort également des pièces du dossier que c'est ce même motif qui avait été retenu par ce même médecin dans le certificat délivré le 30 septembre 2022 mentionné au point précédent sans qu'aucune circonstance au dossier n'établisse ni même ne laisse présumer que M. E aurait été en mesure de reprendre ses fonctions au 1er janvier 2023, ni à la date à laquelle ont été émises les deux mises en demeure des 17 janvier et 24 février 2023, alors qu'il était placé en Citis pour maladie professionnelle depuis février 2022.

8. Si le centre hospitalier soutient que, dans une expertise du 9 septembre 2021, un médecin agréé avait considéré que l'état de santé de M. E lui permettait de reprendre une activité professionnelle à partir de début septembre 2021, cette circonstance est antérieure à la décision de février 2022 reconnaissant en maladie professionnelle la pathologie déclarée par M. E le 7 octobre 2021.

9. Dans ces conditions, M. E se trouvait à la date à laquelle ont été émises les mises en demeure de rejoindre son poste, soit le 17 janvier et le 24 février 2023 en position de congé de maladie pour maladie professionnelle. Eu égard à ce qui a été dit au point 5 et alors, d'une part, que le certificat du 1er janvier 2023 produit ne peut être regardé comme établissant que la pathologie de M. E était guérie ou stabilisée, d'autre part, qu'il ne ressort d'aucune pièce du dossier que le comité médical l'aurait reconnu apte à reprendre ses fonctions postérieurement au mois de février 2022, il ne pouvait faire l'objet d'une mise en demeure de rejoindre son poste ou de reprendre son service à la suite de laquelle l'autorité administrative serait susceptible de prononcer son licenciement pour abandon de poste.

10. Il résulte de ce qui précède que la décision portant radiation des cadres pour abandon de poste du 13 mars 2023 doit être annulée.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

11. L'annulation d'une décision évinçant illégalement un agent public implique, en application des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, outre la réintégration juridique rétroactive de cet agent à la date de la décision d'éviction illégale, entraînant la régularisation de ses droits sociaux, sa réintégration effective dans l'emploi qu'il occupait avant son éviction illégale ou dans un emploi équivalent à celui-ci.

12. L'annulation de la décision attaquée implique nécessairement, qu'il soit procédé à la réintégration juridique de M. E à compter de la date de son éviction illégale et sous réserve d'un changement de circonstance de fait ou de droit, qu'il soit procédé à sa réintégration effective dans les effectifs du centre hospitalier. Il y a lieu de prescrire au CH de Haute-Corrèze de prendre cette mesure, dans un délai de deux mois à compter de la date de notification du présent jugement. En revanche, en l'absence de service fait, il y a lieu de rejeter les conclusions à fin d'injonction de verser à M. E les traitements correspondant à la période pendant laquelle il a été irrégulièrement évincé.

Sur les frais de justice :

13. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".

14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions présentées par le centre hospitalier de Haute-Corrèze sur ce fondement. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de cet établissement de santé, qui est la partie perdante, une somme de 1 200 euros à verser à Me Pradier sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, cet avocat renonçant au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

D E C I D E :

Article 1er: La décision du 13 mars 2023 du centre hospitalier de Haute-Corrèze est annulée.

Article 2 : Il est enjoint au directeur de cet établissement de procéder, dans un délai de deux mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir, à la réintégration juridique de M. E à compter de la date de son éviction illégale et sous réserve d'un changement de circonstance de fait ou de droit, à sa réintégration effective dans les effectifs du centre hospitalier.

Article 3 : Le centre hospitalier de Haute-Corrèze versera à Me Pradier une somme de 1 200 (mille deux cents) euros sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, cet avocat renonçant au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 5:Le présent jugement sera notifié à M. E et au centre hospitalier de Haute-Corrèze.

Délibéré après l'audience du 14 janvier 2025 où siégeaient :

- M. Artus, président,

- M. Martha, premier conseiller,

- M. Gillet, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 janvier 2025.

Le rapporteur,

F. MARTHA

Le président,

D. ARTUS

La greffière,

M. B

La République mande et ordonne

au préfet de la Corrèze en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

Pour la greffière en chef

La greffière

M. B

cg

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions