Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2300518

mardi 11 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2300518
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
FormationJUGE UNIQUE A SLIMANI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 3 avril 2023, Mme A B demande au tribunal d'annuler la décision du 21 mars 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Haute-Vienne a rejeté sa demande de remise de dette d'un montant de 1 603,13 euros correspondant à un indu de revenu de solidarité active pour la période d'octobre à décembre 2022.

Elle soutient que :

- elle est de bonne foi ;

- elle est dans une situation financière difficile qui ne lui permet pas de rembourser l'indu en litige.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 septembre 2023, le département de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par la requête ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 octobre 2023, la caisse d'allocations familiales de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Ahmed Slimani, premier conseiller, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Par une décision du 23 mai 2024, le président du tribunal a désigné Mme Noémi Gaullier-Chatagner en qualité de rapporteure publique sur le fondement des dispositions de l'article R. 222-24 du code de justice administrative.

Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

M. C a présenté son rapport au cours de l'audience publique à laquelle aucune des parties n'était présente ou représentée et à l'issue de laquelle a été prononcée la clôture d'instruction.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B demande l'annulation de la décision du 21 mars 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales (Caf) de la Haute-Vienne a rejeté sa demande de remise de dette d'un montant de 1 603,13 euros correspondant à un indu de revenu de solidarité active pour la période d'octobre à décembre 2022.

2. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active () ".

3. Il appartient au tribunal administratif, saisi d'une demande dirigée contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise ou de réduction d'indu, non seulement d'apprécier la légalité de cette décision, mais aussi de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait existant à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire. Pour l'examen de ces deux conditions, le juge est ainsi conduit à substituer sa propre appréciation à celle de l'administration.

4. En l'espèce, suite à un contrôle des ressources de l'intéressée, il a été relevé des erreurs dans ses déclarations faites auprès de la Caf de la Haute-Vienne, ce qui a engendré un trop-perçu, non contesté, d'un montant de 1 603,13 euros au titre du revenu de solidarité active pour la période d'octobre à décembre 2022. Il résulte de l'instruction que le quotient familial de Mme B s'élevait à 930 euros à la date de sa demande de remise de dette. Alors qu'elle a été invitée, le 14 mai 2024, par le tribunal à produire tout document justifiant de sa situation de famille, des ressources de son foyer et de ses charges essentielles, la requérante, dont la bonne foi n'est pas en débat, n'établit pas être dans l'incapacité de rembourser l'indu en cause. Par suite, Mme B n'est pas fondée à demander une remise de sa dette et, par suite, l'annulation de la décision du 21 mars 2023 par laquelle sa demande de remise de dette a été rejetée.

5. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er: La requête de Mme B est rejetée.

Article 2:Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au département de la Haute-Vienne. Une copie en sera adressée pour information à la caisse d'allocations familiales de la Haute-Vienne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juin 2024.

Le magistrat désigné,

A. C

La greffière en chef,

A. BLANCHON

La République mande et ordonne

au préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

La Greffière en Chef

A. BLANCHON

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