Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2300690
mardi 1 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2300690 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | JUGE UNIQUE A SLIMANI |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 23 avril, 29 mai, 27 décembre 2023 et 30 juin 2024, M. A E demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 18 mars 2023 par laquelle le directeur de l'Institut français du cheval et de l'équitation (IFCE) a implicitement refusé de lui communiquer l'acte de nomination pour assermentation de M. D, agent de l'IFCE ;
2°) d'enjoindre au directeur de l'IFCE de lui communiquer ces documents dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement sous astreinte de 200 euros par jour de retard.
Il soutient que :
- le refus opposé par l'IFCE à sa demande de communication est illégal dès lors qu'il s'agit d'un document administratif communicable ;
- les dispositions de l'article L. 311-1 du code des relations entre le public et l'administration ont été méconnues.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 mai 2023, le directeur général de l'Institut français du cheval et de l'équitation conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la requérante la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- à titre principal, le document sollicité a déjà été communiqué, à tort, à l'intéressé ;
- à titre subsidiaire, ce document n'était en tout état de cause pas communicable.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- l'avis n° 20231003 du 30 mars 2023 de la commission d'accès aux documents administratifs (Cada) ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. C en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- les conclusions de M. Pierre-Marie Houssais, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. E, après avoir saisi la commission d'accès aux documents administratifs le 22 février 2023 qui a rendu son avis le 30 mars suivant, demande d'annuler la décision par laquelle le directeur de l'Institut français du cheval et de l'équitation (IFCE) a implicitement refusé, le 18 mars 2023, de lui communiquer une copie de l'acte de nomination pour assermentation de M. D, agent de l'Institut.
Sur l'exception de non-lieu à statuer soulevée en défense :
2. En l'espèce, l'Institut français du cheval et de l'équitation soutient qu'il a répondu favorablement, au demeurant à tort, à la demande de communication de M. E en transmettant à ce dernier le document sollicité dans le cadre d'une demande antérieure. Toutefois, il résulte de l'instruction que ce document est une copie de la prestation de serment de M. D et non l'acte de nomination pour assermentation dudit agent. Par suite, l'exception de non-lieu à statuer doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 342-1 du code des relations entre le public et l'administration : " La commission d'accès aux documents administratifs () émet des avis lorsqu'elle est saisie par une personne à qui est opposé un refus de communication d'un document administratif en application du chapitre Ier (). / La saisine pour avis de la commission est un préalable obligatoire à l'exercice d'un recours contentieux ". Il résulte de ces dispositions que le juge de l'excès de pouvoir ne peut être saisi de conclusions tendant à l'annulation d'une décision de refus de communication de documents administratifs que pour les seuls documents pour lesquels la Cada a émis un avis.
4. Il ressort de l'avis de la Cada cité au point 1 que l'acte concernant la nomination de M. D, transmis au tribunal pour assermentation, est communicable sous réserve de l'occultation préalable, le cas échéant, des mentions relevant du secret de sa vie privée. Dès lors, aucun obstacle ne s'oppose à la communication de ce document.
5. Il résulte de tout ce qui précède que M. E est fondé à demander l'annulation de la décision du 18 mars 2023 par laquelle le directeur de l'Institut français du cheval et de l'équitation (IFCE) a implicitement refusé de lui communiquer l'acte de nomination pour assermentation de M. D.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
6. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'enjoindre au directeur de l'IFCE de communiquer à M. E l'acte de nomination de M. D pour assermentation, sous la réserve indiquée au point 4, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par l'IFCE soit mise à la charge de M. E, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er: La décision du 18 mars 2023 par laquelle le directeur de l'Institut français du cheval et de l'équitation (IFCE) a implicitement refusé de communiquer à M. E l'acte de nomination pour assermentation de M. D est annulée.
Article 2:Il est enjoint au directeur de l'IFCE de communiquer à M. E le document cité à l'article 1er, sous réserve de l'occultation préalable, le cas échéant, des mentions relevant du secret de la vie privée concernant l'agent, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3:Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4:Le présent jugement sera notifié à M. A E et à l'Institut français du cheval et de l'équitation.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2024.
Le magistrat désigné,
A. C
La greffière,
M. B
La République mande et ordonne
au préfet de la Corrèze en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour La Greffière en Chef
La Greffière
M. B
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