Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2301096

jeudi 22 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2301096
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantMALABRE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 juin 2023, M. B A, représenté par Me Malabre, avocat, demande au juge des référés :

1°) de condamner l'Etat à lui verser une provision d'un montant global de 17 000 euros, augmenté des intérêts au taux légal à compter du 10 mars 2023, date de sa demande préalable, en réparation d'un préjudice matériel et d'une perte de chance, et des troubles dans ses conditions d'existence et du préjudice moral qu'il a subis du fait, d'une part, de la décision implicite de refus de délivrance d'un titre de séjour l'autorisant à travailler résultant de la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étudiant en date du 7 février 2020, d'autre part, de l'illégalité de l'arrêté du 29 août 2022 par lequel la préfète de la Haute-Vienne lui a refusé le renouvellement d'un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire, enfin, du refus de délivrance d'un récépissé l'autorisant à travailler en date du 2 mars 2023 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 400 euros à verser à son conseil en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de la renonciation par celui-ci, le cas échéant, à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.

M. A soutient que :

- il remplissait les conditions pour obtenir un titre de séjour l'autorisant à travailler sur le fondement de l'ancien article L. 313-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à la date du 7 février 2020 à laquelle ne lui a été délivré qu'un titre de séjour portant la mention " étudiant " ; ce refus implicite de délivrance d'un titre de séjour renouvelable l'a maintenu en situation précaire ;

- le refus de délivrance d'un titre de séjour et l'obligation de quitter le territoire, par une décision illégale, et partant fautive, du 29 août 2022, annulés par un jugement du tribunal du 28 février 2023, et la menace de son éloignement, puis le refus, en date du 2 mars 2023, de délivrance d'un récépissé l'autorisant à travailler illégal pour incompétence du signataire, défaut de motivation, erreur de droit et atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale, en le privant de toute possibilité de ressources par le travail et en le maintenant dans une situation matériellement précaire et d'angoisse, ont entraîné pour lui un préjudice matériel, un préjudice moral et des troubles dans ses conditions d'existence ;

- il doit être fait une juste appréciation de la provision à valoir sur ses préjudices, sur une période du 7 février 2020 au 17 mai 2023, en l'estimant à une somme de 2 000 euros au titre du préjudice moral et des troubles dans ses conditions d'existence, et à une somme de 15 000 euros au titre du préjudice matériel et de la perte de chance.

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 juillet 2023, la préfète de la Haute-Vienne conclut au rejet de la demande.

Elle fait valoir que la demande n'est pas fondée.

M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 21 mars 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Vu l'arrêté du vice-président du Conseil d'Etat en date du 10 mai 2022 par lequel M. Daniel Josserand-Jaillet, président honoraire du corps des magistrats des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel, a été inscrit sur la liste des magistrats honoraires prévue à l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative.

M. Daniel Josserand-Jaillet, président de tribunal administratif honoraire, a été désigné par le président du tribunal pour exercer les pouvoirs du juge des référés.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. ". Pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude. Dans l'hypothèse où l'évaluation du montant de la provision résultant de cette obligation est incertaine, le juge des référés ne doit allouer de provision, le cas échéant assortie d'une garantie, que pour la fraction de ce montant qui lui parait revêtir un caractère de certitude suffisant. Il en découle qu'il appartient au demandeur d'apporter tous les éléments utiles à l'appui de la démonstration de l'existence, de la nature, de la consistance et du montant de la créance dont il se prévaut.

2. M. B A, ressortissant guinéen né le 26 janvier 2002, est entré en France le 22 juin 2018, se déclarant mineur isolé. Il a été pris en charge par le département de la Haute-Vienne à la suite d'une ordonnance de placement provisoire du procureur de la République de Clermont-Ferrand en date du 14 juillet 2018, puis par un jugement en assistance éducative du 16 août 2018. Par un arrêté du 7 février 2020, l'autorité préfectorale lui a délivré un titre de séjour portant la mention " étudiant " sur le fondement de l'article L. 313-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lequel titre a été renouvelé jusqu'au 6 décembre 2021. Le 18 novembre 2021, l'intéressé a sollicité la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " salarié ". Par un arrêté du 29 août 2022, la préfète de la Haute-Vienne a rejeté cette demande, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Par un jugement du 28 février 2023, le tribunal administratif de Limoges a annulé cet arrêté au motif qu'il ne pouvait légalement intervenir avant l'abrogation de l'autorisation de travail délivrée le 31 mars 2022 par la plateforme interrégionale de la main-d'œuvre étrangère de Tulle et a enjoint à la préfète de la Haute-Vienne de réexaminer la situation de M. A dans un délai de trois mois. Une autorisation provisoire de séjour, ne l'autorisant toutefois pas à travailler, a été délivrée à M. A le 2 mars 2023. Par une ordonnance du 27 avril 2023, le juge des référés du tribunal a rejeté, pour défaut d'urgence, la demande de suspension formée par M. A contre cette autorisation dans la mesure de cette restriction. Un recours en annulation contre cette autorisation est pendant devant le tribunal à la date de la présente ordonnance. Par un arrêté du 17 mai 2023, la préfète de la Haute-Vienne a abrogé la décision portant autorisation de travail délivrée le 31 mars 2022 par la plateforme interrégionale de la main-d'œuvre étrangère de Tulle, a rejeté la demande de titre de séjour présentée par M. A, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de soixante jours et a fixé la Guinée comme pays de destination. Par un jugement du 28 septembre 2023, le tribunal administratif a prononcé l'annulation de l'arrêté du 17 mai 2023 en tant qu'il porte abrogation de l'autorisation de travail du 31 mars 2022 et a rejeté le surplus des conclusions de M. A dirigées contre cet arrêté. Par une ordonnance du 6 novembre 2023, la juge des référés de la cour administrative d'appel de Bordeaux a rejeté la demande de M. A, qui a par ailleurs présenté une requête d'appel contre ce jugement, tendant au sursis à l'exécution de ce jugement en tant qu'il lui est défavorable. Après avoir présenté une réclamation préalable datée du 10 mars 2023, dont l'administration a accusé réception le 19 avril 2023, M. A, qui a par ailleurs formé un recours indemnitaire au fond, demande la condamnation de l'Etat à lui verser une provision d'un montant total, en principal, de 17 000 euros à valoir sur la réparation des préjudices qu'il estime avoir subis, du fait de l'obstacle mis à sa possibilité de travailler par la délivrance d'un titre de séjour d'étudiant le 7 février 2020, de l'illégalité de l'arrêté du 29 août 2022, et de l'illégalité de l'autorisation provisoire de séjour du 2 mars 2023 en tant qu'elle ne comporte pas d'autorisation de travailler.

Sur les conclusions aux fins d'indemnisation :

En ce qui concerne le principe de la responsabilité :

S'agissant de la délivrance du titre de séjour du 7 février 2020 à M. A en qualité d'étudiant :

3. Il résulte de l'instruction que M. A, qui n'établit pas avoir sollicité, comme il l'affirme dans sa requête, un titre de séjour de salarié sur le fondement de l'article L. 313-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa version alors en vigueur, a été muni à l'acquisition de sa majorité d'un titre de séjour d'étudiant le 7 février 2020, puis en cette même qualité d'une carte de séjour pluriannuelle valide du 7 février 2020 au 6 décembre 2021. Il était ainsi autorisé à travailler à titre accessoire. Ces décisions, en tout état de cause favorables à l'intéressé, et devenues définitives en l'absence de contestation, ne révèlent pas par elles-mêmes le détournement de pouvoir allégué par M. A tiré de ce qu'elles se seraient substituées à l'octroi de titres de séjour en qualité de salarié dans le but de le maintenir en situation de précarité en ne lui ouvrant pas un plein accès à l'emploi. M. A n'établit dès lors avoir sollicité un titre de séjour en qualité de salarié qu'à compter de sa demande de renouvellement de titre de séjour, qui doit être regardée comme une demande de changement de statut, datée du 18 novembre 2021, mentionnée par l'ordonnance du 6 novembre 2023, et précisée par les termes du courrier daté du 16 décembre 2021 par lequel il exposait sa situation à l'administration. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir qu'en lui délivrant un titre de séjour en qualité d'étudiant à compter du 7 février 2020, l'administration, qui n'a pas dénaturé sa demande, aurait commis une faute de nature à engager sa responsabilité.

S'agissant de l'illégalité de l'arrêté du 29 août 2022 :

4. Par le jugement susmentionné du 28 février 2023, devenu définitif, le tribunal a annulé l'arrêté du 29 août 2022 au motif que ce dernier n'avait pu légalement intervenir sans qu'ait été au préalable abrogée l'autorisation de travail au sens de l'article L. 5221-2 du code du travail délivrée à l'intéressé le 31 mars 2022 par la plateforme interrégionale de la main-d'œuvre étrangère de Tulle. Cette erreur de droit qui entache la décision annulée d'illégalité constitue, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens articulés à l'appui de sa demande sur ce point par M. A, une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat.

S'agissant de l'autorisation provisoire de séjour du 2 mars 2023 :

5. Par le même jugement du 28 février 2023, le tribunal a enjoint à l'autorité préfectorale de réexaminer la situation de M. A. Il résulte de l'instruction qu'en exécution de cette injonction, qui ne s'étend pas à la délivrance d'un titre de séjour, la préfète de la Haute-Vienne a délivré à M. A, le 2 mars 2023, une autorisation provisoire de séjour pour le temps de l'instruction de son dossier. M. A a formé un recours en annulation, à la date de la présente ordonnance pendant devant le tribunal, contre cette autorisation provisoire de séjour en tant qu'elle ne l'autorise pas explicitement à travailler. Par ailleurs, ainsi que le relève dans ses motifs l'ordonnance n° 2300567 du 27 avril 2023 par laquelle le président du tribunal, juge des référés, a rejeté la demande de suspension de l'exécution de ladite autorisation provisoire de séjour et tendant à ce qu'il soit enjoint à l'administration d'autoriser M. A à travailler, celui-ci était, à la date du 2 mars 2023, titulaire de l'autorisation de travail susmentionnée du 31 mars 2022 qui n'était, dans ces circonstances, pas abrogée. Il suit de là que M. A, d'une part, ne justifie pas avoir été empêché de travailler par un agissement de l'administration en tant que celle-ci se serait abstenue de lui délivrer une autorisation de travail, d'autre part, n'établit pas, en l'état du dossier, l'illégalité de cette autorisation provisoire de séjour et que, par voie de conséquence, celle-ci aurait fait obstacle à l'exercice d'une activité professionnelle par l'intéressé. Dans ces conditions, M. A n'établit pas, avec un degré suffisant de certitude, l'existence d'une faute de l'administration dans les circonstances de la délivrance de l'autorisation provisoire de séjour en litige devant le tribunal et qui serait en lien avec les préjudices qu'il invoque au titre desquels il sollicite le versement d'une provision.

6. Il résulte de ce qui précède que M. A, en tout état de cause, n'est fondé à faire valoir, à l'appui de cette demande, que l'illégalité fautive de l'arrêté du 29 août 2022, dont les effets, courant le long de son exécution, n'ont pu s'étendre que de la date de sa signature à celle de son annulation par le jugement du 28 février 2023, soit sur une période de six mois.

En ce qui concerne le lien de causalité entre la faute de l'Etat et les préjudices invoqués :

7. Si l'intervention d'une décision illégale constitue une faute susceptible d'engager la responsabilité de son auteur, elle n'est toutefois susceptible de donner lieu à réparation que si cette faute est directement à l'origine d'un préjudice certain, actuel et personnel.

8. Il suit de là, en premier lieu, que les différents chefs de préjudices dont M. A demande la réparation et qui se seraient produits en-dehors de la période déterminée au point 6 de la présente ordonnance, et notamment au-delà du 2 mars 2023, ne peuvent être regardés, en tout état de cause, comme étant en lien avec l'illégalité fautive de l'arrêté du 29 août 2022. Les conclusions de la demande tendant à la condamnation de l'Etat à verser une provision à M. A à ce titre ne peuvent dès lors qu'être rejetées.

9. En deuxième lieu, M. A demande à être indemnisé du préjudice moral et des troubles dans les conditions d'existence qu'il a subis du fait du refus de titre de séjour, de l'obligation de quitter le territoire dans un délai de soixante jours et de la décision fixant le pays de destination. Ces décisions, notamment celles constituant les mesures d'éloignement, quoique le recours formé par l'intéressé ait de fait empêché leur mise à exécution, ont nécessairement été par leur nature à l'origine de craintes pour M. A, avec la circonstance qu'il établit avoir dû faire face dans le même temps à un état de santé défaillant pour des causes exogènes à cette situation. Par ailleurs, entre le 29 août 2022 et le 2 mars 2023, l'absence de tout justificatif d'une situation régulière en France a eu nécessairement pour effet de faire obstacle à sa recherche d'activité professionnelle. La seule circonstance que l'intéressé se soit maintenu en France après le refus de séjour, finalement annulé, n'est pas de nature à le priver de tout droit à indemnisation des préjudices subis. Dans ces circonstances propres à l'espèce, M. A établit avec un degré suffisant de certitude l'existence d'une obligation contre l'Etat non sérieusement contestable au titre de son préjudice matériel, de son préjudice moral et de troubles dans ses conditions d'existence en lien avec l'illégalité fautive de l'arrêté du 29 août 2022.

En ce qui concerne les préjudices :

10. Eu égard à la durée de la situation précaire et incertaine dans laquelle M. A s'est trouvé du fait de la faute commise par l'administration, entre le 29 août 2022 et le 2 mars 2023, il sera fait une juste appréciation de la provision au titre du préjudice moral et des troubles dans ses conditions d'existence en l'estimant à une somme de 2 000 euros.

11. M. A fait valoir un préjudice matériel né en premier lieu de la perte de ses chances d'obtenir un emploi et d'en tirer les ressources correspondantes. Il ressort de l'attestation établie le 21 octobre 2022 par un médecin généraliste qu'à cette date M. A était en convalescence d'une intervention chirurgicale, en arrêt-maladie, et que son état de santé contre-indiquait un travail physique. Une seconde attestation, de la même date et du même médecin, précise que la durée des soins était estimée à une année. Il en ressort qu'en tout état de cause, l'empêchement de M. A à exercer une activité professionnelle trouve son origine exclusive dans son état de santé et non, directement, dans la faute commise par l'administration. Au regard des nombreux justificatifs médicaux produits à l'instance par M. A, qui a ainsi levé le secret médical, ces circonstances conduisent à écarter, compte-tenu des activités concernées, les différentes opportunités d'embauche dont fait état M. A à l'appui de la justification de la réalité de son préjudice. Par les pièces qu'il produit, en l'état de l'instruction devant le juge des référés, M. A ne peut dès lors être regardé dans ces conditions comme justifiant d'un préjudice né de ce que la faute commise par l'administration aurait eu pour conséquence directe de le priver d'une source de revenus professionnels. Il résulte de l'instruction que les difficultés qu'il justifie avoir rencontrées dans l'obtention de son permis de conduire ressortissent de la même cause. Enfin, s'il justifie avoir été empêché, du fait de sa situation administrative au regard du séjour, de percevoir les aides au logement qui, à situation égale, lui étaient versées par la caisse d'allocations familiales et dont le remboursement de l'indu versé lui a été réclamé, il ressort des relevés de prestations produits à l'instance que les versements n'ont de fait pas été interrompus durant la période du 29 août 2022 au 2 mars 2023. Il suit de là que M. A ne justifie pas d'un préjudice matériel en lien avec l'illégalité fautive de l'arrêté du 29 août 2022.

12. Il résulte de tout ce qui précède que l'Etat doit être condamné à verser à M. A une somme globale de 2 000 euros à titre de provision. Cette somme portera intérêts au taux légal à compter du 16 mars 2023, date de réception de la demande préalable par l'administration.

Sur l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

13. M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Malabre, avocat de M. A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Malabre de la somme de 1 000 euros.

O R D O N N E :

Article 1er : L'Etat est condamné à verser une somme de 2 000 euros (deux mille euros) à M. A, à titre de provision sur la réparation de l'ensemble de ses préjudices. Cette somme portera intérêts au taux légal à compter du 16 mars 2023.

Article 2 : L'Etat versera à Me Malabre une somme de 1 000 (mille) euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve de sa renonciation à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, au préfet de la Haute-Vienne et à Me Malabre.

GHELLAMGGGG

Limoges, le 22 février 2024.

Le juge des référés,

D. JOSSERAND-JAILLET

La République mande et ordonne

au préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

Le Greffier en Chef

A. BLANCHON

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