Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2301112
jeudi 22 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2301112 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 juin 2023, et un mémoire complémentaire, enregistré le 7 juillet 2023, M. B A doit être regardé comme demandant au juge des référés, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner le département de la Creuse à lui verser une provision de 47 275,20 euros ;
2°) de mettre à la charge du département de la Creuse ses frais exposés en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 695 à 700 du code de procédure civile.
M. A, qui doit être regardé comme motivant sa demande par référence à une demande préalable adressée au département de la Creuse en date du 27 juin 2023, soutient que l'illégalité du refus de son recrutement en qualité d'assistant ingénieur en lien avec une décision du 6 août 2022 relative à ses droits au revenu de solidarité active revêtant un caractère de sanction lui ont fait perdre une chance de trouver un emploi et lui ont occasionné un préjudice correspondant à huit mois de revenu, pour une somme totale de 47 275,20 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 septembre 2023, le département de la Creuse conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la demande est irrecevable ;
- M. A n'établit l'existence d'aucune créance.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Vu l'arrêté du vice-président du Conseil d'Etat en date du 10 mai 2022 par lequel M. Daniel Josserand-Jaillet, président honoraire du corps des magistrats des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel, a été inscrit sur la liste des magistrats honoraires prévue à l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative.
Par un arrêté du 1er septembre 2022, M. Daniel Josserand-Jaillet, président de tribunal administratif honoraire, a été désigné par le président du tribunal pour exercer les pouvoirs du juge des référés.
Considérant ce qui suit :
Sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée à la requête :
1. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. ". Pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude. Dans l'hypothèse où l'évaluation du montant de la provision résultant de cette obligation est incertaine, le juge des référés ne doit allouer de provision, le cas échéant assortie d'une garantie, que pour la fraction de ce montant qui lui parait revêtir un caractère de certitude suffisant. Il en découle qu'il appartient au demandeur d'apporter tous les éléments utiles à l'appui de la démonstration de l'existence, de la nature, de la consistance et du montant de la créance dont il se prévaut.
2. M. A, à l'appui de sa demande de provision, fait valoir en premier lieu que le refus de le recruter en qualité d'assistant ingénieur a eu pour effet de le priver des revenus attendus de cet exercice professionnel, et en second lieu sa contestation de la décision du 6 août 2022 par laquelle le président du conseil départemental de la Creuse a réduit le montant de son allocation de revenu de solidarité active de 75 euros pour un mois en raison du défaut de respect par M. A des obligations auxquelles il est soumis en qualité de bénéficiaire de cette prestation sociale.
3. D'une part, M. A, qui au demeurant et quoiqu'il aurait été le seul postulant ne justifie d'aucun droit à être recruté pour les fonctions auxquelles il avait fait acte de candidature, n'établit pas l'existence d'un quelconque préjudice en lien avec le rejet de cette candidature par le département de la Creuse non plus d'ailleurs, surabondamment, que l'existence d'une faute du département dans ce même rejet.
4. D'autre part, en se bornant à faire valoir une contestation contentieuse de la décision du 6 août 2022, M. A n'établit pas l'illégalité de celle-ci, ni un agissement fautif de l'administration à l'occasion de l'intervention de cette décision, non plus au surplus que l'existence d'un lien entre une absence de revenus qu'il aurait tirés de l'exercice des fonctions auxquelles il postulait et l'objet de cette décision tel que mentionné au point 2 de la présente ordonnance.
5. Il résulte de ce qui précède que M. A ne justifie, en l'état du dossier, d'aucune créance non sérieusement contestable à l'encontre du département de la Creuse. Par suite, sa demande de provision ne peut qu'être rejetée.
6. Il suit de là, et en tout état de cause, que les conclusions, par ailleurs non chiffrées, de M. A tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au conseil départemental de la Creuse.
GHELLAMGGGG
Limoges, le 22 février 2024.
Le juge des référés,
D. JOSSERAND-JAILLET
La République mande et ordonne
à la préfète de la Creuse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Le Greffier en Chef
A. BLANCHON
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