Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2301695

vendredi 8 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2301695
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationJUGE UNIQUE A SLIMANI

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Limoges, statuant en juge unique, a rejeté la requête de M. A qui demandait l’annulation du refus de la caisse d’allocations familiales de la Haute-Ville de lui accorder une remise gracieuse d’un trop-perçu de prime d’activité de 3 266,74 euros. Le juge a rappelé que la remise peut être accordée en cas de bonne foi ou de précarité, sur le fondement de l’article L. 845-3 du code de la sécurité sociale. Constatant que la bonne foi n’était pas contestée, il a estimé que M. A n’établissait pas sa situation de précarité, faute de produire des éléments sur ses ressources et charges, et que la dette n’excédait pas manifestement ses capacités contributives. La requête a donc été rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 30 septembre 2023, M. D A demande au tribunal d'annuler la décision du 21 septembre 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Haute-Vienne a rejeté sa demande de remise d'un trop-perçu de prime d'activité d'un montant de 3 266,74 euros.

Il soutient qu'il n'a pas la capacité financière de payer cette dette.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 mars 2024, la caisse d'allocations familiales de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que le moyen soulevé par le requérant n'est pas fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. C en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

M. C a présenté son rapport au cours de l'audience publique à laquelle aucune des parties n'était présente ou représentée et à l'issue de laquelle a été prononcée la clôture d'instruction.

Considérant ce qui suit :

1. M. A demande l'annulation de la décision du 21 septembre 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales (Caf) de la Haute-Vienne a rejeté sa demande de remise d'un trop-perçu de prime d'activité d'un montant de 3 266,74 euros.

2. Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. () La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. "

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise.

4. En l'espèce, après un contrôle de ressources, il est apparu que M. A, qui avait déclaré à la Caf être isolé et sans enfant à charge jusqu'en juin 2023, était en réalité marié depuis le 7 août 2021, ce qui a engendré l'indu en litige dont il ne conteste pas le bien-fondé. Par ailleurs, pour solliciter la remise gracieuse de sa dette, M. A, dont la bonne foi n'est pas en débat, soutient qu'il se trouve dans une situation financière précaire. Toutefois, malgré la mesure d'instruction diligentée en ce sens par la juridiction le 3 octobre 2024, l'intéressé qui bénéficiait d'un revenu disponible de 944 euros à la date de sa demande de remise de dette, ne produit aucun élément relatif aux ressources et charges du foyer qui permettrait d'établir l'existence d'une situation de précarité justifiant une remise de dette. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que l'indu laissé à sa charge, dont le montant s'établit à 3 266,74 euros, excéderait manifestement ses capacités contributives, et ce d'autant qu'il lui est loisible de solliciter un remboursement échelonné de sa dette, adapté à ses capacités contributives.

5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er: La requête de M. A est rejetée.

Article 2:Le présent jugement sera notifié à M. D A et à la ministre du travail et de l'emploi. Une copie en sera adressée pour information à la caisse d'allocations familiales de la Haute-Vienne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 novembre 2024.

Le magistrat désigné,

A. C

La greffière,

M. B

La République mande et ordonne

à la ministre du travail et de l'emploi en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

Pour la Greffière en Chef

La Greffière

M. B

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