Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2302059

jeudi 2 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2302059
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème chambre
Avocat requérantMALABRE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Par un jugement no 2000367 en date du 4 mai 2023, le tribunal administratif de Limoges a condamné l'Etat à verser les sommes de 2 000 et 1 000 euros en réparation des préjudices moraux subis par Mme E et sa fille C F ainsi que la somme de 1 200 euros au titre du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Procédure devant le tribunal :

Par une requête enregistrée le 23 novembre 2023, Mme E, représentée par Me Malabre, et Me Malabre demandent au tribunal :

1°) d'enjoindre au préfet de la Charente, dans un délai de 8 jours, sous astreinte de 200 euros par jour de retard, d'exécuter le jugement susvisé en tant qu'il a été enjoint à l'autorité préfectorale de verser les sommes de 3 000 euros à titre de dommages intérêts et 1 200 euros au titre des frais irrépétibles, avec les intérêts au taux légal augmentés de cinq points passés un délai de deux mois.

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 400 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que la préfète de la Charente n'a pas exécuté le jugement susvisé.

La requête a été communiquée à la préfète de la Charente, qui n'a pas produit de mémoire.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le jugement no2000367 du 4 mai 2023 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Normand,

- les conclusions de Mme Benzaïd, rapporteure public,

- et les observations de M. B substituant Me Malabre et représentant Mme E.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes d'une part, de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander au tribunal administratif ou à la cour administrative d'appel qui a rendu la décision d'en assurer l'exécution. () Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte ".

2. Aux termes d'autre part du I de l'article 1er de la loi du 16 juillet 1980 reproduit à l'article L. 911-9 du code de justice administrative : " Lorsqu'une décision juridictionnelle passée en force de chose jugée a condamné l'Etat au paiement d'une somme d'argent dont le montant est fixé par la décision elle-même, cette somme doit être ordonnancée dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision de justice. / () / A défaut d'ordonnancement dans les délais mentionnés aux alinéas ci-dessus, le comptable assignataire de la dépense doit, à la demande du créancier et sur présentation de la décision de justice, procéder au paiement. ".

3. Dès lors que la disposition législative précitée permet aux requérants et à leur avocat, en cas d'inexécution du jugement du 4 mai 2023 passé en force de chose jugée ayant condamné l'Etat à verser la somme de 3 000 euros à Mme E ainsi que la somme de 1 200 euros à leur avocat, Me Malabre, d'obtenir le mandatement d'office de ces sommes, par le comptable assignataire de la dépense, et qu'aucune demande en ce sens n'a été présentée devant le directeur départemental des finances publiques de la Charente, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions des requérants. Il résulte de ce qui précède que les conclusions tendant au versement d'une somme d'argent au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D E, à Me Malabre et à la préfète de la Charente.

Délibéré après l'audience du 4 avril 2024 où siégeaient :

- M. Normand, président,

- Mme Siquier, première conseillère,

- Mme Gaullier-Chatagner, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 mai 2024.

Le président-rapporteur,

N. NORMAND

Le premier assesseur,

H. SIQUIER

La greffière d'audience,

M. A

La République mande et ordonne

à la préfète de la Charente en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

La Greffière en Chef

A. BLANCHON

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