Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2302137
mardi 13 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2302137 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces enregistrés les 10 décembre 2023 et 8 janvier 2024, M. B C, représenté par Me Toulouse, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 10 octobre 2023 par lequel la préfète de la Creuse lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre à la préfète de la Creuse, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour dans le délai d'un mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros, à verser à son conseil, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve de sa renonciation, le cas échéant, à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
M. C soutient que :
La décision portant refus de titre de séjour :
- est entachée d'un vice d'incompétence ;
- est entachée d'un défaut de motivation et d'un défaut d'examen sérieux ;
- elle méconnait l'article L. 233-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle contrevient aux articles L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 7 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne.
Par un mémoire en défense et des pièces, enregistrés le 10, le 19 et le 22 janvier 2024, la préfète de la Creuse conclut au non-lieu à statuer dès lors qu'elle a procédé au retrait de son arrêté du 10 octobre 2023 et a décidé de délivrer au requérant la carte de séjour sollicitée.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 14 novembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Martha a été entendu au cours de l'audience publique à laquelle les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant russe, est entré en France le 26 octobre 2017. Il a présenté une demande de titre de séjour en tant que conjoint d'une ressortissante de l'Union européenne. Par un arrêté du 10 octobre 2023, dont l'intéressé demande l'annulation, la préfète de la Creuse a refusé de lui délivrer le titre demandé, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
2. Il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté du 9 janvier 2024, la préfète de la Creuse a retiré son arrêté du 10 octobre 2023 portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français à l'encontre de M. C. En outre, par un courriel du 17 janvier 2024, reçu le lendemain, la préfète a fait droit à la demande de titre de séjour formulée par l'intéressé. Dans ces conditions, celui-ci ayant obtenu satisfaction, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation et à fin d'injonction qu'il a présentées.
Sur les frais d'instance :
3. M. C a été admis à l'aide juridictionnelle totale. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros demandée au titre de ces frais.
D E C I D E :
Article 1er: Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction présentées par M. C.
Article 2:Le surplus des conclusions est rejeté.
Article 3:Le présent jugement sera notifié à M. B C et à la préfète de la Creuse.
Délibéré après l'audience du 30 janvier 2024 où siégeaient :
- M. Artus, président,
- M. Martha, premier conseiller,
- M. Boschet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 février 2024.
Le rapporteur,
F. MARTHA
Le président,
D. ARTUS
La greffière,
G. JOURDAN-VIALLARD
La République mande et ordonne
à la préfète de la Creuse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef
La Greffière
M. A
lg