Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2400118

mardi 6 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2400118
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 19 et 25 janvier 2024, M. B C, représenté par Me Mons-Bariaud, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 2 août 2023 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de procéder à l'échange de son permis de conduire algérien, ensemble celle des décisions implicites nées les 19 et 22 novembre 2023 rejetant ses recours gracieux, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de procéder au réexamen de sa situation ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie puisque sans permis de conduire, il se trouve dans l'impossibilité de travailler ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision du 2 août 2023 :

' il n'est pas justifié de la compétence de son auteur ;

' elle est entachée d'une erreur d'appréciation puisqu'il avait effectué toutes les démarches de renouvellement de son titre de séjour.

Par un mémoire en défense enregistré le 25 janvier 2024, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- la condition d'urgence n'est pas remplie puisque M. C ne démontre pas qu'il se trouve dans une situation précaire et que son permis de conduire serait indispensable pour qu'il exécute son contrat de travail ;

- aucun des moyens soulevés par le requérant n'est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse.

Vu :

- les autres pièces du dossier

- la requête enregistrée le 19 janvier 2024 sous le n° 2400117 par laquelle M. C demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de la route ;

- l'arrêté du 12 janvier 2012 fixant les conditions de reconnaissance et d'échange des permis de conduire délivrés par les États n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A,

- et les observations de Me Mons-Bariaud, représentant M. C.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant algérien, a sollicité le 2 juin 2023 l'échange de son permis de conduire délivré le 10 octobre 2020 en Algérie contre un permis de conduire français. Par une décision du 2 août 2023, le préfet de la Loire-Atlantique a rejeté sa demande. Les recours gracieux qu'il a exercés les 19 et 22 septembre 2023 à l'encontre de cette décision ont été rejetés par deux décisions implicites nées les 19 et 22 novembre 2023. Par la présente requête, M. C demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de ces trois décisions.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

3. Aux termes de l'article R. 222-3 du code de la route : " Tout permis de conduire national, en cours de validité, délivré par un Etat ni membre de l'Union européenne, ni partie à l'accord sur l'Espace économique européen, peut être reconnu en France jusqu'à l'expiration d'un délai d'un an après l'acquisition de la résidence normale de son titulaire. Pendant ce délai, il peut être échangé contre le permis français, sans que son titulaire soit tenu de subir les examens prévus au premier alinéa de l'article D. 221-3. Les conditions de cette reconnaissance et de cet échange sont définies par arrêté du ministre chargé de la sécurité routière, () ". Aux termes de l'article 4 de l'arrêté du 12 janvier 2012 : " I. - Tout titulaire d'un permis de conduire délivré régulièrement au nom d'un Etat n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen doit obligatoirement demander l'échange de ce titre contre un permis de conduire français dans le délai d'un an qui suit l'acquisition de sa résidence normale en France () ".

4. En l'espèce, il résulte de l'instruction que M. C a présenté sa demande d'échange de permis de conduire au-delà du délai d'un an suivant son entrée sur le territoire sous le couvert d'un visa valant titre de séjour et emportant résidence normale en France. Le préfet de la Loire-Atlantique était, par suite, tenu de rejeter sa demande, alors que le requérant n'établit pas avoir été induit en erreur par l'administration dans la réalisation de ses démarches. Dans ces conditions, et dès lors qu'il résulte de l'instruction que l'autre moyen invoqué, tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision du 2 août 2023, n'est pas davantage de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées, il y a lieu, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, de rejeter la requête de M. C en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er: La requête susvisée de M. C est rejetée.

Article 2:La présente ordonnance sera notifiée à M. B C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer. Une copie en sera adressée pour information au préfet de la Loire Atlantique.

GHELLAMGGGG

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 février 2024

Le juge des référés,

D. A

Le greffier en chef,

A. BLANCHON

La République mande et ordonne

au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

Le Greffier en Chef,

A. BLANCHON

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