mardi 7 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2400130 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | TRAORE |
Vu la procédure suivante :
I. Sous le n° 2400125, par une requête enregistrée le 23 janvier 2024, M. B A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 22 janvier 2024 par lequel le préfet de la Corrèze a refusé de lui délivrer un titre de séjour, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans.
Le 1er février 2024, le préfet de la Corrèze a notamment produit un arrêté du 1er février 2024 par lequel il a décidé du placement de M. A en situation de rétention administrative.
II. Sous le n° 2400130, par une requête enregistrée le 23 janvier 2024, M. B A, représenté par Me Traore, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 22 janvier 2024 par lequel le préfet de la Corrèze a refusé de lui délivrer un titre de séjour, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans.
Il soutient que :
Sur l'arrêté pris dans son ensemble :
- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de cet arrêté ;
- les décisions contenues dans cet arrêté sont insuffisamment motivées ;
- les décisions contenues dans cet arrêté méconnaissent les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
- cette décision est entachée d'erreur de droit ou, à tout le moins, d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense et des pièces enregistrés les 31 janvier et 1er février 2024, le préfet de la Corrèze conclut au rejet de la requête comme non-fondée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Boschet a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A est un ressortissant surinamien né le 14 mars 1990. Le 12 octobre 2023, alors qu'il était incarcéré au centre de détention d'Uzerche, il a sollicité un titre de séjour. Par un arrêté du 22 janvier 2024, le préfet de la Corrèze a refusé de faire droit à cette demande, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans. Par deux requêtes enregistrées sous les nos 2400125 et 2400130, qu'il y a lieu de joindre, M. A demande l'annulation de cet arrêté.
Sur l'étendue du litige :
2. Eu égard au placement de M. A au centre de rétention administrative de Hendaye, le président du tribunal administratif de Limoges, par ordonnance du 1er février 2024, a transmis au tribunal administratif de Pau les dossiers des deux requêtes de l'intéressé mais a renvoyé à une formation collégiale du tribunal administratif de Limoges les conclusions de ces requêtes tendant à l'annulation de la décision du 22 janvier 2022 par laquelle le préfet de la Corrèze lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour. Il n'y a donc lieu, dans la présente instance, que de se prononcer sur les conditions dirigées à l'encontre de cette décision.
Sur les conclusions aux fins d'annulation de la décision de refus de délivrance d'un titre de séjour :
3. En premier lieu, l'arrêté du 22 janvier 2024 a été signé par le secrétaire général de la préfecture de Corrèze, M. C, qui a reçu délégation, par un arrêté en date du 8 septembre 2022 du préfet de la Corrèze, régulièrement publié au recueil des actes administratifs n° 19-2022-084 du 8 septembre 2022, pour signer " tous les actes administratifs relatifs au séjour et à la police des étrangers () ". Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision refusant la délivrance d'un titre de séjour manque en fait et doit être écarté.
4. En deuxième lieu, la décision du 22 janvier 2024 par laquelle le préfet de la Corrèze a refusé de délivrer un titre de séjour à M. A comporte l'énoncé des motifs de droit et de fait sur lesquels elle se fonde. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de cette décision doit être écarté.
5. En troisième lieu, M. A n'établit ni même n'allègue qu'il disposerait en France de liens personnels ou familiaux d'une particulière intensité. En outre, il ressort des pièces du dossier que, par un jugement du 19 décembre 2019 du tribunal correctionnel de Cayenne et par un arrêt du 16 janvier 2020 de la cour d'appel de Cayenne, il a respectivement été condamné à une peine de deux ans de prison pour des faits de vol aggravé par deux circonstances commis en 2013 et de cinq ans de prison pour des faits de violence aggravée par deux circonstances suivie d'une ITT de plus de huit jours et de vol en réunion commis en 2017. Par ailleurs, M. A n'établit ni même n'allègue qu'il serait dépourvu d'attaches dans son pays d'origine. Dans ces conditions, en refusant de lui délivrer un titre de séjour, le préfet de la Corrèze n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit de M. A au respect de sa vie privée et familiale. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit donc être écarté.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. A tendant à l'annulation de la décision du 22 janvier 2022 par laquelle le préfet de la Corrèze a refusé de lui délivrer un titre de séjour doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions de M. A tendant à l'annulation de la décision du 22 janvier 2022 par laquelle le préfet de la Corrèze a refusé de lui délivrer un titre de séjour sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A, à Me Traore et au préfet de la Corrèze.
Délibéré après l'audience du 16 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Artus, président,
M. Crosnier, premier conseiller,
M. Boschet, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mai 2024.
Le rapporteur,
J. BOSCHET
Le président,
D. ARTUS La greffière en chef,
A. BLANCHON
La République mande et ordonne
au préfet de la Corrèze en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
La greffière en chef,
A. BLANCHON
Nos 2400125,2400130
mf
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026