mardi 18 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2400157 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | INTERBARREAUX RACINE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 janvier 2024, M. B D, représenté par Me Gaffet, demande au juge des référés :
1°) de désigner, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, un expert chargé de se prononcer sur l'évaluation des préjudices qu'il estime avoir subis à la suite de sa prise en charge au sein du centre hospitalier de Saint-Junien le 21 mai 2021 ;
2°) de réserver les dépens.
Il soutient que :
- si le docteur C a été désigné consécutivement à une première demande d'expertise et a conclu, dans son rapport du 7 avril 2023, à l'imputabilité directe et certaine de sa paralysie radiale post opératoire à de multiples manquements commis par le centre hospitalier de Saint-Junien, l'expert a par ailleurs fait état de l'impossibilité de répondre aux questions de la mission concernant les préjudices en l'absence de consolidation ; depuis lors, il a pu être opéré et suivi par le docteur E, lequel a indiqué que sa situation était figée et qu'il y aurait peu d'évolutions ;
- il est utile de désigner à nouveau le docteur C pour qu'il puisse achever sa mission d'expertise et, en cas de consolidation, déterminer les préjudices qu'il a subis.
Par un mémoire, enregistré le 19 février 2024, la caisse primaire d'assurance maladie de la Charente-Maritime déclare ne pas s'opposer à la mesure d'expertise sollicitée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 mars 2024, le centre hospitalier de Saint-Junien, représenté par Me Berland, déclare ne pas s'opposer à la désignation d'un expert en formulant ses plus expresses protestations et réserves concernant sa responsabilité, demande que la mission de l'expert soit complétée, que les frais de consignation à valoir sur les honoraires de l'expert soient mis à la charge de M. D et que les dépens soient réservés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'expertise :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ". Si le juge des référés n'est pas saisi du principal, l'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il lui est demandé d'ordonner sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, relevant lui-même de la compétence de la juridiction à laquelle ce juge appartient, et auquel cette mesure est susceptible de se rattacher.
2. M. D sollicite la désignation d'un expert, et précisément le docteur C, afin que celui-ci se prononce sur l'évaluation des préjudices qu'il estime avoir subis à la suite de sa prise en charge au sein du centre hospitalier de Saint-Junien le 21 mai 2021. Si le juge des référés du tribunal administratif de Limoges, précédemment saisi sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, a, par une ordonnance n° 2200421 du 29 juin 2022, déjà ordonné une expertise portant sur les conditions de la prise en charge du requérant et l'évaluation de ses préjudices, il résulte à cet égard de l'instruction, en particulier du rapport établi par le docteur C, que l'évaluation des préjudices de l'intéressé lui a été impossible en ce qu'elle nécessitait que les soins liés à son accident soient achevés et que son état fonctionnel soit stabilisé. Il résulte par ailleurs du courrier établi par le chirurgien ayant examiné M. D le 1er décembre 2023 que la situation du requérant, à compter de cette date, ne connaîtra que peu d'évolution. Dans ces conditions, la mesure d'expertise demandée par M. D, qui présente un caractère d'utilité et qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du tribunal administratif, entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Dès lors, il y a lieu d'y faire droit et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.
Sur les dépens :
3. Aux termes des dispositions de l'article R. 621-13 du code de justice administrative : " Lorsque l'expertise a été ordonnée sur le fondement du titre III du livre V, le président du tribunal () en fixe les frais et honoraires par une ordonnance prise conformément aux dispositions des articles R. 621-11 et R. 761-4. Ces frais et honoraires sont, en principe, mis à la charge de la partie qui a demandé le prononcé de la mesure d'expertise. Toutefois, pour des raisons d'équité, ils peuvent être mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties () ". Aux termes des dispositions de l'article R. 761-1 du même code : " Les dépens comprennent les frais d'expertise () ". Ainsi, il n'appartient pas au juge des référés de se prononcer sur les dépens de la mesure d'instruction qu'il ordonne. Il s'ensuit que les conclusions relatives aux dépens présentées par les parties doivent être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : Le docteur A C, domicilié 255 chemin des Pemperilles à La Salvetat-Belmontet (82230) est désigné en qualité d'expert. Il aura pour mission de :
1°) se faire communiquer tous documents relatifs à l'état de santé de M. D et, notamment, tous documents relatifs au suivi médical, aux actes de soins, et aux diagnostics pratiqués sur lui lors de ses prises en charge par le centre hospitalier de Saint-Junien ; convoquer et entendre les parties et tout sachant ; procéder à l'examen sur pièces du dossier médical de M. D ainsi qu'éventuellement à son examen clinique ;
2°) décrire l'état de santé actuel et antérieur de M. D ;
3°) décrire la prise en charge et les actes de soins réalisés depuis l'expertise médicale judiciaire effectuée le 7 avril 2023 ;
4°) dire si l'état de santé de M. D est consolidé et, le cas échéant, fixer la date de consolidation ; dans l'hypothèse où son état de santé ne serait pas consolidé, fixer l'échéance à l'issue de laquelle l'intéressé devra à nouveau être examiné ;
5°) si l'état de santé de M. D est consolidé, décrire la nature et l'étendue des éventuelles séquelles gardées par M. D, en lien avec le manquement constaté dans le rapport d'expertise du 7 avril 2023 voire une autre cause, en distinguant, le cas échéant, les conséquences normalement prévisibles de la pathologie initiale ;
6°) décrire l'ensemble des préjudices subis par M. D ;
7°) indiquer les périodes de déficit fonctionnel temporaire et de déficit fonctionnel permanent, en évaluer l'importance et en chiffrer le taux pour chacun d'entre eux ;
8°) donner son avis sur l'existence éventuelle de préjudices annexes (souffrances endurées, préjudice esthétique, préjudice d'agrément) et le cas échéant, en évaluer l'importance, en distinguant la part imputable aux manquements constatés de celle ayant pour origine toute autre cause ou pathologie ;
9°) décrire les soins futurs et indiquer si l'état de M. D nécessite l'assistance constante ou occasionnelle d'une tierce personne, le cas échéant, préciser la nature de l'aide et sa durée quotidienne, préciser si l'intéressé a besoin d'un logement adapté ;
10°) donner tous éléments, d'une manière générale, devant permettre à la juridiction qui sera éventuellement saisie d'un litige au fond de se prononcer sur les responsabilités encourues par le centre hospitalier de Saint-Junien.
Article 2 : L'expert ne pourra faire appel à un sapiteur sans avoir préalablement sollicité une autorisation auprès du tribunal.
Article 3 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 4 : L'expertise aura lieu contradictoirement en présence de M. D, du centre hospitalier de Saint-Junien et de la caisse primaire d'assurance maladie de la Charente-Maritime.
Article 5 : L'expert remplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative dans leur rédaction issue du décret n° 2023-468 du 16 juin 2023. Pour l'accomplissement de cette mission, il se fera remettre, en application de l'article R. 621-7-1 du même code, tous documents utiles.
Conformément aux dispositions de l'article R. 621-7 du code de justice administrative, l'expert avertira les parties par lettre recommandée, quatre jours au moins à l'avance, des jours et heures auxquels il sera procédé à l'expertise.
Les opérations de l'expertise devront être faites sans apprécier les droits respectifs des parties, la recevabilité ou le mérite de leurs prétentions, ces questions appartenant au fond du litige. Elles se dérouleront conformément aux dispositions des articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative.
Article 6 : Conformément aux dispositions du premier alinéa de l'article R. 621-9 du code de justice administrative, l'expert déposera son rapport au greffe, accompagné de l'état de ses vacations, frais et débours, sous forme électronique par le biais de la plateforme Transfert pro, avant le 30 novembre 2024. Le rapport sera communiqué aux parties par le greffe.
Article 7 : Les frais et honoraires de l'expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l'ordonnance par laquelle le président du tribunal liquidera et taxera ces frais et honoraires.
Article 8 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 9 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B D, au centre hospitalier de Saint-Junien, à la caisse primaire d'assurance maladie de la Charente-Maritime et au docteur A C, expert.
Limoges, le 18 juin 2024
Le juge des référés,
D. ARTUS
La République mande et ordonne
au préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Le Greffier en Chef,
A. BLANCHON
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026